CSG, TVA...
Invité de l'émission "Des paroles et des actes" sur France 2, le Premier ministre a promis qu'il n'y aurait "pas d'augmentation de la CSG" ni "de la TVA". "Ce n'est pas prévu pour l'année 2013", "on ne va pas boucher les trous avec la TVA et la CSG", a-t-il insisté. Il a également écarté un alignement du taux de CSG des retraités sur celui des actifs. "A revenus constants, neuf contribuables sur dix ne seront pas touchés" par des augmentations d'impôts supplémentaires, a-t-il dit. "Ces mesures nouvelles épargnent les classes moyennes et les classes populaires", a-t-il ajouté. Certaines hausses, déjà votées en juillet, dont le gel du barème sur l'impôt sur le revenu, concerneront en revanche un nombre de contribuables beaucoup plus vaste. Interpellé sur ces mesures fiscales qui touchent de nombreux Français, Jean-Marc Ayrault a esquivé, évoquant seulement les prélèvements qui figureront dans le budget 2013.
Déficit
Le premier ministre a assuré que l'objectif de ramener le déficit public à 3% du produit intérieur brut contre 4,5% en 2012 était maintenu. "Si nous renonçons à cet objectif, alors tout de suite les taux vont remonter et là on sera dans la situation de l'Italie, là on sera dans la situation de l'Espagne et moi, je ne veux pas ça", a-t-il plaidé. Il a confirmé que le gouvernement maintenait pour 2013 son "hypothèse de croissance réaliste, 0,8%, et atteignable". "On ne peut pas continuer avec la dette et les déficits que nous avons", a-t-il insisté, pour justifier l'effort historique de 30 milliards d'euros d'économies et de nouveaux impôts prévus par le projet de budget 2013 qui sera présenté vendredi en Conseil des ministres. (Lire notre article : budget 2013, qu'est ce que ça ca changer ?)
Compétitivité et emploi
A propos des mesures en faveur de la compétitivité attendues après la remise mi-octobre du rapport du commissaire général à l'investissement, Louis Gallois, le chef du gouvernement a repris à son compte l'expression "choc de compétitivité" employée début juillet par l'ancien patron d'EADS. Il a estimé qu'il ne pouvait pas "se faire en une seule fois" mais a jugé important d'imprimer une "direction"."Limiter la compétitivité de nos entreprises à la seule question du coût du travail, c'est une fausse réponse, ce n'est pas une réponse digne", a estimé M. Ayrault, alors que des chefs d'entreprise pressent le gouvernement de donner plus de flexibilité au travail.
Le premier ministre a par ailleurs indiqué que l'Etat chercherait d'abord un repreneur pour les hauts fourneaux de Florange (Moselle) d'ArcelorMittal, menacés de fermeture définitive, puis "prendrait ses responsabilités". "On va d'abord chercher un repreneur, après on prendra nos responsabilités", a dit le Premier ministre comme on lui demandait si l'Etat était prêt à un rachat pour un euro symbolique. "Le groupe socialiste a préparé en liaison avec moi une proposition de loi pour obliger, lorsqu'une entreprise veut vendre, à rechercher un repreneur", a-t-il ajouté, précisant que le groupe socialiste allait déposer le texte "la semaine prochaine". Sur le chômage et l'objectif, fixé par Hollande, d'inverser la courbe d'ici à un an :"Je ne sais pas si on va y parvenir, mais il faut tout faire pour y parvenir", a souligné le Premier ministre. "Le coût du travail n'est pas un sujet tabou", "mais limiter la compétitivité de nos entreprises à la seule question du coût du travail, c'est une fausse réponse".
Racisme anti-blanc
Jean-Marc Ayrault a aussi abordé le question du racisme anti-blanc, sujet polémique soulevé cette semaine par Jean-François Copé. (Lire notre article : pourquoi Copé emploie-t-il ces mots ?) "Ca peut exister, mais ce qui est très important c'est faire reculer le racisme", "les discriminations", "les incompréhensions". "Je suis contre toutes les formes de communautarisme". Il a néanmoins dénoncé "une espèce de course-poursuite derrière les idées du FN" et a récusé cette "manière d'aborder ces questions".
Proportionnelle, récépissé, traité budgétaire...
"C'est un engagement démocratique. Il y aura une part de proportionnelle aux législatives, ce sera peut-être 10% du nombre des députés. Nous y travaillons". Sur la délivrance de récépissés lors de contrôles d'identité, proposition repousée par Manuel Valls (Lire notre article : Valls renonce aux récépissés), le Premier ministre a souligné "que ce n'était pas la bonne réponse. Je fais toute confiance à Manuel Valls, qui m'a convaincu". Et à propos du traité budgétaire européen ? "D'un point de vue juridique, si vous prenez la ligne exacte de la phrase qui sera soumise à la ratification, non" le traité "n'a pas été renégocié" en juin par le président François Hollande. Mais pour Jean-Marc Ayrault, ce qui compte, "c'est tout ce qui va avec: le paquet croissance, le paquet perspective pour enfin faire que l'Europe ne soit pas seulement une zone de libre-échange, mais qu'elle porte aussi un projet, qu'elle redonne de l'espoir".
Des décisions pas à la "Saint-glinglin"
Alors qu'il était accusé par deux commentateurs d'avoir été, durant l'émission parfois "obscur" et de ne pas savoir trancher, le Premier ministre a répondu: "Ma méthode, c'est j'écoute, je discute, je négocie et je décide. Le gouvernement décidera". "Je vous donne rendez-vous aux décisions, ça ne sera pas à la Saint-glinglin. Ce sera à la fin de cette année, où on aura pris les options qui seront nécessaires, sur la question du coût du travail, sur la question de la compétitivité, les choses seront claires", a-t-il assuré. "Je ne crois pas qu'on puisse réformer la société française, surtout sur des sujets aussi lourds, aussi difficiles, qui touchent au coeur même de notre conception, si on ne recherche pas la négociation et le compromis", a-t-il dit.









