L'affaire américaine : "ni violence, ni contrainte"
Claire Chazal a entamé son interview par la question que tous se posent : "Que s'est-il passé dans la suite" du Sofitel? "Ce qui s'est passé ne comprend ni violence, ni contrainte, ni agression, ni aucun acte délictueux. Ce qui s'est passé est non seulement une relation inapproprié mais une faute vis-à-vis de ma femme, mes enfants et de mes amis, mais aussi vis-à-vis des Français", a répondu Dominique Strauss-Kahn, l'air grave. "C'est une faute morale dont je ne suis pas fier. Je crois que je n'ai pas fini de la regretter", a poursuivi DSK. "J'ai manqué mon rendez-vous avec les Français", a-t-il concédé en allusion à la prochaîne présidentielle. Il a souligné que le rapport du procureur ne l'accusait "en rien" et ne mentionnait "ni griffure, ni blessure, ni aucune trace de violence" sur Nafissatou Diallo, la femme de chambre du Sofitel de Manhattan dont les accusations ont été rejetées par le procureur. Présentant ce rapport, DSK a dit qu'il considèrait qu'il conclut que "Nafissatou Diallo a menti sur tout". (Lire notre article: ce que dit le rapport)
La procédure civile : pas de négociation
"Je n'ai pas l'intention de négocier", a dit DSK au sujet de la procédure civile toujours en cours, alors que Claire Chazal lui demandait s'il pouvait trouver un accord financier avec Nafissatou Diallo.
Un piège? "C'est possible"
"Un piège ? C'est possible, un complot ? Nous verrons", a lancé l'ex-directeur général du FMI à propos de l'épisode du 14 mai dans la suite du Sofitel de New York. "Je voudrais bien savoir pourquoi on a choisi d'aider celle qui m'accusait et pas de collaborer avec moi", a-t-il lancé à propos de Nafissatou Diallo.
Ce qu'il a ressenti : "j'ai eu très peur"
"J'ai eu peur, j'ai eu très peur", a confié DSK, affirmant qu'il avait eu l'impression d'être "piétiné, humilié, avant même de pouvoir dire un mot"."Quand vous êtes pris dans les mâchoires de cette machine, vous avez l'impression qu'"elle peut vous broyer", a-t-il ajouté. "J'ai vécu des attaques terribles et j'ai beaucoup perdu", a déploré l'ancien patron du FMI.
Son épouse : une "femme exceptionnelle"
"Je lui ai fait du mal, je le sais, je m'en veux", a-t-il dit au sujet de son épouse Anne Sinclair. C'est une "femme exceptionnelle" sans laquelle il n'aurait "pas résisté", a ajouté DSK. "Elle n'aurait pas été comme cela à mes côtés, elle ne m'aurait pas soutenu comme cela, si, dès la première seconde, elle n'avait pas su que j'étais innocent", a-t-il dit.
L'affaire Banon : "une version calomnieuse"
"J'ai été entendu comme témoin. J'ai dit la vérité, que dans cette rencontre il n'y avait eu aucun acte d'agression, aucune violence, je n'en dirai pas plus", a commenté DSK sur l'affaire Banon alors qu'une enquête a été ouverte à Paris sur les accusations de tentative de viol de Tristane Banon, dans laquelle il a été entendu il y a une semaine. DSK a aussi affirmé que la romancière présentait "une version imaginaire, une version calomnieuse" des faits.
Son rapport aux femmes : "Je comprends que cela ait choqué"
"J'ai du respect pour les femmes. Je comprends leur réaction. Je comprends que cela ait choqué", a-t-il assuré. "Je l'ai payé lourdement. Je le paie toujours", a-t-il dit alors qu'une cinquantaine de féministes manifestaient dimanche soir devant le siège de TF1.
La politique : "évidemment pas" candidat
DSK voulait, avant l'affaire, être candidat à la présidentielle mais ne le sera "évidemment pas". "Je ne crois pas que cela soit mon rôle de m'immiscer dans la primaire" socialiste, a-t-il ajoutant, notant qu'elle semblait bien partie après le premier débat de cette semaine. Il a salué Martine Aubry, "une amie" qui l'a "aidé" pendant son épreuve judiciaire aux Etats-Unis.
Son avenir : "on verra"
"J'ai tout perdu dans cette histoire", a-t-il ajouté. "Je comprends que cela ait choqué, je l'ai payé lourdement je le paie toujours". "Je ne suis candidat à rien et dans ces conditions, je vais d'abord me reposer, je vais retrouver les miens, je vais prendre le temps de réfléchir. Mais toute ma vie a été consacrée à essayer d'être utile au bien public et on verra", a-t-il conclu. Auparavant, il avait souligné que le sujet de la dette et des systèmes financiers dans le monde, ainsi que celui de la "démographie" dans les pays "vieillissants", étaient des sujets qui le "passionnaient".
| DSK et la crise, la Grèce, l'euro... |
L'ancien directeur du Fonds monétaire international a plaidé dimanche pour l'effacement pur et simple de la dette de la Grèce. Interrogé sur TF1 sur l'opportunité de passer l'éponge sur la dette grecque, il a répondu: "C'est un peu l'idée". "La dette, on voit bien qu'elle est massive et qu'il faut la réduire à tout prix, sauf au prix de la stagnation et de la récession", a-t-il affirmé. "Le chemin de crête est étroit et les gouvernements européens ont du mal à le suivre parce qu'ils ne veulent pas prendre la mesure de l'ampleur du problème", a-t-il estimé. "La boule de neige grossit et rend la difficulté de plus en plus grande et la croissance est de moins en moins là", a-t-il déploré, "il faut accepter de reconnaître qu'il faut prendre sa perte". "Tout le monde doit la prendre, les Etats et les banques", a-t-il insisté, plaidant également pour une plus grande solidarité et une "convergence budgétaire" dans la zone euro. "Je ne crois pas que l'euro soit en difficulté, mais je crois que la situation est très sérieuse. Si nous ne réagissons pas vite, dans 25 ans, l'Europe sera une terre de désolation avec des forts taux de chômage et des systèmes de protection à la dérive", a-t-il mis en garde. "Pour éviter cela, il faut agir vite (...) Le problème des Européens c'est qu'ils font souvent soit trop peu, soit trop tard, soit souvent trop peu et trop tard", a-t-il ajouté. |









