Education : Peillon attaque, Chatel riposte

le 19 janvier 2012 à 09h14 , mis à jour le 19 janvier 2012 à 09h17

Dossier : Élection présidentielle 2012

Réformer l'éducation en commençant par revoir les missions des enseignants est "une erreur et même une faute", juge Vincent Peillon, chargé de l'éducation dans l'équipe de François Hollande, dans une interview croisée avec le ministre Luc Chatel que publie ce jeudi Libération.

Moins d'enseignants, mais mieux payés pour la droite ; 60.000 postes à créer pour la gauche : l'éducation se confirme comme un des terrains d'affrontements privilégiés de la campagne présidentielle. D'où le besoin pour la gauche de faire front commun pour être incisive sur un terrain présenté comme l'un des grands échecs de Nicolas Sarkozy. François Hollande a ainsi dû faire "une sévère mise au point" à son équipe de campagne, mercredi, après un nouveau couac sur ces fameux postes à créer dans l'Education nationale, une des mesures-phare de son projet. Ce jeudi, c'est Vincent Peillon, chargé de l'éducation dans l'équipe Hollande, qui repart à l'attaque. Sa cible : la volonté exprimée par Nicolas Sarkozy de revoir les missions des enseignants.

  • Ce que disent les "rapports cachés" de l'Education nationale

    Décidé à jouer la transparence, Vincent Peillon a fait publier 17 rapports de l'Inspection générale non rendus publics jusqu'alors. Ecole maternelle, remplacements des professeurs absents, internats d'excellence, suivi des élèves en primaire : leurs conclusions sont rudes.

    Publié le 26/05/2012 Ce que disent les "rapports cachés" de l'Education nationale
  • Les rapports "cachés" de l'Education publiés

    Le ministère de l'Education a publié 17 rapports de l'inspection générale de l'éducation nationale de ces derniers mois, et promet d'en faire de même pour les prochains pour "instaurer une nouvelle relation de confiance entre l'Ecole et la nation".

    Publié le 25/05/2012 Les rapports "cachés" de l'Education publiés
  • Hollande s'en prend à la finance devant un public galvanisé

    Le candidat PS a tenu son premier grand meeting de campagne au Bourget devant près de 10.000 personnes, 25.000 selon les estimations du PS, conquises. Plus qu'un discours sur la France, une première présentation de son programme.

    Publié le 22/01/2012 Hollande s'en prend à la finance devant un public galvanisé
  • Ce dimanche, Hollande se dévoile au Bourget

    Le candidat PS tient son premier grand meeting de campagne au Bourget devant quelque 10.000 personnes. Objectif : créer l'élan populaire et gagner l'adhésion des Français.

    Publié le 20/01/2012 Ce dimanche, Hollande se dévoile au Bourget
  • Guyane : Sarkozy confronté à la violence des orpailleurs

    En visite en Guyane pour y présenter ses voeux à la France d'outre-mer, Nicolas Sarkozy a promis plus de sécurité, alors que l'orpaillage clandestin est de plus en plus violent. Un règlement de compte entre chercheurs d'or illégaux brésiliens a fait neuf morts vendredi.

    Publié le 22/01/2012 Guyane : Sarkozy confronté à la violence des orpailleurs
  • Hollande creuse l'écart avec Sarkozy

    François Hollande, avec 30% des intentions de vote au premier tour de la prochaine présidentielle, accentue son avance sur Nicolas Sarkozy, en baisse d'un point, selon un sondage BVA publié samedi. Marine Le Pen progresse d'un point, François Bayrou de deux.

    Publié le 21/01/2012 Hollande creuse l'écart avec Sarkozy
  • Hadopi ? Hollande fera une nouvelle loi en cas de victoire

    Cette loi mettra à contribution, pour financer la création des oeuvres artistiques, les "fournisseurs d'accès et fabricants de matériels" et non plus les seuls consommateurs, a affirmé le candidat PS lors d'un discours à Nantes jeudi.

    Publié le 19/01/2012 Hadopi ? Hollande fera une nouvelle loi en cas de victoire
  • Hollande et Aubry à Gandrange, lieu des "promesses non tenues" de Sarkozy

    François Hollande et Martine Aubry se sont rendus ensemble mardi à Gandrange, en Moselle, dans une Lorraine sinistrée par la désindustrialisation. L'aciérie ArcelorMittal apparaît à gauche comme l'un des échecs du président Sarkozy.

    Publié le 17/01/2012 Hollande et Aubry à Gandrange, lieu des "promesses non tenues" de Sarkozy
  • Présidentielle : que retenir de tous ces sondages ?

    Après une embellie, Nicolas Sarkozy cède à nouveau du terrain sur François Hollande. Mais le plus notable est la double dynamique de Marine Le Pen et François Bayrou, sur un positionnement anti-sytème. Bataille à quatre ?

    Publié le 17/01/2012 Présidentielle : que retenir de tous ces sondages ?
  • Hollande contraint de préciser son projet après la critique de Hamon

    Le candidat PS a affirmé que les créations de 60 000 postes dans l'Education ne se feraient pas au dépens de supressions dans ce secteur, contrairement à ce qu'affirmait son conseiller au budget Jérome Cahuzac, mais d'autres domaines de la fonction publique. François Hollande a demandé à ses amis d'arrêter les critiques.

    Publié le 18/01/2012 Hollande contraint de préciser son projet après la critique de Hamon
  • L'aile gauche du PS met la pression sur Hollande, la droite en profite

    Benoît Hamon estime que la création de 60.000 postes dans l'Education doit être réelle et non pas se faire au détriment d'autres secteurs publics. Jérôme Cahuzac, chargé des finances chez Hollande a affirmé lundi qu'il n'y aurait pas de postes créés dans la fonction publique d'Etat.

    Publié le 17/01/2012 L'aile gauche du PS met la pression sur Hollande, la droite en profite
  • Hollande et Aubry à Gandrange, symbole des "promesses non tenues" de Sarkozy

    François Hollande et Martine Aubry se sont rendus ensemble mardi à Gandrange, en Moselle. L'occasion, à la veille du sommet social à l'Elysée, de dénoncer la TVA sociale. Le candidat PS a promis de tenir toutes ses promesses s'il est élu.

    Publié le 17/01/2012 Hollande et Aubry à Gandrange, symbole des "promesses non tenues" de Sarkozy
  • Hollande courtise les électeurs guyanais

    François Hollande a passé quelques heures à Cayenne lundi. Une visite de terrain qui permet de réparer un oubli, depuis plus de 50 ans, pas un candidat socialiste n'était passé par la Guyane. En 2007, le département avait voté pour Nicolas Sarkozy.

    Publié le 17/01/2012 Hollande courtise les électeurs guyanais
Plus d'infos

"Commencer par revoir les obligations de service est une erreur et même une faute à l'égard des enseignants qu'on a l'air de désigner comme responsables d'échecs imputables à une politique. Aucun professeur du secondaire ne travaille 15 heures ou 18 heures, mais 37, voire 38 heures", fustige le responsable socialiste dans un entretien que publie Libération. "On ne peut pas traiter ces questions avec des slogans. Après une concertation approfondie, si nous l'emportons, nous prévoyons une loi à l'automne".

"Nicolas Sarkozy ne croit qu'en l'argent"

Sur ce même sujet, Luc Chatel réplique, dans un entretien croisé que publie le même quotidien : "pour moi, il est clair que dans le secondaire, il faut désormais déterminer le temps de travail des enseignants par des heures de présence dans l'établissement afin d'inclure toutes (les) missions, et non plus seulement par des heures de cours comme cela se fait depuis le décret de 1950 sur les obligations de service", soit 18 heures de cours hebdomadaires pour les certifiés, 15 heures pour les agrégés.

Concernant le collège, le ministre de l'Education nationale défend "des parcours différenciés", notamment pour les élèves "qui suivent moins bien à partir de la 4ème et ne sont pas faits pour les matières théoriques": "nous allons les ouvrir au monde professionnel et leur montrer d'autres disciplines". Ce que fustige Vincent Peillon : "Différencier les élèves à partir de la fin de la 5ème est la pire de solutions. Cela a échoué partout dans le monde. Les systèmes qui réussissent sont au contraire ceux qui proposent les parcours communs les plus longs".

A propos des salaires, Luc Chatel plaide, une nouvelle fois, pour "moins d'enseignants mais mieux rémunérés", rappelant "avoir augmenté de 18%" en cinq ans les professeurs débutants qui passeront à 2000 euros bruts au 1er février prochain. "Nicolas Sarkozy ne croit qu'en l'argent. Mais tout le monde ne fonctionne pas qu'à l'appât du gain et ce n'est pas la demande première des enseignants", lui rétorque Vincent Peillon. "C'est même beaucoup de mépris envers eux: il y a encore une autre culture, d'autres valeurs. Quant à la revalorisation qu'il se vante d'avoir faite, c'est de la poudre aux yeux. Il en faudra bien une, mais réelle".

le 19 janvier 2012 à 09:14
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Politique
  

10 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • patdef52, le 19/01/2012 à 15h03

    Chatel a raison, les socialistes avec leurs 60000 nouveaux emplois dans l'Education Nationale prennent les français pour des imbéciles.....!!!!!!

  • sky_92, le 19/01/2012 à 14h09

    Peut etre parce qu'on évite ainsi aux meilleurs de partir dans le privé...

  • sky_92, le 19/01/2012 à 14h08

    Pascalcaen: notre société a élevé les diplomes au piedestal !! Le probleme est là ! on a dévalorisé depuis des années le travail annuel, et de nos jours on se retrouve avec des métiers où l'on cherche des employés car il y a pénurie ! (plombier, électricien et j'en passe)... Alors oui à une réforme non plus sur l'obtention d'un diplome , mais sur une sélection beaucoup plus précoce ! A quoi cela sert d'envoyer jusqu'au bac un éleve qui n'aime pas la théorie ?? Pourquoi refuser de le mettre dans une filière plus adaptée des la 5ème ??

  • kilian0611, le 19/01/2012 à 13h37

    Le niveau ne baisse pas dites vous que c'est risible le bac est donné comme ont donne des papiers aux etrangers CAD en veut tu en voila

  • armada92, le 19/01/2012 à 12h27

    Bravo !

  • pascalcaen, le 19/01/2012 à 11h47

    Les 80% d'une génération au niveau bac est un objectif correspondant aux réalités du marché, les entreprise, refusant de former et réclamant du personnel de plus en plus diplômé. Nous n'avons plus besoin d'ouvriers, mais d'ouvriers qualifiés, connaissant l'informatique, les procédures, la logistique etc. Le niveau ne baisse pas, bien au contraire et plus on a de diplômes, moins on a de risques d'être au chômage, c'est statistique (même si vous allez nous sortir les docteurs au chômage, marginal).

  • titizom, le 19/01/2012 à 11h03

    La motivation peut etre...

  • jaitouvu, le 19/01/2012 à 10h56

    Disons qu'actuellement vu les salaires et pour monter en banlieue parisienne il y a peu de candidats ,l'éducation nationale voit une chute des candidatures qui lui pose un réel problème de recrutement

  • mphi24, le 19/01/2012 à 10h12

    Que Peillon présente la situation exacte de l'Education Nationale en spécifiant le nombre exact d'enseignants, le nombre d'enseignants détachés, le nombre d'enseignants en réserve. Ainsi, si on arrive à connaître le nombre exact des personnels de l'éducation nationale ""qui enseignent réellement"" (à 100 près) on pourra établir le ratio réel entre profs et élèves. Il faut réformer le""mamouth"" afin que nos enfants intègrent la 6° en sachant écrire , lire et compter et puissent être orientés dès la quatrième vers des filières de formation générant des emplois et non pas un cursus "souhaité" par la gauche prévoyant 80% de bacheliers. Que Peillon présente une réforme d'envergure sur l'enseignement professionnel et nous ""verrons"" . Vivement dimanche. On va sûrement rire.....

  • cronan1, le 19/01/2012 à 09h43

    Je ne savais pas que d'augmenter les salaires donnait un meilleur résultat en l'occurence ici dans l'éducation nationale, j'aimerai que l'on m'explique la relation argent/meilleurs résultats dans l'éducation

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience