Affaire Bourgi : la gauche réclame des suites

le 13 septembre 2011 à 11h43 , mis à jour le 13 septembre 2011 à 15h48

Réactions - Alors que l'avocat distille ses accusations sur les bénéficiaires de l'argent noir de la "Françafrique", les réactions politiques pleuvent. Au PS, Montebourg demande la désignation de "procureurs indépendants". A droite, on tombe des nues.

Financements occultes : Bourgi persiste et signeRobert Bourgi, ancien conseiller officieux de l'Elysée pour les affaires africaines, a réaffirmé lundi avoir été le convoyeur de fortes sommes d'argent de la part de chefs d'Etat africains en faveur de Jacques Chirac et Dominique de Villepin. © TF1/LCI

Mamère réclame une enquête : Le député EELV a réclamé mardi l'ouverture d'une enquête judiciaire. "On ne peut pas se contenter des procès en diffamation que vont intenter MM. Chirac et de Villepin. Il revient aussi au ministre de la Justice de demander au parquet de diligenter une enquête", a déclaré le député-maire de Bègles. Il a également demandé que le garde des Sceaux et le chef de l'Etat Nicolas Sarkozy "cessent d'empêcher la justice de faire son travail dans l'affaire des biens mal acquis", qui porte sur le patrimoine en France de plusieurs présidents africains et de leurs proches. 

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Arnaud Montebourg (PS) : "ça sent le règlement de comptes". Le candidat à la primaire socialiste a dénoncé mardi sur RMC une "impunité de la Ve République" et demandé la désignation de "procureurs indépendants" sur toutes les affaires "touchant de près ou de loin le président actuel ou le précédent". Pour lui, l'affaire Bourgi "sent le règlement de comptes entre les deux branches de la droite". Il a évoqué "le ressentiment, la rancune" qui opposent Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin. "Vous avez des doutes sur l'honnêteté du président de la République ?", lui a-t-on demandé. "Je n'osais pas le dire", a répondu Arnaud Montebourg.

Philippe Poutou (NPA) : "un grand coup de balai s'impose". "Indépendamment des règlements de compte entre les représentants politiques de la bourgeoisie, puisqu'aujourd'hui M. Bourgi soutient Sarkozy, c'est une odeur de corruption et de pourriture qui ressort de ce panier de crabes", a estimé le candidat NPA à la présidentielle dans un communiqué publié lundi soir. "Une fois de plus, on voit que les richesses existent mais elles sont confisquées et détournées et les peuples n'en voient jamais la couleur. En cette période où ils veulent nous faire payer leur crise, il faut que toute la lumière soit faite mais c'est un grand coup de balai qui s'impose".

Nathalie Arthaud (LO) : des "pratiques mafieuses" : "Quel que soit le dégoût qu'inspirent ces pratiques, cela ne doit pas faire oublier que les principaux bénéficiaires de ce système, ce sont les firmes capitalistes françaises, les Total, Areva, Bouygues et autres Bolloré, à qui cette collusion permet de piller en toute impunité les richesses de ce continent (...) ces pratiques mafieuses, ces petits arrangements entre copains et coquins, provoqueront un jour une explosion de colère qui fera se rejoindre les peuples de France et d'Afrique".

Alain Juppé (UMP) "pas concerné" : Le chef de la diplomatie française a déclaré mardi à Pékin ne pas se sentir "concerné, ni de près, ni de loin" par cette affaire. Et il a répondu directement aux accusations de Robert Bourgi, qui a assuré dans une interview au Journal du dimanche que l'ancien président gabonais Omar Bongo avait payé le loyer du Club 89, cercle de réflexion de chiraquiens, "pendant des années, entre 1981 et 1992". "Ce n'est pas parce que M. Bourgi a évoqué le Club 89 que je devrais me sentir concerné. Je n'ai jamais été président du Club 89", a assuré Alain Juppé. 

Christian Jacob (UMP) : "n'importe quoi" : Le patron des députés UMP a mis dans un même sac mardi l'avocat Robert Bourgi et la juge Isabelle Prévost-Desprez, qui selon lui "racontent n'importe quoi", "sans aucune preuve", et il a conseillé de jeter ces affaires "à la poubelle". Et de lancer, sur Canal+ : "Calomniez, salissez, il en restera toujours un peu".

Les accusations de Bourgi "fantasmatiques" pour un avocat de Chirac : Les affirmations de Robert Bourgi sur le versement présumé de fonds occultes africains à Jacques Chirac "me semblent totalement fantasmatiques", a déclaré mardi sur RTL Me Jean Veil, un des avocats de l'ancien président, en le mettant au défi d'en "rapporter la preuve". Et d'accuser : "M. Bourgi joue sur un certain nombre de tableaux, car il n'évoque que des faits qui sont prescrits, il est donc difficile de faire une enquête judiciaire".

Sénégal : le fils Wade porte plainte pour "diffamation" : Le fils du président sénégalais a décidé de déposer plainte "immédiatement" pour "diffamation" contre Robert Bourgi, à la suite des propos le concernant directement tenus par le conseilleur officieux pour l'Afrique du président Nicolas Sarkozy dans un entretien publié lundi par le quotidien sénégalais L'Observateur. Robert Bourgi affirmait que Karim Wade, "devant moi, a remis 500 millions de FCFA (760.000 euros) à (Dominique de) Villepin" alors qu'il était secrétaire général de l'Elysée.

Côte d'Ivoire : Ouattara "surpris" : Le président ivoirien s'est dit "surpris" des affirmations de Robert Bourgi, selon lesquelles des mallettes de billets auraient financé des campagnes électorales de Jacques Chirac. "J'étais dans l'opposition. Ceci étant, je suis surpris, parce que Laurent Gbagbo disait être un nationaliste soucieux de l'utilisation des deniers publics dans l'intérêt des Ivoiriens", a-t-il déclaré mardi au quotidien Le Figaro.

Des faits déjà prescrits... ou pas ?

La question de la prescription des faits dénoncés par l'avocat Robert Bourgi est au coeur du débat sur l'éventuelle ouverture d'une enquête judiciaire par le parquet de Paris, réclamée par de nombreux responsables politiques. La loi de 1995 sur le financement de la vie politique prévoit des peines de cinq ans de prison pour le type d'infraction qu'il dénonce, mais les faits sont prescrits au bout de trois ans. Et le parquet peut décider de ne pas ouvrir d'enquête s'il estime qu'il y a prescription. Mais il peut aussi en ouvrir une pour recueillir des témoignages, en particulier celui de Robert Bourgi lui-même, qui ne s'est jamais exprimé devant la justice, et d'éventuelles preuves. Ainsi pour l'avocat de Transparency International France, Me William Bourdon, "seule une enquête judiciaire permettra de dire si les faits sont prescrits ou non". Pour contourner un éventuel refus du parquet d'ouvrir une enquête, Me Bourdon a également demandé l'audition de Robert Bourgi dans le cadre de l'instruction, déjà ouverte, sur les "biens mal acquis" qui concerne notamment trois des chefs d'Etat cités par l'avocat : Denis Sassou Nguesso du Congo, Teodoro Obiang de Guinée équatoriale et Omar Bongo du Gabon.

le 13 septembre 2011 à 11:43
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6 Commentaires

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  • kosotto1, le 13/09/2011 à 22h46

    Oui elle est dans l'action, elle charrie des valises !

  • jnk44, le 13/09/2011 à 19h00

    Une enquete sur la conscience ?

  • loava, le 13/09/2011 à 18h25

    La gauche demande, critique et la droite agit !

  • armada92, le 13/09/2011 à 14h54

    Tout à fait d'accord.

  • chachacon, le 13/09/2011 à 12h17

    Et comme toujours à gauche on demande des suites, mais à quoi tout ce tintamarre nous le savons et depuis bien longtemps alors pourquoi cet étonnement. M. MONTEBOURG une autre question pourquoi remonter au président actuel et au précédent, pourquoi pas à tout les présidents.

  • alain.11, le 13/09/2011 à 12h17

    Montebourg demande la désignation de "procureurs indépendants" sur toutes les affaires "touchant de près ou de loin le président actuel ou le précédent" Ah oui, et pourquoi pas sur le précédent et ses ministres, un certain Mitterrand ? Chiche ?

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