Des milliers de personnes ont manifesté ce dimanche à Paris pour protester contre le traité européen et l'Europe de "l'austérité", à l'appel d'une soixantaine d'organisations dont le Front de gauche. Environ 40 000 personnes -selon les organisateurs- sont parties de la place de la Nation vers 14h pour rallier la place d'Italie où les manifestants continuaient à affluer. Le Front de gauche faisait état de 80 000 personnes.
Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à l'élection présidentielle du printemps, a estimé que ce défilé était un appel lancé à François Hollande pour lui signifier l'opposition d'une partie de la gauche au traité européen. "Pour lui, le traité, c'était une formalité, c'était réglé. Et maintenant, il va prendre conscience du fait que non, qu'en France comme dans le reste de l'Europe, il y a une opposition structurée à ce traité et aux politiques d'austérité", a déclaré Jean-Luc Mélenchon.
Avec lui en tête du cortège, se trouvaient Pierre Laurent, numéro un du PCF, Philippe Poutou et Olivier Besancenot, ex-candidats du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) à l'Elysée, Annick Coupé du syndicat Solidaires ou encore des représentants d'Attac.
Examen du traité par les députés dès mardi
Les députés français commenceront mardi l'examen du projet de loi autorisant la ratification du traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l'Union économique et monétaire (TSCG). Le groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR), qui rassemble notamment les députés du Front de gauche, mais aussi les élus écologistes et quelques députés socialistes sont hostiles à la ratification du texte.
Mais l'immense majorité du groupe PS ainsi que les élus radicaux de gauche y sont favorables, de même que le groupe centriste et une large majorité du groupe UMP. Les députés se prononceront par un vote solennel le 9 octobre sur ce texte que le Sénat examinera à son tour vers le 20 octobre. Adopté en mars par 25 des 27 membres de l'UE, le nouveau traité renforce les dispositions destinées à faire appliquer la discipline budgétaire. Il oblige notamment ses signataires à plafonner leur déficit structurel à 0,5% du PIB sous peine de sanctions. Toujours en vertu de ce traité, un Etat en déficit excessif devra fournir un plan de réformes structurelles soumis à l'approbation du Conseil européen.










