Situation de "guerre", "homme dangereux", "massacre à la tronçonneuse", "scorpionite" : à 100 jours de la présidentielle, pas de doute, la campagne électorale est bien lancée... et elle est virulente, les dérapages verbaux prenant facilement le pas sur les débats d'idées. A tel point que certains experts spécialistes du langage (tel Denis Bertrand, universitaire spécialisé en sémiotique) voient dans cette escalade verbale un souci de "dramatisation extrême", de "dégradation de l'image de l'adversaire", qui renvoie à la "violence" des échanges au Parlement "dans les années 1930". La presse aussi s'en inquiète et nombre d'éditorialistes appellent à la trêve des mots doux. "Le spectacle afflige" et "inquiète", écrit Jean-Emmanuel Ducoin dans L'Humanité. "L'agenda idéologique actuel, où voisinent démagogie et populisme, mensonges et serviabilité aux pouvoirs de l'argent, ne sert qu'à la division et à l'atomisation de la République", poursuit-il.
J-92, les phrases de la campagne : Dieu, la chauve-souris et la coccinelle
Le chômage et la crise ne calment pas les esprits. A trois mois de la présidentielle, les griffres sont sorties et les petites phrases fusent. En première ligne de ce jeu de massacre : Marine Le Pen.
Publié le 20/01/2012
Perte du triple A : Hollande accuse Sarkozy, Fillon répond
A gauche, le pilonnage continue après l'annonce de la dégradation de la note souveraine française : François Hollande en fait un échec personnel de Nicolas Sarkozy. L'UMP tente de relativiser et dénonce "l'indécence" de la gauche. François Fillon tance le candidat socialiste.
Publié le 14/01/2012
Un triple A dans la mare présidentielle
REVUE DE PRESSE - Quels seront les effets de la perte du triple A de la France sur la campagne présidentielle ? Les éditorialistes, tout en pointant un "désaveu de taille pour Nicolas Sarkozy", soulignent que "la sanction menace en réalité tous les candidats".
Publié le 14/01/2012
Perte du triple A : "Les travailleurs n'ont pas à payer"
Nathalie Arthaud, candidate de Lutte Ouvrière à la présidentielle, a dénoncé vendredi soir "le diktat" des marchés financiers lors d'un meeting en Seine-Saint-Denis. Les travailleurs "ne doivent pas accepter de nouvelles mesures d'austérité", a-t-elle estimé.
Publié le 14/01/2012
Triple A : la gauche critique Sarkozy, la droite en défense
L'UMP a dénoncé vendredi l'"indécence" de l'opposition de gauche qui s'est, selon le parti majoritaire, réjouie de la dégradation de la note triple A. La gauche y voit une faute de Nicolas Sarkozy.
Publié le 13/01/2012
J-99 : les phrases de la campagne, "scorpionite" et "massacre à la tronçonneuse"
La guerre pour l'Elysée est déclarée. A moins de 100 jours de l'élection présidentielle, les esprits s'enflamment et les petites phrases assassines fusent.
Publié le 13/01/2012
"Les Français sont en train d'imploser" affirme Delevoye
Les Français, de plus en plus précaires et las du "cynisme politique", "sont en train d'imploser", ce qui pourrait se traduire par une poussée du Front national en 2012, estime le patron du Conseil économique et social.
Publié le 11/01/2012
Aubry s'en prend au "quinquennat Fouquet's"
La première secrétaire du PS a vivement attaqué le "bilan catastrophique" de Nicolas Sarkozy, mardi en présentant ses voeux à la presse, se livrant aussi à un vibrant plaidoyer pro-François Hollande.
Publié le 10/01/2012
Sarkozy veut faire des ruptures en guise de campagne
En deux semaines, le président bientôt candidat a lancé la TVA sociale, la taxe tobin et réserve encore des surprises pour battre François Hollande sur le terrain choisi de l'audace.
Publié le 09/01/2012
Hollande : Sarkozy est "le candidat de la dette"
Lors de la présentation des ses voeux aux militants corréziens, le candidat PS a exprimé samedi soir à Tulle l'espoir de "reprendre le fil du changement" et lancé une charge contre le Front national, "ennemi de la République".
Publié le 07/01/2012
Présidentielle : l'écart se resserre
Si l'élection avait lieu dimanche prochain, François Hollande arriverait en tête du premier tour de la présidentielle avec 28% d'intentions de vote contre 26% pour Nicolas Sarkozy, selon un sondage Ifop pour le JDD.
Publié le 08/01/2012
Fillon : "pardonnez-moi d'être austère..."
Lors de ses voeux à la presse lundi, le Premier ministre a rappelé la réalité de la crise et accusé François Hollande, de se livrer à une "diabolisation infantile" de la situation française.
Publié le 09/01/2012
Pour Michel Urvoy (Ouest-France), "la campagne a des airs de comédie dans un décor de tragédie" et "si ses acteurs n'admettent pas qu'ils se trompent de spectacle, ils s'exposent à des déconvenues, dans les urnes ou dans la rue..." "Dans le village politique, ça défouraille à tout va", commente Olivier Picard (Les Dernières Nouvelles d'Alsace), estimant que "la droite revendique bruyamment l'arme lourde". "Ça dégomme grave", résume Jean-Claude Soulery (La Dépêche du Midi). "Est-ce à dire que nous sommes condamnés à subir pendant cent jours et cent nuits les mille et un tweets de la dame Morano ?", s'interroge-t-il avec angoisse.
"L'hypothèse d'un super 21 avril"
La violence des termes utilisés relève d'un "dangereux glissement du discours politique", souligne François Martin (Le Midi libre). "Il s'agit de créer un sentiment d'insécurité, d'effroi à l'égard du camp adverse", poursuit-il, affirmant qu'à "ce petit jeu-là, c'est le discrédit qui grandit. Et l'escarcelle du FN qui grossit". Selon Patrick Fluckiger (L'Alsace), cet échange de petites phrases assassines maintient pourtant Sarkozy et Hollande dans une "bataille à distance" qui les "arrange, car elle leur évite de parler programme". Mais cette stratégie pourrait se révéler dangereuse.
Pour Philippe Waucampt (Le Républicain lorrain), "le climat de violence entretenu ces derniers jours par la majorité à l'endroit du candidat socialiste" rappelle "le terrorisme verbal de l'Action française" dans les années 30 et contribue à renforcer "le désarroi ou le rejet d'une part grandissante de l'électorat vis-à-vis des figures de proue des deux principales familles politiques". Ainsi "l'hypothèse d'un super 21 avril commence à se profiler, qui verrait le président sortant et le candidat socialiste tous deux éliminés au premier tour" au profit de Marine Le Pen et François Bayrou. "Un match à quatre s'esquisse, qui pourrait réserver des surprises", assure également Chantal Didier. "Pour fixer l'opinion sur ces sables mouvants", avertit l'éditorialiste de L'Est républicain, "mieux vaudrait ne pas se contenter de l'invective."
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