"L'histoire retiendra qu'en l'espace de vingt-quatre heures, deux femmes ont pris tout l'espace qu'occupait Dominique Strauss-Kahn il y a quelques semaines encore. Ce mardi 28 juin,Martine Aubry s'est lancée dans la course présidentielle tandis que Christine Lagarde ravissait la direction générale du Fonds monétaire international. Fermez le ban." A l'instar de Vincent Giret dans Libération, une partie des éditorialistes n'a pas manqué ce mercredi de noter l'ironie du sort qui veut qu'en 24 heures "deux femmes ont pris tout l'espace qu'occupait Dominique Strauss-Kahn" alors que celui-ci est accusé de viol.
Dans L'Eclair des Pyrénées, Patrice Carmouze pense que "l'histoire retiendra peut-être l'ironie de ce moment où ce sont deux femmes qui ont pris la place d'un homme accusé de viol. Il y a comme un symbole dans cette succession." De son côté Philippe Waucampt du Républicain Lorrain imagine que "femme contre femme, l'opposition d'images est d'autant plus impitoyable que l'une se lance dans une compétition dont le coup de reins final débouchera inévitablement sur des aigreurs, tandis que l'autre est nommée à la tête d'une prestigieuse institution internationale afin de mettre les mains dans le cambouis de la crise économique et financière la plus angoissante depuis la fin de la seconde guerre mondiale."
"La femme est le présent de l'homme"
Patrick Fluckiger de l'Alsace estime que "le plébiscite en faveur de Christine Lagarde occulte en partie la déclaration de candidature de Martine Aubry. Celle-ci avait soigneusement organisé son entrée dans l'arène présidentielle. Elle s'est fait voler la vedette peu avant les journaux télévisés de 20 h, ce qui est la pire des humiliations médiatiques. A force d'entretenir pendant des semaines un faux suspense, elle s'est fait brûler la politesse!"
Quant à Francis Brochet du Progrès, il est certain maintenant que "La femme est le présent de l'homme." "C'est l'actualité qui nous le dit, de Washington à Paris. Christine Lagarde devient la première femme directrice générale du FMI. Martine Aubry, qui fut la première femme à diriger le Parti socialiste, est maintenant sa favorite pour la candidature présidentielle." Au passage celui-ci évoque "Eva Joly, dont tant se moquèrent, qui pourrait bien supplanter Nicolas Hulot chez les Verts...".
"Oui, la femme est bien le présent de l'homme - mais pas encore son égale", ironise l'éditorialiste du quotidien lyonnais. " Dans la réalité quotidienne, c'est toujours papa lit et maman coud, a constaté hier une conférence d'experts. Et sous le sapin de Noël, c'est voiture de course pour les garçons et chariot de ménage pour les filles... Ne nous y trompons pas: l'émancipation de quelques-unes ne fait pas l'égalité de toutes.", rappelle-t-il à juste titre.








