Ségolène Royal et Olivier Falorni. © AFPOlivier Falorni n'a pas du tout l'intention de se désister en faveur de Ségolène Royal à La Rochelle. Le candidat PS dissident a affirmé lundi sur France Inter que sa décision de se maintenir au second tour était "irrévocable". A la question "Votre décision de vous maintenir est-elle irrévocable ?", M. Falorni répond "oui, elle est prise, elle est irrévocable". Il ajoute qu'il a travaillé ce lundi matin "à sa profession de foi" et que sa "seule préoccupation" est de "préparer le deuxième tour".
En position délicate dans la 1ère circonscription de Charente-Maritime face au dissident socialiste que la droite va soutenir, Ségolène Royal a martelé lundi que les électeurs ne devaient pas "mélanger les voix de gauche et les voix sarkozystes", assurant que François Hollande partageait cette opinion.
En marge d'une tournée de porte-à-porte dans un quartier populaire de La Rochelle, la présidente du conseil régional de Poitou-Charentes a assuré "avoir eu au téléphone Martine Aubry, François Hollande, Jean-Michel Baylet pour les radicaux, Jean-Marc Ayrault". "Ils sont à fond sur la clarté et très choqués que des voix sarkozystes soient appelées pour soutenir le candidat dissident", a-t-elle affirmé. Selon elle, François Hollande "a fait savoir clairement" à Olivier Falorni qu'il "y a des règles en politique, qu'il ne pouvait pas se prévaloir de son soutien, qu'il fallait respecter le suffrage universel, que je suis la seule candidate de la majorité présidentielle". Elle a accusé l'UMP d'avoir "tout fait pour empêcher sa candidate de se maintenir" et dénoncé une situation faite "uniquement pour (lui) faire barrage". "Ce n'est pas de la politique, c'est de la manipulation et des opérations d'appareil", selon elle.
"J'espère que jusqu'au dépôt des candidatures il y a encore un espoir que ce rassemblement se fasse, et s'il ne se fait pas il faut que les électeurs de gauche, les écologistes, les centristes humanistes, tous ceux qui ne veulent pas mélanger leurs voix aux voix sarkozystes viennent massivement sur la candidate légitime qu'on voit davantage sur le terrain que celui qui me traite de parachutée alors que je suis dans ma région", a-t-elle déclaré. Elle a indiqué qu'elle allait "chercher les voix une par une", notamment "dans les quartiers populaires qui n'ont pas voté". "Je ne manque pas de courage et j'espère bien y arriver", a-t-elle dit. Ségolène Royal a obtenu 32,03% des voix dimanche, Olivier Falorni 28,91% et la candidate UMP Sally Chadjaa 19,47%.
Appel d'Aubry à Falorni
Martine Aubry a appelé lundi matin Olivier Falorni à se retirer, en précisant qu'elle avait tenté, en vain, de le joindre au téléphone. "Je le dis avec beaucoup de force, nous devons nous désister pour le candidat de gauche le mieux placé. Quand on est de gauche, on ne va pas essayer de battre une camarade avec les voix de droite", a martelé la première secrétaire du PS. Elle a réitéré son appel lors d'un point presse à la mi-journée.
Avant Martine Aubry, c'est Harlem Désir qui avait appelé le dissident, lundi matin sur I-télé, à "ne pas empêcher que la voix de Ségolène Royal puisse s'exprimer à l'Assemblée". "Ségolène Royal est arrivée en tête. Nous demandons à Olivier Falorni, comme à tous les candidats de gauche arrivés en second, de reconnaître le choix des électeurs", a-t-il dit, appelant le dissident à ne pas "accepter d'être instrumentalisé par l'UMP". Le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, a aussi tenté de le faire changer d'avis, l'appelant "à faire en sorte que Ségoléne Royal soit seule candidate". "Moi je soutiens Ségolène Royal, c'est la candidate du Parti socialiste, c'est une personnalité politique importante qui a été notre candidate à l'élection présidentielle de 2007", a-t-il dit sur France 3.










