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PS-écologistes : polémique autour d'un passage manquant dans l'accord

Edité par
le 16 novembre 2011 à 14h08 , mis à jour le 16 novembre 2011 à 18h48.
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5min
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PolitiqueAprès le coup d'éclat de Bertrand Delanoë mardi soir, furieux des concessions faites à EELV, c'est désormais un passage sur la reconversion du combustible nucléaire MOX qui pose problème. Il ne figure plus dans la version de l'accord validée par le PS. Dans le camp Hollande, on essaie de calmer le jeu.
François Hollande au 20 heures de TF1 
A l'occasion de la présentation de son équipe, le candidat PS à la présidentielle sera mercredi soir l'invité de Laurence Ferrari 
Mercredi 16 novembre 2011 - 20 h 

A peine annoncé, voilà déjà l'accord électoral entre le PS et les écologistes au coeur d'une polémique qui agite à la fois les deux formations. Côté PS, c'est le poids des contreparties électorales qui fait grincer des dents ; côté EELV, ce sont les engagements du PS sur la question ô combien brûlante du nucléaire qui suscitent toutes les méfiances. Dernier épisode en date : la révélation de gênantes divergences entre la version de l'accord rendue publique dès mardi après-midi par les écologistes... et celle votée par le Bureau national du PS plus tard dans la soirée. Entre la première version et celle validée par le PS, un passage évoquant "une reconversion à emploi constant de la filière du retraitement et de fabrication du Mox" a été gommé (lire notre encadré ci-dessous : ce qu'est le Mox). Il figurait pourtant bel et bien dans l'accord signé entre Martine Aubry et Cécile Duflot.

Pourquoi cette disparition ? Pressé de questions, le porte-parole du PS, Benoît Hamon, a assuré que "ce point ne fait pas l'objet d'un désaccord" entre les deux partis. Mais "ce paragraphe faisant l'objet de deux interprétations différentes, on l'a retiré de l'examen du Bureau national. On l'a provisoirement mis de côté", et ce "le temps d'en rediscuter, de clarifier l'interprétation qu'on en faisait avec nos partenaires". Benoît Hamon a souligné que "les négociateurs socialistes" Guillaume Bachelay et Michel Sapin allaient "en reparler, là, avec leurs partenaires d'EELV", sans préciser quand exactement.

"Ça a été très chaud"

Venant compliquer un peu plus la position du PS, une porte-parole d'Areva a reconnu à la mi-journée que le groupe nucléaire était intervenu auprès du Parti Socialiste pour faire part "des conséquences graves" qu'entraînerait l'arrêt du retraitement et de la filière du combustible Mox. Areva a appelé, en l'occurrence, le responsable socialiste Bernard Cazeneuve, député-maire de Cherbourg près de la Hague et proche de François Hollande, pour lui faire part "des conséquences économiques, sociales, industrielles, environnementales très graves, qui conduiraient aussi à la disparition du leadership de la France dans le nucléaire civil". Se voulant rassurant sur la question de l'emploi dans le domaine du nucléaire, Bernard Cazeneuve a affirmé depuis lors qu'il n'y "avait pas de menace" pour l'usine Areva. Près de 5000 personnes travaillent sur le site de La Hague et quelque 1300 dans l'usine Melox qui produit le combustible recyclé Mox à Marcoule, dans le Gard. Areva estime que 14.000 emplois dépendent au total de ces sites, dont 10.000 dans le Cotentin.

En milieu d'après-midi, Manuel Valls a assuré de son côté au nom du candidat PS François Hollande que son parti souhaitait "bien évidemment garder la filière Mox", du combustible obtenu en recyclant du plutonium issu de combustible usager, nouvelle pomme de discorde avec les écologistes. "Nous poursuivrons l'activité de production de combustible et de retraitement, et il nous faut bien évidemment garder la filière Mox", a déclaré le député dans les couloirs de l'Assemblée nationale.

 

C'est dans ce contexte agité que le sénateur EELV Jean-Vincent Placé, l'un des négociateurs de l'accord avec le PS, est venu ajouter une petite pique en contestant mercredi les prévisions budgétaires de François Hollande, qui a repris à son compte l'objectif de 3% de déficit en 2013 et 0% en 2017. "Nous ne sommes pas pour des objectifs que l'on ne tient pas. C'est un sujet de désaccord", a-t-il déclaré devant l'Association des journalistes parlementaires à l'Assemblée. "Qui est le magicien qui connaîtrait la situation économique de la France en 2016 ?".

Avant cela, le PS avait connu mardi soir un bureau politique des plus houleux en raison du "parachutage" (dixit Bertrand Delanoë) de Cécile Duflot à Paris. Ce même accord prévoyait en effet, en cas de victoire de la gauche aux législatives de 2012, une coalition des deux formations à l'Assemblée (sans être explicite sur une future participation écologiste à un gouvernement) avec, selon EELV, un compromis portant sur plus de 60 circonscriptions qui lui seraient réservées avec jusqu'à "25 à 30 députés". Parmi les circonscriptions emblématiques au coeur de cet accord, la 6e circonscription de Paris.

Et Bertrand Delanoë ne l'a pas digéré. "Ça a été très chaud", a affirmé un des participants du bureau politique de mardi soir, "c'était de la folie", a confié un autre. Furieux, Bertrand Delanoë est notamment sorti de la salle de réunion en laissant exploser sa colère dans la cour du PS : "Ils me prennent vraiment pour un con, ils se foutent de ma gueule !", a-t-il lancé, selon un témoin. Anne Hidalgo et Martine Aubry se sont quant à elles accusé mutuellement de mentir sur les circonstances de l'attribution aux écologistes de la 6e circonscription parisienne. Outre le maire de Paris, celui de Lyon, Gérard Collomb, a fait part de ses vives réserves.

Pour autant, du côté des Ecologistes, on enfonce le clou. Sur son compte Twitter, Cécile Duflot a réaffirmé mercredi après-midi le caractère abouti de l'accord : "Suis une femme pas compliquée : un accord passé est un accord qui engage. Pas d'autres commentaires :-)", a-t-elle déclaré.

LE MOX, KESAKO ? 

Le Mox est un combustible constitué d'un mélange d'oxydes d'uranium appauvri et de plutonium provenant du retraitement des combustibles nucléaires. Il permet de réduire la consommation d'uranium. Les défenseurs du Mox, Cogema en tête, expliquent que ce produit est un combustible efficace qui réduit en outre la toxicité du déchet ultime, donc un produit bon pour l'environnement. Pour Greenpeace, au contraire, le Mox est plus radioactif qu'un combustible ordinaire et l'étape de retraitement est très polluante : l'écologie n'y gagne donc rien. Seul point sur lequel les deux parties sont d'accord : la prolifération. Le Mox permet d'éviter que du plutonium (qui sert à la fabrication d'armes nucléaires) ne circule et ne tombent entre de mauvaises mains.

Commenter cet article

  • etudiant81 : Ceux qui vous nous procurer l'électricité c'est le gaz et le charbon... Vous souhaitez quoi, potentiellement très dangereux ou dangereux a coup sur ??

    Le 17/11/2011 à 21h51
  • etudiant81 : Pour walterbenjamin : tu me proposes ce qui sortent, ok! Je te proposes ce qui reste ou ce qui monte : USA, Chine, Inde, Russie, Grande-Bretagne et bien d'autres => lesquels de nous deux citent le plus de grande puissance ?

    Le 17/11/2011 à 21h49
  • etudiant81 : A sambrest : on n'est pas encore dans l'après pétrole et encore moins dans l'après GAZ (de schiste)!

    Le 17/11/2011 à 21h46
  • sky_92 : Et le retraitement des panneaux solaires 10 à 15 ans ensuite, on en fait quoi ?? C'est encore plus polluant que de l'Uranium dans un domaine différent... L'éolien est mort né car trop dépendant de la météo, et surtout une production tres faible au regard du cout de revient..

    Le 17/11/2011 à 09h57
  • sky_92 : Non, sambrest, mais le prix de l'électricité y est beaucoup plus élevé, et ils polluent plus... Sans parler qu'ils exportent moins..Mais si vous etes d'accord pour payer votre kw/h plus cher, allez y !! mais ne venez pas raler ensuite sur les gouvernement en place qui répercuteront cette hausse !

    Le 17/11/2011 à 09h55
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