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Accord sur l'emploi : un projet qui menace la stabilité de la majorité

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le 05 mars 2013 à 10h53 , mis à jour le 05 mars 2013 à 12h08.
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4min
L'Assemblée nationale

L'Assemblée nationale / Crédits : JACQUES DEMARTHON/AFP

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PolitiqueQuatre syndicats ont appelé à manifester mardi contre l'accord sur la sécurisation de l'emploi qui sera sur la table du Conseil des ministres mercredi. François Hollande, qui a fait l'emploi "l'enjeu numéro un du quinquennat", veut aller vite au risque de menacer la stabilité du PS.

C'est une mobilisation en forme de test pour le gouvernement. Quatre syndicats, CGT, FO, FSU, Solidaires, ont appelé à manifester mardi 4 mars contre le projet de loi retranscrivant l'accord sur la sécurisation de l'emploi. Plus de 170 rassemblements sont prévus à travers la France. A Paris, les numéros un de la CGT, Bernard Thibault, et de FO Jean-Claude Mailly, vont défiler pour la première fois côte à côte. L'appel commun à une mobilisation des deux syndicats, historiquement "frères ennemis", est sans précédent. 

Depuis la signature le 11 janvier de l'accord par trois centrales (CFDT, CFTC, CFE-CGC)  et le patronat, la CGT et FO, qui ont refusé leur paraphe, dénoncent une "régression sociale". Ils reprochent à l'accord de faciliter les licenciements et d'accroître la précarité. Bernard Thibault a dit mardi espérer "plusieurs centaines de milliers de personnes dans les rues". Et si cela "ne suffit pas, nous continuerons", a-t-il prévenu.

A lire aussi : Accord sur la sécurisation de l'emploi : ce que dit le texte

"On agit dans l'urgence"

En janvier, après d'âpres discussions, pour ne pas voir la mise en application de cette réforme du travail retardée, le gouvernement a œuvré pour que le Medef signe. Il s'est ainsi engagé à ce que le texte soit retranscrit dans la loi sans modification. François Hollande, qui a fait de l'emploi, "l'enjeu numéro un du quinquennat" n'a pas le droit à l'erreur et veut aller vite.

Le projet sera donc sur la table du Conseil des ministres mercredi. Il sera ensuite en débat, début avril, à l'Assemblée nationale en procédure d'urgence, et au Sénat fin avril. "Début mai ce texte sera applicable", a affirmé le ministre du Travail, Michel Sapin. "Il faut sauver des emplois le plus rapidement possible, il y a urgence, donc on agit dans l'urgence", a-t-il dit. Bruno le Roux, chef de file des députés PS, a assuré mardi que le projet de loi transcrivant l'accord sur l'emploi devrait être voté, car il y va de la "crédibilité" de la méthode gouvernementale.

Pour s'assurer d'un vote fidèle du plus grand nombre de députés, le gouvernement a fait relayer sa position via de nombreux soutiens. Une centaine de députés socialistes ont pris sa défense dans un appel publié dans le Journal du Dimanche : "Notre pouvoir, c'est d'abord celui de respecter la voie choisie par les partenaires sociaux en transcrivant dans la loi". 

Des élus PS et Front de gauche dans la manifestation

Le gouvernement insiste pour que "l'équilibre" du texte soit maintenu, manière d'inviter les députés de la majorité à ne pas amender le texte de manière radicale. Mais au PS, tous les élus ne l'entendent pas de cette oreille et cet accord pourrait menacer la stabilité du parti. La sénatrice PS, Marie-Noëlle Lienemann, a assuré qu'elle viendrait à la manifestation parisienne, en compagnie d'Emmanuel Maurel, et sans doute de Jérôme Guedj - tous les trois de l'aile gauche du PS - "saluer" les leaders syndicaux en carré de tête du défilé parisien. De son côté, le député PS Jean Glavany valide "la méthode" et "le "résultat global" du projet mais estime qu'il doit être amendé, complété, précisé.

Les leaders du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon (PG) et Pierre Laurent (PCF), participeront, eux aussi, à la mobilisation à Paris. Le Front de gauche a déjà promis des centaines d'amendements lors des débats parlementaires. Leurs collègues écologistes, qui ne se positionneront que fin mars, ont prévenu qu'ils ne seraient "pas avares". Mardi Jean-Luc Mélenchon, co-président du Parti de Gauche a assuré que les opposants à ce texte "dangereux, régressif, anti-social", représentaient bien plus que la moitié "des travailleurs". 

Sur RTL, l'eurodéputé a critiqué avec vigueur les dispositions de ce texte y compris la taxation des emplois courts, en relevant que l'intérim notamment n'était pas impliqué par cette mesure. "Le patronat a signé des deux mains cette partie de l'accord et avec le sourire, et en disant qu'au total cela lui rapportait 45 milliards. Croyez-vous qu'une mesure qui est censée bénéficier aux ouvriers rapporte 45 milliards aux grands patrons ? Non, bien sûr".

Commenter cet article

  • shooby02470 : Voilà qui est paradoxal de lire ça quand on sait que de son côté, beaucoup d'umpistes restent fidèles à au comportement équivalent des cadors d'un parti parti à bout de souffle sans se poser la question de savoir si ce qui y est dit est vrai

    Le 12/03/2013 à 11h07
  • ababord : Mactan une politique qui en Europe comme en partie en Amérique latine s'opposera à la financiarisation de l'économie . ne nous a t'elle pas conduit à la crise ? Cela ne risque - il pas de recommencer ?

    Le 06/03/2013 à 08h39
  • nebuleuse57 : Si le gouvernement est déterminé à aller vite,c'est pour couper court aux cachotteries et aux manifestations d'humeur suceptibles de venir de sa propre majorité qui inquiète des remontées de terrain,est sujette à des états d'âme,les écolos vont donner de la voix et l'aile gauche du PS est génée aux entournures.

    Le 06/03/2013 à 07h31
  • mactan.1 : Et c'est quoi une politique vraiement à gauche pour vous ? on augmente les salaires , on augmente les allocations , on réduit le temps de travail et on interdit les licenciements ,vous pouvez toujours rêver.....

    Le 06/03/2013 à 05h26
  • clementine1218 : Ce n'est pas la gauche qui gouverne et le peu de décisions qui vient d'elle sont de toute façon destructeur d'emploi . Les manifs étaient passés aux oubliettes , maintenant ils peuvent se lâcher de nouveau les frustrés de la république.

    Le 06/03/2013 à 02h20
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