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Législatives : à qui profitera l'abstention ?

Edité par
le 06 juin 2012 à 16h54 , mis à jour le 07 juin 2012 à 12h46.
Temps de lecture
4min
Une urne.

Une urne. / Crédits : Montage TF1 News

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Dossier élections législativesBruno Jeanbart, directeur des études politiques à Opinion Way, prédit une abstention forte aux législatives de juin. Il en analyse les effets pour TF1 News.

TF1 News : Traditionnellement, les électeurs se mobilisent moins aux législatives qu'à la présidentielle. Assistera-t-on au même phénomène cette année ?

Bruno Jeanbard, directeur des études politiques d'OpinionWay : Très probablement. Nos indicateurs montrent que la participation devrait s'établir à 60%, comme en 2007. Une fois de plus, le décrochage entre la présidentielle et les législatives devrait être significatif. C'est ce que l'on observe depuis 2002, date à partir de laquelle les législatives sont organisées dans la foulée de la présidentielle. Va-t-on battre le record d'abstention détenu par 2007 ? C'est la question centrale. Quoiqu'il en soit, le niveau d'abstention devrait confirmer une chose : il n'y a plus qu'à la présidentielle que l'on vote massivement. Les électeurs considèrent que le choix majeur est fait et ne voient pas l'intérêt de retourner voter aux législatives.


TF1 News : Qu'est-ce qui pourrait spécifiquement faire varier le niveau de l'abstention cette année ?
 

Bruno Jeanbart : Certains ont l'impression que la campagne est très terne, mais en réalité, elle ne l'est pas plus qu'en 2007 ou en 2002. En revanche, peut-être que la longueur de la campagne joue. Avec les primaires socialistes, on est presque en campagne depuis septembre 2011. Les Français sont lassés. Ils pourraient l'exprimer en désertant les isoloirs. Mais la véritable spécificité de 2012, ce sont les bons scores réalisés par Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen à la présidentielle. Il sera intéressant de regarder si leur électorat respectif se rend aux urnes pour les législatives, pour envoyer des députés à l'Assemblée. L'enjeu du leader du Front de gauche est de reconstituer un groupe parlementaire, soit 15 députés au minimum. Avec les communistes, ils en ont 19. D'après les projections, ils en auraient 20. Ils paraissent assez mobilisés.


TF1 News : Quel parti a le plus à perdre d'une abstention élevée ?
 

Bruno Jeanbart : C'est sans aucun doute le Front national. Le mode de scrutin implique qu'il faut avoir 12.5% des inscrits pour se maintenir au second tour. Avec une participation à 60%, il faut donc en moyenne réaliser 20% des suffrages exprimés pour se maintenir. Mais attention, c'est dans chaque circonscription que se calcule ce pourcentage. Marine Le Pen a dépassé les 20% à la présidentielle dans beaucoup de circonscriptions. Au niveau national, pour les législatives, le FN est plutôt à 18%. Si le FN est à 14% avec une participation à 60%, le FN atteindra le second tour dans 77 circonscriptions. 61 triangulaires et 16 duels - 9 avec la droite et 7 avec la gauche - seraient organisés. C'est à peu près le même niveau si on baisse un peu la participation mais qu'on remonte le niveau du FN.


TF1 News : L'enjeu est important pour le FN puisqu'il n'y a aucun député frontiste à l'Assemblée. Son électorat l'a-t-il à l'esprit ?


Bruno Jeanbart : Il n'y a pas, d'habitude, de surcroît de participation chez cet électorat-là à ce scrutin. Envoyer des députés FN dans l'hémicycle n'est pas un enjeu majeur pour la majorité d'entre eux. D'abord parce qu'ils sentent qu'envoyer le candidat FN au second tour ne suffit pas pour qu'il soit élu. En outre, je ne crois pas qu'ils pensent qu'avoir des élus FN changerait beaucoup leur quotidien. Cet enjeu n'est pas mobilisateur. On remarque en outre qu'une partie des électeurs de Marine Le Pen ont l'intention de revenir vers la droite traditionnelle. Nicolas Sarkozy n'est plus là et leur vote était avant toute la manifestation d'un anti-Sarkozysme. Entre 15% et 20% d'entre eux vont donc voter utile.


TF1 News : Et la gauche, doit-elle redouter l'abstention ?


Bruno Jeanbart : Je ne crois pas que ça mette en danger la majorité de gauche mais elle risque de moins profiter de la dynamique liée à l'élection de François Hollande si son électorat ne répond pas présent. Ça peut resserrer les écarts. L'UMP a en plus davantage de candidats sortants qui peuvent bénéficier d'une "prime au sortant" si la participation est faible. L'enjeu est important : le PS veut avoir la majorité absolue sans ses alliés et les 3/5 du Congrès pour réformer la Constitution. Les socialistes pourraient alors faire adopter le droit de vote des étrangers aux élections locales, qui lui tient à cœur. 


TF1 News : Donc si les Français désertent les urnes, c'est l'UMP qui en bénéficiera le plus ?


Bruno Jeanbart : Oui et non. Non parce que, à l'image de la présidentielle de 2007, la droite fait mieux dans des élections à forte participation qu'à faible participation. Et le 6 mai, Nicolas Sarkozy a limité l'ampleur de sa défaite en raison de la mobilisation des électeurs. En revanche, plus l'abstention est faible, plus l'UMP s'enlève les épines FN du pied. En triangulaire, la droite risque davantage que la gauche de voir son candidat perdre.

Commenter cet article

  • loupy38 : Beaucoup pour pas grand choses, en fait se ne sont que des hypotheses

    Le 07/06/2012 à 10h39
  • look165 : Au bistrot du coin.

    Le 06/06/2012 à 23h47
  • louvie61 : A personne Comme 2+2=4

    Le 06/06/2012 à 19h39
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