Pour Sarkozy, Woerth reste son homme des "retraites"

Par TF1 News (D'après agence), le 03 septembre 2010 à 07h18 , mis à jour le 03 septembre 2010 à 15h47

Dossiers : Quel avenir pour les retraites ?, Affaire Bettencourt

Alors que la gauche multiplie les appels à la démission de son ministre du Travail et que les responsables syndicaux considèrent son maintien comme un "problème", le chef de l'Etat lui a une nouvelle fois redit publiquement sa confiance, bien que sous une forme minimaliste.

Eric Woerth à l'université d'été de l'UMP (août 2010)Eric Woerth à l'université d'été de l'UMP (août 2010) © www.abacapress.com

Nicolas Sarkozy a renouvelé vendredi en Côte-d'Or son soutien à Eric Woerth, malmené dans l'affaire Bettencourt. La veille, le ministre du Travail reconnaissait être l'auteur d'une lettre écrite en 2007, lettre par laquelle il appuyait la demande d'attribution de la Légion d'honneur de Patrice de Maistre, gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt. Un aveu qui le "disqualifie" de son poste de meneur de la réforme des retraites selon le PS. Même les syndicats, jusqu'alors plutôt silencieux, ont reconnu que l'affaire Bettencourt posait "un vrai problème".

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Plus d'infos

 
Interpellé par la presse à l'issue d'une table-ronde sur l'industrie à Montbard, Nicolas Sarkozy a répondu par un "oui" appuyé, et un rien agacé, à la question "est-ce que vous apportez toujours votre soutien à Eric Woerth ?" A une autre question, "est-ce que le ministre du Travail est toujours à même de défendre la réforme des retraites ?", il s'est contenté d'acquiescer avant de tourner le dos aux journalistes, sans autre commentaire.
 
Contrairement à ce qu'il avait toujours assuré, Eric Woerth a concédé pour la première fois jeudi être intervenu dans l'attribution de la Légion d'honneur au gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt, Patrice de Maistre, qui a employé sa femme et compte parmi les donateurs de l'UMP. A quatre jours du coup d'envoi du débat parlementaire sur la réforme des retraites et d'une manifestation des syndicats annoncée comme très suivie, ces propos ont placé le ministre du Travail dans une situation très délicate.

"On n'aborde plus du tout le fond du dossier"
 
Dans un entretien commun aux Echos datés de vendredi, le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault et son homologue de la CFDT, François Chérèque, déclarent que les différentes affaires qui visent Eric Woerth empêchent d'avoir un débat de fond sur ce projet clé du quinquennat de Nicolas Sarkozy. "Je me pose une question légitime : comment peut-il gérer en même temps ses problèmes personnels avec l'affaire Bettencourt et la réforme des retraites ?", s'interroge François Chérèque dans Les Echos. "Cette situation fait qu'on n'aborde plus du tout le fond du dossier. C'est un vrai problème". Bernard Thibault estime lui aussi qu'Eric Woerth "est objectivement plus occupé, et préoccupé, par autre chose que par le sujet qui nous, nous intéresse", le projet qui reporte de 60 à 62 ans l'âge légal de départ à la retraite.
 
L'intéressé continue à réfuter toute idée de démission. "Je suis mobilisé, disons à 120%. Je suis évidemment totalement concentré sur le dossier des retraites, je le suis depuis le mois d'avril et il n'y aucune raison que ça change", a-t-il dit vendredi lors d'un déplacement à l'université d'été du Medef à Jouy-en-Josas.
 
"On ne pourra pas tenir pendant deux mois"
 
Et officiellement, du côté du gouvernement, les explications contradictoires d'Eric Woerth n'ont rien changé. Avant le soutien réaffirmé vendredi par Nicolas Sarkozy, François Fillon, jeudi soir, lui avait aussi renouvelé dans un communiqué toute sa "confiance", estimant qu'Eric Woerth faisait "face à une campagne de dénigrement inacceptable" et réaffirmant qu'il mènerait la réforme des retraites "à son terme". Mais en coulisse le ton est un peu différent. "Ça devient vraiment très compliqué", lâche un proche du chef de l'Etat. "On ne pourra pas tenir comme ça pendant deux mois encore", abonde une source gouvernementale.
 
Avant de s'exprimer par communiqué, François Fillon avait refusé lors d'un déplacement en province de commenter le dernier rebondissement de cette affaire politico-judiciaire, se contentant de dire que la réforme serait "conduite par le ministre" qui en est "en charge". La participation du chef du gouvernement jeudi prochain à une émission télévisée consacrée aux retraites a été perçue comme un nouveau camouflet à Eric Woerth, déjà considéré comme une des victimes du remaniement annoncé pour novembre. "Il est mort politiquement et ne sera pas reconduit, c'est clair", parie sans l'ombre d'un doute un cadre de la majorité.
 
Ces derniers jours, le ministre est apparu les traits tirés, physiquement marqué par deux mois de polémique. "Il a une très grande lassitude", dit un membre de l'UMP. Peut-il tenir le vif débat qui s'annonce à partir de mardi sur les retraites? Les députés PS le jugent "totalement disqualifié". Un avis partagé par le PCF et le NPA, qui réclament de nouveau sa démission, en plus du retrait de la réforme.

Par TF1 News (D'après agence) le 03 septembre 2010 à 07:18
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32 Commentaires

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  • a.1.2.c.4, le 05/09/2010 à 01h03

    Mince alors ... le PS a des propositions ...! Sont où ...? :o)))

  • a.1.2.c.4, le 05/09/2010 à 00h59

    Ben ... vous n'avez pas compris "kline972" ... et faudra revoir vos classiques ...! :o)))

  • richiou54, le 04/09/2010 à 07h23

    Si la réforme de la retraite sécu est abandonnée, les salariés du privé devront travailler jusqu'à 65 ans pour toucher leurs retraites complémentaires à 60 ans sans abattement (pouvant aller jusqu'à 22%). En effet, l'accord AGFF concernant ces retraites se termine le 31/12/2010. Renseignez vous auprès de vos CICAS. Merci

  • 11b223, le 04/09/2010 à 07h15

    Tonmoulin52 ça se fait déjà! Même à 50 ans, sous les années 80 et merci qui ?

  • stephan21, le 04/09/2010 à 04h39

    Pauvre France !

  • erleg71, le 03/09/2010 à 22h57

    Il est effectivement mort politiquement... Ses aveux piteux n'y changeront pas grand'chose : qu'il s'en aille.

  • johnfit, le 03/09/2010 à 22h47

    Quand on conduit un projet de réforme sur les retraites, on finit forcément par prendre sa retraite mr woerth, alors au revoir et merci d'être venu !!!!!!

  • mcg35, le 03/09/2010 à 21h42

    @desgiffles - Vous n'avez rien à proposer, vous n'êtes pas ministre ... Mais vous ne seriez pas "Socialliste", des fois???

  • kline972, le 03/09/2010 à 20h31

    A lmoulin : par exemple, laisser partir les salariés comme actuellement, lesquels pendant leur retraite continuent à cotiser jusqu'à atteindre le nombre de trimestres requis, avant liquidation complète. Au moins, entretemps, ils auront laissé la place à d'autres (des jeunes notamment). En pratique déjà, il faut souvent attendre entre 12 et 24 mois à partir du départ pour bénéficier de sa retraite à taux plein! Ce n'est pas un assez bon plan pour vous ???

  • 421123, le 03/09/2010 à 20h29

    Il mérite autant de pouvoir pousuivre ses activités qu'un braqueur de casino. De quoi est-il coupable? De mettre en oeuvtre un plan nécessaire de réformes des retraites?

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