"100 jours pour rien", titraient cet été certains médias. Le sentiment de "désamour" à la lecture des enquêtes de popularité. L'attente et "l'impatience" des Français face à la crise. D'entrée de jeu, François Hollande a répondu, dimanche soir sur TF1, aux critiques. "L'impatience elle est là parce qu'il y a une alternance, des inquiétudes il y en a : le chômage à 3 millions et une croissance qui s'est effondrée... Le gouvernement n'a pas perdu son temps, il a agi rapidement", a-t-il lancé, égrainant les chantiers lancés depuis la présidentielle. "Mais j'entends les interrogations", a-t-il enchaîné, assurant : "Vous me dites : il faut accélérer. J'accélère".
D'ailleurs, sur son rôle de chef de l'Etat, "je me suis préparé à cette fonction pendant des mois", a rappelé François Hollande à la fin de son intervention. Et "je ne vais pas larmoyer sur (mon) sort", a assuré celui qui est malmené dans les sondages. "Je sais où je vais. Je le dis aux Français : j'assumerai toute la responsabilité (de mes actions), ndlr, je m'expliquerai régulièrement devant les Français", a-t-il promis, le ton ferme.
Les couacs ? "c'est fini"
Mais les critiques portaient aussi cet été sur le gouvernement, au sein duquel sont apparues quelques tensions sur le nucléaire ou la banque publique d'investissement et "l'affaire Lazard". Le président a parlé "d'ajustements" et déclaré : "c'est fini", en appelant chacun à la discipline. "Des couacs, il y en a toujours dans tous les gouvernements", "je pense qu'il faut les réduire et pour les réduire, c'est très simple, il faut se référer à mes propres engagements. Ce que j'ai dit devant les Français, ça doit être la règle pour l'action gouvernementale !".
"Ça vaut pour la BPI, elle doit être mise en place très vite", a ajouté le chef de l'Etat. Et le choix de Lazard comme banque conseil "ne fait pas problème", selon lui. La règle vaut aussi sur la question du nucléaire, a poursuivi le président, répétant son engagement de campagne à réduire de 75% à 50% à l'horizon 2025 la part du nucléaire dans l'électricité produite. Il faut qu'il y ait "cette réduction de la part, mais que ça reste une part majoritaire, encore, pendant des années, jusqu'en 2025 (et) la transition énergétique, je l'ai appelée moi-même de mes voeux", a-t-il rappelé. "Donc il n'y a pas de tergiversations, il n'y a pas de débat, c'est par rapport à mes engagements que chacun doit se situer", a-t-il insisté.
"Je ne me défausse pas sur Ayrault"
Quant au chef de ce gouvernement, "Jean-Marc Ayrault, c'est un homme sérieux, respectueux,avec lequel j'ai toujours travaillé en bonne intelligence, c'est tellement agréable", a déclaré François Hollande. "Je n'ai jamais considéré que le Premier ministre devait être un collaborateur ou un obligé", a-t-il ajouté en référence à l'ancien président, Nicolas Sarkozy, qui avait qualifié un jour son Premier ministre, François Filllon, de "collaborateur". "Nous avons besoin d'une équipe, il l'anime et en même temps je ne me détourne pas de ma propre responsabilité. Je ne me défausse pas sur le Premier ministre", a insisté le président. "Je suis en première ligne et je m'expliquerai devant les Français régulièrement".
Sans citer aucun nom de ministre impliqué dans les "couacs", le président Hollande a laissé entendre qu'il y avait au sein du gouvernement Ayrault une certaine inexpérience. "Sur les 16 ministres pleins, seulement cinq avaient exercé des fonctions gouvernementales et encore il y a dix ans", a-t-il dit. "Qu'il y ait quelques ajustements je ne les blâme pas, mais c'est fini ! Le temps maintenant doit être à la mobilisation pour chacun et au service des Français."










