Le Premier ministre, qui inaugurait le Mémorial à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), a précisé qu'il réunirait un comité ministériel sur ce sujet. Ce plan "sera d'abord fondé sur l'éducation, la volonté de combattre les préjugés sur l'étranger, sur l'autre, qui restent ancrés dans bien des mentalités", a-t-il dit, affirmant que le lutte contre le racisme est une priorité de son gouvernement. "Qui peut nier la résurgence de ce type de comportements" antisémites ou racistes ?, a ensuite lancé M. Ayrault au cours d'une conférence de presse. "Il est important sur ces sujets que l'Etat s'affirme (...) La France est une République laïque: ça fonctionne quand on rappelle sans cesse nos valeurs, pour qu'elles soient au coeur même de la vie collective", a-t-il souligné.
Opposants au nazisme internés
Le camp des Milles, un ancien bâtiment industriel, a servi de camp d'internement et de déportation pour plus de 10.000 personnes de 38 nationalités entre 1939 et 1942. Il était destiné aux ressortissants de pays en guerre contre la France, considérés comme une menace potentielle par les autorités. Mais parmi les citoyens allemands ou autrichiens qui constituaient l'essentiel des internés, beaucoup étaient des opposants résolus au nazisme, militants, réfugiés politiques, ou intellectuels. "Aux yeux de milliers de femmes et d'hommes, qui attendaient tellement d'elle, la France, terre d'accueil et d'asile, n'était plus vraiment elle-même", a dit Jean-Marc Ayrault, qui était accompagné de sept ministres.
La création d'un mémorial marque une étape supplémentaire dans la reconnaissance de la responsabilité de l'État français, car le camp n'a jamais été sous l'autorité de l'occupant allemand. La Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA), qui demandait depuis plusieurs mois la réunion d'un comité interministériel sur le sujet, demande que les associations soient parties prenantes du futur plan d'action.










