Sa dernière prise de parole publique remonte au 6 mai, le soir de sa défaite à l'élection présidentielle. Nicolas Sarkozy avait alors annoncé sa volonté de redevenir "un Français parmi les Français" dans une allocution suffisamment ambiguë, toutefois, pour nourrir des spéculations sur son avenir politique. Ce week-end, après trois semaines de repos au Maroc, l'ancien chef de l'Etat a regagné Paris. En toute discrétion. Une discrétion qui, aux dires de ses proches, se veut durable.
"Il est naturellement préoccupé de la situation de l'Europe (...), mais il se tient éloigné, volontairement et durablement, de toute préoccupation politique", a ainsi déclaré dimanche l'ancien ministre UMP Brice Hortefeux sur France 3. "Il s'inscrit dans une volonté de discrétion durable", a ajouté celui qui vient de fonder l'association Les amis de Nicolas Sarkozy. "Il n'y a chez lui ni aigreur, ni amertume, et ce qu'il souhaite, c'est le succès de la France", a assuré Brice Hortefeux.
"Aucune déprime chez lui, plutôt de l'ennui"
Claude Guéant, son ancien ministre de l'Intérieur, a dit quant à lui que Nicolas Sarkozy ne prendrait pas la parole "dans le débat politique dans les semaines ou les mois qui viennent". "Il ne peut pas se désintéresser de ce qui se passe, sa responsabilité morale est toujours présente. Cela étant, il n'est pas actif dans la vie politique et il est clair à mes yeux qu'il ne le sera pas dans les semaines à venir", a-t-il expliqué dans le cadre du "Grand-Rendez-vous" Europe 1/i-télé/Le Parisien-Aujourd'hui en France.
Nicolas Sarkozy a passé trois semaines à Marrakech, dans un riad de la royauté, avec son épouse Carla et leur petite fille Giulia. Selon un proche cité par Le Journal du Dimanche, "il ne va pas trop mal. Je ne sens aucune déprime chez lui, plutôt de l'ennui". Le JDD précise que l'ancien président sera en mesure de prendre possession de ses nouveaux bureaux, rue de Miromesnil dans le VIIIe arrondissement de Paris, non loin de l'Elysée, à la fin de la semaine. En tant qu'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy devrait siéger au Conseil constitutionnel dès septembre. A plus long terme, une fonction au niveau européen pourrait l'intéresser, croit savoir le journal dominical.
Selon le JDD, Nicolas Sarkozy a eu des entretiens téléphoniques la semaine dernière avec Brice Hortefeux, Franck Louvrier, Alain Juppé, Henri Guaino, Jean-François Copé, Claude Guéant, Christian Estrosi, Nadine Morano, Bruno Le Maire et François Fillon. Nicolas Sarkozy, qui redeviendra un justiciable ordinaire le 15 juin après cinq années d'immunité pénale, "se conformera" à son nouveau statut, a déclaré Brice Hortefeux. Il pourrait être inquiété dans plusieurs affaires de malversations financières présumées : dossiers Bettencourt, Karachi et Kadhafi.







