Durant la campagne législative, Olivier Falorni répond aux questions des journaliste le 12 juin 2012 © JEAN-PIERRE MULLER / AFPAprès la guerre fratricide, la paix ? Cela n'a pas l'air d'être pour demain. Aussitôt les résultats connus, Martine Aubry a assuré dimanche sur TF1 que le tombeur de Ségolène Royal à La Rochelle, le dissident Olivier Falorni, ne serait pas réintégré au PS. La Première secrétaire a estimé, comme la candidate défaite qui parle de "trahison", que ce dernier avait été élu "grâce à 75% des voix de droite et d'extrême-droite" et assuré Ségolène Royal de son soutien et de son amitié.
Mais pendant la soirée, le maire de Dijon François Rebsamen, proche du président François Hollande, a eu cette autre analyse, moins sentimentale. L'échec de Ségolène Royal est un "parachutage qui s'est mal passé, tout simplement", a-t-il commenté. Quant à la possibilité pour Olivier Falorni de siéger sur les bancs du PS à l'Assemblée, le président des sénateurs socialistes a expliqué que "c'est le groupe socialiste qui le dira". "Il sera mal reçu dans un premier temps en tout cas", a averti celui qui avait codirigé la campagne de Ségolène Royal à la présidentielle de 2007, mais "le suffrage universel s'est exprimé après tout". Interrogé plus tard dans la soirée sur iTélé, François Rebsamen a corrigé : "Je pense qu'il ne sera pas intégré dans le groupe ‘socialistes et apparentés' à l'Assemblée nationale", a-t-il déclaré. "Finalement, c'est une élue nationale reconnue, notre candidate de 2007, qui est battue sévèrement, et un ami qui est de facto exclu de ce groupe", a regretté François Rebsamen.
De son côté, le député PS de Seine-Saint-Denis Bruno Le Roux a estimé que "pour l'instant, il ne peut y avoir de réintégration automatique (de M. Falorni) dans le groupe. Mais le problème se posera car il s'est toujours revendiqué du Parti socialiste", a-t-il déclaré sur LCP. Bertrand Delanoë, maire de Paris, a affirmé que le nouveau député de Charente-Maritime siègerait à l'Assemblée comme "divers gauche" et non dans le groupe socialiste. Le député PS Jean-Christophe Cambadélis a observé : "Il a été exclu du Parti socialiste (...) Je ne crois pas qu'il soit juste de le considérer comme socialiste".
Qu'en dit Falorni ?
Et Falorni dans tout ça ? L'intéressé, interrogé par l'AFP, a jugé "consternant" de voir "l'appareil" socialiste "parisien s'enfermer dans son aveuglement". "Et moi, de toute façon, je siégerai à gauche", a affirmé celui qui a reçu le soutien de la compagne du chef de l'Etat, Valérie Trierweiler. "63% des électeurs m'ont choisi, tous les quartiers populaires m'ont mis en tête, et on a une direction nationale totalement autiste, qui ne comprend rien rien", a-t-il affirmé. "Je pensais qu'après avoir tenté d'imposer un choix, avoir fait annuler les primaires (locales des militants, ndlr), tenté d'organiser un second tour avec candidature unique, la réponse des électeurs (de ce dimanche, ndlr) aurait au moins ouvert les yeux à cet appareil", a-t-il poursuivi. "Mais au contraire, il se renferme encore plus. Il n'y aucune justification à cet aveuglement. Mais on ne m'empêchera pas de siéger à l'Assemblée nationale puisque ce sont les électeurs qui, en République, envoient les députés siéger dans l'hémicycle. Et moi, de toute façon, je siégerai à gauche".
Droite dans ses bottes, la patronne du PS a, pour sa part, indiqué lundi matin sur France Info qu'il ne figurera pas dans le groupe socialiste à l'Assemblée nationale. Olivier "Falorni n'est plus socialiste et il ne sera pas dans le groupe socialiste", a-t-elle. Dès dimanche soir, elle avait indiqué que le candidat dissident ne serait pas "bien sûr", réintégré au PS
Interrogé sur le fait que d'autres ténors socialistes soient moins fermes sur cette question, il a répondu : "je me réjouis que certains socialistes fassent preuve de plus de discernement, de raison. Je ne suis pas surpris de François Rebsamen (président du groupe PS au Sénat, ndlr) qui a une attitude beaucoup plus républicaine, car c'est un républicain".










