Au dîner du Crif, Sarkozy évoque l'onde de choc tunisienne

Par TF1 News, le 10 février 2011 à 07h16 , mis à jour le 10 février 2011 à 07h29

Revenant sur la situation en Tunisie et en Egypte, toutes deux en quête de démocratie, lors du dîner annuel de l'instance représentative de la communauté juive de France, Nicolas Sarkozy a jugé du devoir des démocraties de soutenir ce "début de printemps des peuples".

Nicolas Sarkozy lors du dîner du Crif (09/02/2011)Nicolas Sarkozy lors du dîner du Crif (09/02/2011) © TF1/LCI

Invité d'honneur, pour la deuxième fois, du traditionnel dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), où se pressait mercredi soir le gotha de la classe politique française, aux portes de Paris, Nicolas Sarkozy a jugé "positif" le mouvement enclenché dans le monde arabe par les manifestations de Tunisie et d'Egypte et jugé du devoir des démocraties de soutenir ce "début de printemps des peuples". Après s'être laissé surprendre par la "révolution de jasmin" qui a fait chuter le président tunisien Ben Ali le 14 janvier, le gouvernement français s'efforce de coller à la vague qui ébranle aujourd'hui le régime de Hosni Moubarak en Egypte. Les événements de Tunisie et d'Egypte, qui ont envoyé une onde de choc dans le reste du monde arabe, ont "une dimension sans doute historique", a déclaré Nicolas Sarkozy. "Le peuple tunisien et le peuple égyptien, avec une audace qui les a surpris eux-mêmes, ont dit avec force qu'ils voulaient vivre autrement", a-t-il estimé. 

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"Les manifestants de Tunisie ou d'Egypte n'ont pas crié : à bas l'Occident, à bas l'Amérique, ou à bas Israël. Ils n'ont pas prôné un retour vers le passé d'un âge d'or islamique mythifié. Ils ne se sont attaqués à aucune minorité", a-t-il fait valoir. Mais "je me garderai bien de conclure trop vite", a toutefois ajouté le président car "qui peut dire quelles seront les étapes à venir ? Nous avons déjà eu tant de mal à distinguer les étapes précédentes ! Qui peut exclure des dérives brutales ou totalitaires ? Personne". Selon lui, c'est le "devoir" de la France "d'aider ces mouvements, ce qui ne veut pas dire nous ingérer, avec parfois un certain manque de dignité", a-t-il mis en garde.

Admiration, mais vigilance

Dans la même veine, le président du Crif, Richard Prasquier, s'est dit "admiratif" mais "vigilant" face aux aspirations démocratiques dans le monde arabe. "Une révolution sans précédent soulève divers pays arabes", a-t-il déclaré. "Elle est portée par une aspiration démocratique évidente, qui suscite notre admiration. Mais sous l'étendard de la démocratie et de la liberté se camouflent des gens qui cherchent à détruire la liberté et la démocratie. C'est le cas des Frères musulmans. Leur idéologie rejette l'altérité. Ils peuvent provoquer le retour d'une rhétorique de guerre contre Israël."

Israël également été longuement évoqué par les deux hommes, le président Sarkozy insistant sur la nécessité pour le Crif de "convaincre" Israël de reprendre les négociations avec les Palestiniens en vue de la création de leur Etat. Selon lui, "la paix entre les Israéliens et les Palestiniens est un problème pour chacune de nos démocraties parce que sur ce conflit qui n'en finit pas, se nourrit le terreau du terrorisme et de l'extrémisme dont nous souffrons aussi".

Auparavant, Richard Prasquier avait insisté sur les menaces qui pèsent sur l'Etat hébreu, "seul Etat démocratique de la région" et "seul Etat au monde publiquement menacé dans son existence". Il a dénoncé le "boycott commercial" contre Israël, visant, selon lui, à le délégitimer et à "lui interdire les moyens d'assurer sa sécurité". Le chef de l'Etat a également insisté sur la contribution du judaïsme "à l'identité" de la France. "Si la France a des racines chrétiennes", a-t-il dit, "elle a aussi des racines juives. La présence du judaïsme est attestée en France avant même que la France ne soit la France, avant même qu'elle ne soit christianisée".

Par TF1 News le 10 février 2011 à 07:16
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