"Nous ne manifestons pas contre le Premier ministre ni le gouvernement, c'est le contraire", a assuré samedi le secrétaire national d'Europe-Ecologie Les Verts, Pascal Durand, lors du rassemblement contre le projet d'aéroport sur le site de Notre-Dame-des-Landes, en Loire-Atlantique.
Pascal Durand réagissait aux propos du premier secrétaire du PS, Harlem Désir, qui a affirmé samedi qu'un "parti de la majorité gouvernementale ne devrait pas s'impliquer dans des manifestations qui prennent pour cible le Premier ministre", à propos de l'opposition des écologistes au projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, cher à Jean-Marc Ayrault.
Des "petits états d'âme personnels", selon Désir
"Je ne comprends pas que l'on remette en cause la participation de sa formation politique à la majorité, quand nous sommes engagés dans l'action, car nos devoirs à l'égard de la France sont bien plus grands que les petits états d'âme personnels ou les querelles de partis", a ajouté M. Désir.
Le président François Hollande doit écouter la mobilisation contre le projet de futur aéroport de Nantes, a déclaré de son côté, le sénateur EELV Jean-Vincent Placé présent à Notre-Dame-des-Landes. "Le gouvernement ne peut pas rester sur une position aussi figée et aussi caricaturale", a déclaré le sénateur écologiste, réagissant aux propos de M. Hollande, qui a soutenu vendredi le projet d'aéroport cher à Jean-Marc Ayrault, ancien maire de Nantes.
"Un scandale social et écologique"
Vendredi, François Hollande a mis en garde les opposants à la construction de l'aéroport. "Je respecte le droit de manifestation" et "je fais en sorte que tous les recours puissent être traités par une justice indépendante", a déclaré le président. "Mais, en même temps, a-t-il ajouté, il y a aussi la force du droit et la primauté de la volonté, non seulement de l'Etat mais aussi des élus, et au-delà même des alternances politiques".
François Hollande et Jean-Marc Ayrault commettent "une lourde erreur" en cherchant à imposer le projet du futur aéroport de Nantes, a déclaré Jean-Luc Mélenchon, présent à la manifestation de Notre-Dame-des-Landes. "Le projet est absurde", a estimé le coprésident du Parti de gauche.
La mobilisation contre le projet d'aéroport devrait permettre de faire céder le gouvernement, a confié Olivier Besancenot présent à la manifestation. Evoquant la "répression" et le "bras-de-fer qui s'engage face au gouvernement", la figure du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) a dénoncé "un scandale social et écologique, avec des subventions publiques qui vont être massivement données à un groupe qui fait des profits". La concession du futur aéroport a été accordée pour 55 ans au groupe de BTP Vinci. "Cette bataille, je pense que la mobilisation pourra la gagner", a-t-il déclaré, alors que des milliers de manifestants convergeaient vers le site prévu pour la construction de l'aéroport.
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Les élus PS ne sont pas prêt à céder aux opposants
Les élus socialistes locaux favorables au projet de nouvel aéroport ont aussi réagit. "Les gens de l'Ouest, dont nous sommes les élus, ne se laisseront jamais dicter leur destin par des leaders nationaux. Nous ne laisserons pas des Bové, Joly ou Mélenchon mettre en cause le développement de ce territoire", écrivent dans un communiqué ces responsables PS, en référence aux personnalités de gauche ayant fait le déplacement de Notre-Dame-des-Landes.
Si nous respectons les opposants sincères au transfert (de l'aéroport, ndlr), nous voulons exprimer notre ras-le-bol devant la présentation unilatérale, caricaturale et à charge contre ce projet", ajoute le communiqué, signé Jacques Auxiette, président du conseil régional des Pays de la Loire, Philippe Grosvalet, président du conseil général de Loire-Atlantique, Gilles Retière, président de Nantes Métropole, et Patrick Rimbert, le maire de Nantes.










