Nicolas Sarkozy en Charente, le 9 juin 2011. © LCI
- Sécheresse : les mesures suffiront-elles ? - 02 min 01 s
- Sarkozy en Charente, Royal s'invite autour de la table - 02 min 06 s
Agriculture : levée de boucliers après le vote d'une nouvelle loi sur les semences
Le Parlement a adopté lundi une proposition de loi UMP qui obligera les agriculteurs à s'acquitter d'un "certificat d'obtention végétale" pour continuer à ressemer les graines de leurs récoltes d'une année sur l'autre. EELV dénonce de "pures logiques financières".
Publié le 30/11/2011
Pour Le Maire, 2012 sera "une élection très dure" pour l'UMP
Campagne pour 2012, sécheresse qui frappe les agriculteurs... Invité dimanche soir du Grand Jury, le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire est revenu sur les principaux thèmes de l'actualité.
Publié le 12/06/2011
Les agriculteurs redoutent une sécheresse plus grave qu'en 1976
La sécheresse exceptionnelle qui sévit en France menace d'être plus grave qu'en 1976, l'un des printemps les plus secs, selon la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles. Plus d'un département sur deux est concerné par les restrictions d'eau.
Publié le 27/05/2011
Des habitations endommagées par la sécheresse
La sécheresse actuelle pourrait entraîner des dégradations sur les habitations construites sur des sols argileux. Le mouvement du sol asséché provoque en effet des fissures. Un problème qui s'avère très coûteux.
Publié le 09/06/2011
Sarkozy à Royal : "ravi de vous retrouver"
En déplacement en Charente pour annoncer des aides aux agriculteurs concernant la sécheresse, le chef de l'Etat a rencontré la présidente de la région qui n'avait pas été invitée.
Publié le 09/06/2011
Sécheresse oblige, Nicolas Sarkozy a décidé de monter au créneau. Le président de la République s'est rendu jeudi à la rencontre des éleveurs, dans une exploitation à Montemboeuf, en Charente. L'occasion d'annoncer le plan d'urgence mis en place par l'Etat pour aider ces derniers, gravement touchés par la pénurie d'eau et de fourrage : plusieurs centaines de millions d'euros d'aides sont donc prévues pour les agriculteurs, principalement basées sur un étalement des remboursements de prêts et exonération fiscale. Avec, comme mesure à moyen terme, la mise en place d'un plan d'amélioration de la gestion de l'eau.
Si le président français n'a pas donné de montant global précis lors de son déplacement en Charente, un des départements français les plus touchés par le manque de pluie, le Premier ministre François Fillon a de son côté chiffré lors d'un discours à l'Assemblée à près d'un milliard d'euros la facture totale de l'aide. Mais point d'aide directe : "Pour l'essentiel ce sera un plan de report d'échéances", a précisé le chef de l'Etat. "Ce qu'on va faire, c'est de vous donner des marges de manoeuvre de trésorerie". "Ne retombons pas dans la mauvaise habitude de vous donner des allocations qui seront déclarées illégales dans quelques mois", a-t-il ajouté, justifiant son refus d'annoncer des subventions qui, comme cela a été le cas dans le passé, risquent d'être interdites par la Commission européenne.
Exonération et report de remboursement
Voici donc comment s'articule ce plan d'aide d'urgence. Les agriculteurs situés dans les zones sinistrées seront exonérés cette année de taxe sur le foncier non bâti, ce qui représente un coût de 300 millions d'euros pour l'Etat, a précisé Nicolas Sarkozy. Outre cette exonération, l'Etat décide du report d'un an du remboursement des prêts consentis en 2009 aux éleveurs dans le cadre d'un plan de soutien exceptionnel à l'agriculture (1,65 milliard d'euros d'aides remboursables avaient alors été débloquées). C'est l'Etat qui prendra en charge, pendant cette année de report, les intérêts de ces crédits, souligne l'Elysée, sans préciser le coût que cela représente.
Les mesures énumérées par l'Elysée s'ajoutent à l'ouverture par le Crédit agricole d'une enveloppe de 700 millions d'euros de prêts de trésorerie à taux privilégiés, au report en fin d'année de l'échéance de juin des cotisations de la Mutualité sociale agricole et au versement d'acomptes sur les aides européennes en octobre.
Mais, selon Nicolas Sarkozy, l'aide gouvernementale ne s'arrête pas là : les ministres de l'Agriculture, de l'Ecologie et de la Défense, le président de la SNCF et les représentants du monde agricole doivent se réunir la semaine prochaine pour étudier le transport par train ou camions militaires des fourrages et de la paille. Ces convois pourraient exceptionnellement avoir priorité sur les passagers pendant les semaines les plus cruciales. Nicolas Sarkozy a également lancé un appel solennel aux céréaliers pour qu'ils ne broient pas leur paille et la réservent aux éleveurs.
Retenues d'eau
A plus long terme, le chef de l'Etat a annoncé la mise en place d'un plan quinquennal de création de retenues d'eau et une révision des conditions juridiques de gestion de cette ressource afin d'éviter la multiplication des recours. Il a plaidé pour l'élaboration d'un programme visant à aider les agriculteurs, qui représentent 50% de la consommation d'eau en France, à mieux utiliser celle-ci. "On a un problème structurel de gestion de l'eau", a-t-il souligné lors de sa visite de l'élevage Laurent père et fils, en estimant que la sécheresse n'était qu'un facteur aggravant.
Le président, accompagné des ministres Bruno Le Maire (Agriculture) et Nathalie Koscisuko-Morizet (Ecologie) devait ensuite participer à la mi-journée à une table ronde dans la commune de La Rochefoucauld.
Le président de Jeunes Agriculteurs a salué avec prudence, comme un "premier pas", les mesures annoncées par le chef de l'Etat. "Ce sont des déclarations de bonnes intentions. Maintenant, il faut voir l'action, attendre de voir ce qu'il y a derrière. On sait que le diable est dans le détail. On attend la mise en oeuvre", a commenté Jean-Michel Schaeffer, dont le syndicat revendique 50.000 adhérents et tenait son congrès annuel jusqu'à jeudi à Rodez.
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