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Copé/Fillon : la guerre est déclarée


le 27 septembre 2012 à 22h20 , mis à jour le 27 septembre 2012 à 23h55.
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PolitiqueFrançois Fillon et Jean-François Copé, adversaires pour la présidence de l'UMP, se sont pour la première fois mesurés côte à côte jeudi soir, marquant leurs différences entre rudesse et diplomatie, alors que les tensions s'avivent en coulisses.

Après une brève poignée de main et des sourires de façade, les deux candidats pour la présidence de l'UMP, François Fillon et Jean-François Copé, ont aiguisé leurs divergences politiques dans leur bataille pour la présidence de l'UMP devant les élus du parti. La journée parlementaire, censée définir la ligne d'un parti qui apprend l'opposition, a été dominée par la rivalité de moins en moins feutrée entre les deux hommes avant le vote, le 18 novembre, ouvert aux quelque 260.000 adhérents.

"On ne joue pas au concours du mec le plus à droite"

Pendant que Frédéric Dabi de l'Ifop exposait les attentes des Français, dans un sondage présenté aux parlementaires UMP, -"même les électeurs de gauche sont majoritairement contre l'assistanat"-, François Fillon a réagi au "racisme anti-blanc" dénoncé par Jean-François Copé. "Ce n'est pas en copiant les extrémistes que nous convaincrons nos électeurs ni mêmes ceux qui votent pour le Front National", a déclaré au site Atlantico.fr le député de Paris, qui se disait la veille "pas choqué" par le constat du député-maire de Meaux, à condition qu'il y ait "des solutions". "A celles et ceux de mes amis qui me disent: mais ce n'est pas tout de dénoncer les problèmes, il faut les résoudre: merci! Je peux témoigner qu'il y a des solutions", a rétorqué Jean-François Copé lors d'une réunion publique le soir, visant François Fillon assis à son côté.

S'exprimant le premier, dans le registre diplomatique auquel il se tient publiquement depuis le début de la campagne, François Fillon a souligné que la question de l'immigrationdevait être "désormais posée froidement, sans tabou, sans excès de langage, ni dans un sens ni dans un autre". Une nouvelle pique à Jean-François Copé dont il récuse le discours "droitier", dans la ligne de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, en plaidant pour le rassemblement le plus large. "On ne joue pas au concours du mec le plus à droite", avait auparavant lancé Laurent Wauquiez, l'un des lieutenants de François Fillon, devant des journalistes.

"Il n'y aura ni vainqueur ni vaincu"

Le député-maire de Meaux, après plusieurs références urbaines à "François" dans son discours qui clôturait le meeting, n'a pas dévié de sa ligne, qu'il a martelée. "Il est des réalités qu'on ne doit pas nier si on veut les combattre. (...) Il est des endroits dans notre pays où il ne fait pas bon être une femme, où il ne fait pas bon être de couleur blanche", a-t-il déclaré sous les applaudissements, évoquant "la souffrance qui ne passe jamais au journal de 20 heures". "Il y a des amis qui disent : 'ce n'est pas tout de dénoncer le problème, il faut le résoudre'. Merci, on fait ce qu'on peut", a-t-il poursuivi, dans une claire allusion à François Fillon qui s'était exprimé en ce sens mercredi. Dans une autre attaque contre l'ancien Premier ministre, qui s'est dissocié de la stratégie électorale du "ni Front national-ni Front républicain", Jean-François Copé a réaffirmé qu'il n'appellerait "jamais à voter pour des socialistes qui sont alliés avec l'extrême gauche de Jean-Luc Mélenchon".  "Moi, je n'ai aucun adversaire à l'intérieur de ma formation politique", avait auparavant souligné François Fillon sous les acclamations, répétant vouloir conduire "un rassemblement très large des Français autour d'un projet de redressement national".  "Il n'y aura ni vainqueur ni vaincu, il y aura au lendemain du 18 novembre une famille qui se rassemblera", a assuré à sa suite Jean-François Copé.

Cette ambiance tendue a provoqué le désarroi de l'ex-président de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer dans un tweet: "Je suis préoccupé par la confusion à laquelle j'assiste entre vie du groupe et vie du mouvement à Marc-en-Baroeul". En soirée, les deux candidats ont pour la première fois mesuré ensemble leur popularité à l'applaudimètre lors d'une réunion publique commune devant 5 à 600 militants rassemblés dans un gymnase. Les "Copé président" ont répondu
aux "Fillon président".

Commenter cet article

  • toutamis : Oui enfin, le seul problème, c'est qu'à l'UMP il va y avoir deux primaires de suite. Donc ça va durre assez longtemps

    Le 01/10/2012 à 10h18
  • ten75 : Le choix est entre un chef de parti actuel , gentil comme on dit pour ne pas etre vexant , ou un homme à Stature National, moins issu de l' appareil , mais plus représentatif

    Le 28/09/2012 à 11h40
  • patou-55 : C'est comme au P.S et aprés ils mangeront ensemble, rappelez vous les primaires!!!

    Le 28/09/2012 à 11h15
  • toutamis : Oui enfin c'est pas la peine de nous le préciser, ça fait un petit moment (4 mois, oserais-je dire) qu'on sait que cette "guerre est déclarée" !

    Le 28/09/2012 à 09h12
  • elimen : FILLON a voter contre Maastrich avec son mentor SEGUIN. Puis est allé avec CHIRAC qui avait voté pour .Puis a soutenu SARKOZY contre CHIRAC . Puis a été en désacord avec SARKOZY .Comment faire confiance à une personne qui change de ligne de conduite en permanance . FILLON président de l'UMP , ce n'est pas a mes yeux la meilleure solution .

    Le 28/09/2012 à 06h43
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