En quelques jours à peine, c'est le troisième groupe de diplomates à prendre la parole. Fait rare dans le milieu feutré de la diplomatie. Surtout lorsqu'il s'agit de critiquer aussi ouvertement la politique étrangère de la France. Ces diplomates, le "groupe Albert Camus", ont publié dimanche une tribune sur le site internet du journal Libération, alors que le président Nicolas Sarkozy préparait un remaniement de son gouvernement, devant se traduire par le départ de la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie.
Sarkozy : "ère nouvelle" avec les pays arabes et "flux migratoires"
Nicolas Sarkozy a estimé que les révolutions arabes ouvraient "une ère nouvelle" et mis en garde contre le risque de "flux migratoires". Cela justifie le remaniement.
Publié le 27/02/2011
Juppé, nouvel homme fort du pouvoir
Le nouveau ministre des Affaires étrangères tient sa revanche sur ses déboires passés et s'impose comme un pilier de la droite avant la présidentielle.
Publié le 27/02/2011
La réplique de diplomates anonymes qui défendent Sarkozy
Un groupe de diplomates souhaitant lui aussi garder l'anonymat défend la politique étrangère de Nicolas Sarkozy en réponse au "groupe Marly", qu'il qualifie de "petite camarilla de frustrés".
Publié le 24/02/2011
La diplomatie française montrée du doigt
Martine Aubry, la première secrétaire du PS a souhaité que la diplomatie française soit "enfin à la hauteur" en Libye. Dominique de Villepin évoque, lui, un "malaise dans notre diplomatie".
Publié le 22/02/2011
Avant eux, le groupe "Marly" avait publié une tribune pour dénoncer "l'amateurisme" et "l'impulsivité" de la politique étrangère de Nicolas Sarkozy. Le groupe "Rostand" lui avait répondu pour défendre au contraire les options du président français. A chaque fois, les diplomates sont restés anonymes.
La question des droits de l'homme
"Ayons l'honnêteté de reconnaître que si notre ministre des Affaires étrangères, dont la vision du monde est dominée par les questions d'ordre, n'avait pas proposé à Ben Ali la coopération policière de la France ni passé ses vacances dans une Tunisie en pleine révolution, notre diplomatie ne connaîtrait pas le feu de critiques dont elle est actuellement l'objet", disent dimanche les "Albert Camus". Mais ils ajoutent que les échecs de la diplomatie française trouvent des causes structurelles.
"Nous constatons une nouvelle fois que notre pays, malgré ses références mécaniques aux droits de l'homme, éprouve les plus grandes difficultés à intégrer dans sa politique étrangère la défense de la démocratie, le soutien aux dissidents et à la transformation des régimes", notent-ils. "Il semble paralysé par la peur du changement, obsédé par la volonté de maintenir le statu quo, la stabilité. La Chute du Mur de Berlin, que nous n'avons pas su accompagner, avait déjà illustré, de façon dramatique, cette singulière difficulté", poursuivent-ils.
Selon eux, la question des droits de l'homme doit figurer à l'agenda du G8 et du G20, dont la France exerce la double-présidence cette année. Ces diplomates appellent à rompre avec "une certaine méfiance vis-à-vis de la société civile et de l'individu" et à "renouer avec la part généreuse de notre histoire".
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