Après Chirac, Pompidou, Giscard et Mitterrand, Bourgi mouille Le Pen

Par D.H., le 12 septembre 2011 à 18h50 , mis à jour le 13 septembre 2011 à 11h11

L'avocat se dit prêt à répondre à "n'importe quel magistrat" qui voudra l'entendre sur ses accusations contre Chirac et Villepin sur des fonds occultes africains. Il met aussi en cause Pompidou, Giscard, Mitterrand et Le Pen. L'Ordre des avocats de Paris a annoncé une enquête déontologique.

L'avocat Robert BourgiL'avocat Robert Bourgi © LCI

Il n'en finit plus de mouiller les politiques, faisant le tour des médias. Au point que l'Ordre des avocats de Paris a annoncé lundi soir l'ouverture d'une enquête déontologique sur Robert Bourgi "afin d'être exactement informé sur la réalité des missions (qu'il) déclare avoir accomplies".
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Tout a commencé dimanche : l'avocat franco-libanais Robert Bourgi, 66 ans, s'est présenté ce week-end dans le JDD comme un "porteur de valises" affirmant avoir convoyé personnellement des millions provenant de dirigeants africains à Dominique de Villepin pour financer la campagne présidentielle de 2002 de Jacques Chirac, balance encore. Il s'est agi de quelque "20 millions de dollars" entre 1997 à 2005, a-t-il précisé lundi matin sur Europe 1.

Et les autres...

Dans Le Parisien cette fois, l'avocat affirme que le système de financement politique occulte par des fonds africains a existé aussi sous les trois présidences précédant celles de Jacques Chirac. Le créateur de la Françafrique Jacques Foccart, son "maître", "m'a dit à moi que ces pratiques existaient même du temps de Pompidou, Giscard d'Estaing et Mitterrand. J'ai souvent croisé à Libreville François de Grossouvre, Roland Dumas", deux proches du président socialiste défunt. Mais il s'est dit "incapable" d'évaluer les sommes versées sous ces trois présidences.

Après une interview à RFI dans laquelle il s'est qualifié de "repenti", Robert Bourgi a ensuite affirmé lundi soir, sur BFM TV ensuite, que l'ancien président du Front national Jean-Marie Le Pen avait financé une partie de sa campagne présidentielle de 1988 avec de l'argent que lui avait remis l'ancien président gabonais Omar Bongo. Des accusations "ridicules", a démenti lundi soir l'ancien patron du FN.

Sur LCI, Robert Bourgi a en outre redit n'avoir "aucune preuve" des allégations qu'il avance sur les valises d'argent versées à Dominique de Villepin et Jacques Chirac, mais a affirmé que l'ancien premier ministre a reçu des "cadeaux substantiels" de la part des chefs d'Etat gabonais et ivoirien, notamment des masques africains. L'avocat a indiqué que Dominique de Villepin avait procédé à des ventes de certains de ces objets.

La fin en 2007 ?

Dans l'interview au Parisien, Robert Bourgi affirme que ces pratiques ont cessé en 2005 et qu'à partir de 2007, Nicolas Sarkozy, fraîchement élu président de la République, lui a dit : "Ces pratiques, je n'en veux pas".

Des propos démentis, lundi, par Jean-François Probst. Cet ancien collaborateur de Jacques Chirac a affimé au Parisien que "rien ne s'est arrêté avec Nicolas Sarkozy". Selon lui, Bourgi "s'est dépensé sans compter pour Sarkozy auprès de nombreux chefs d'Etats africains lors de la présidentielle de 2007". Il aurait ainsi "filé à Libreville dès juillet 2007 et refait un deal avec Omar Bongo", le président gabonais. Montant de l'accord ? "1 milliard de francs CFA".

Plainte de Chirac et Villepin

Face aux lourdes accusations portées contre eux, Jacques Chirac et Dominique de Villepin ont décidé de contre-attaquer en portant plainte pour diffamation contre Robert Bourgi.

"Je suis surpris que Jacques Chirac, frappé d'amnésie pour les affaires de la mairie de Paris, retrouve subitement la mémoire pour porter plainte contre moi. Ça ne me fait ni chaud ni froid pour une simple raison : c'est la stricte vérité", a réagi dans Le Parisien l'avocat, se disant prêt "répondre à n'importe quel magistrat qui voudra" l'entendre.

"Si mon client a effectivement des difficultés de mémoire, M. Bourgi en a de plus grandes que lui", a répliqué Me Kiejman, l'avocat de Jacques Chirac. "Jacques Chirac n'en est pas au point de ne pas se souvenir de ce qu'il n'a pas fait", a-t-il ajouté. Me Kiejman a précisé que la plainte de son client, "indigné", interviendrait dans les jours qui viennent.  "A ce moment-là, on verra s'il y a le moindre élément de preuve à l'appui de ses diffamations", a poursuivi M. Kiejman. Il a estimé qu'on pouvait "s'interroger sur le moment" où ces accusations interviennent.

 

 

 

En Côte d'Ivoire, on confirme, mais le Sénégal dément

Dimanche après-midi, l'ex numéro 2 de Laurent Gbagbo, Mamadou Koulibaly, est allé dans le sens de ces accusations. "Robert Bourgi a parfaitement raison il y a eu un transfert d'argent entre Laurent Gbagbo (2000-2011) et Jacques Chirac, en 2002" a déclaré M. Koulibaly, faisant état "d'environ deux milliards de FCFA (environ trois millions d'euros) transportés d'Abidjan vers Paris par valise". L'entourage du président ivoirien déchu en France s'est également étonné dimanche que les Français semblent "découvrir" de tels financements occultes. Autre son de cloche au Sénégal. Serigne Mbacké Ndiaye, porte-parole et ministre à la présidence, a estimé que les propos de Bourgi étaient "faux et archi-faux". "Notre présidence date de 2009, on répond des faits à partir de là", a de son côté déclaré une source à la présidence sous couvert de l'anonymat, ajoutant ne pas se sentir concernés, de fait.

Par D.H. le 12 septembre 2011 à 18:50
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16 Commentaires

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  • a1n2n2e3, le 13/09/2011 à 12h23

    A qui le tour ?

  • dom145, le 13/09/2011 à 11h12

    Il avait déjà tout dépensé pour ses campagnes !!!

  • dom145, le 13/09/2011 à 11h11

    C'est certain que c'est de l'argent français qui revient dans les poches de ceux qui nous gouvernent.........et après, ils veulent nous faire croire que la politique n'enrichit pas !!!

  • franky37, le 13/09/2011 à 10h25

    Les avocats font ce que leurs clients leur demandent. Ils ne peuvent porter plainte en leur nom que s'ils en ont été mandatés.

  • jghttc1, le 13/09/2011 à 08h32

    Un jour, M.Bourgi nous expliquera, peut-être que, contrairement à ce nous croyons depuis toujours, qu'à l'origine des temps, Eve n'aurait pas offert à Adam une pomme, mais ... une valise pleine de billets de banque ! S'il y a, sans doute, une part de vérité, dans cette affaire, trop c'est trop !

  • baccx, le 13/09/2011 à 08h19

    Bourgi "mouille" Mr Le Pen ! Je vais peut être dire une bêtise, mais si Mr Le Pen avait touché de l'argent des présidents africains, il n'aurai peut être pas eu besoin d'hypothéquer puis de vendre le Paquebot, bastion et siège du FN, pour renflouer les caisses du parti, il y'a quelque temps de cela , non ????

  • objectif-2012, le 13/09/2011 à 08h13

    Reste à savoir, quand à l'origine de cet argent liquide, si en réalité ce n'est pas une partie des aides éventuelles, accordées officiellement par la France à ces pays Africains, qui en rendent une partie en billets, ce qui voudrait dire en fait qu'il s'agirait de nos impots !!!!!!!!!!!!!!!!!

  • j.bon, le 13/09/2011 à 08h10

    Et sans le livre il mouille aussi sarko ce dont on parle peut

  • 732..poitier, le 13/09/2011 à 07h45

    Je me suis fais la même réflexion.....maladresse de sa part ou volonté de faire un peu plus de vagues??

  • bebert59650, le 13/09/2011 à 07h39

    Pour départager les candidats à l'élection présidentielle la gauche organise des "primaires", la droite quand à elle a trouvé un moyen plus radical !!!!!!!!

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