Marine Le Pen à Hénin-Beaumont le 10 juin 2012 © AFPAprès son fort score à la présidentielle, Marine Le Pen continue d'afficher le sourire des vainqueurs. Le FN sera présent au 2e tour dans 61 circonscriptions, dont 32 en triangulaires. Crédité dimanche soir de 13,6% des voix au premier tour selon les résultats définitifs, le FN peut espérer avoir un à trois députés, le mode de scrutin étant défavorable aux partis sans alliés. "C'est un très bon score" et "il y a une vraie dynamique" qui pèseront lourd dans la constitution de l'Assemblée nationale, a assuré le responsable de la campagne frontiste, Florian Philippot, lui-même opposé dimanche prochain en duel à un socialiste en Moselle.
Le parti de Marine Le Pen sera en mesure de maintenir ses candidats au second tour dans plusieurs dizaines de circonscriptions. Pour Marine Le Pen, c'est une première victoire : que le FN puisse ou pas, pour la première fois depuis 1998, envoyer un élu sur les bancs de l'Assemblée, il s'impose à son plus haut niveau depuis trois législatures. "Nous confirmons ce soir notre position de troisième force politique de France. (...) La recomposition que nous appelons de nos voeux est en marche", a déclaré la présidente du FN. "Je demande donc à tous les électeurs qui veulent une vraie, une véritable opposition aux socialistes de se mobiliser dimanche prochain, le peuple fera son entrée à l'Assemblée", a-t-elle dit depuis Hénin-Beaumont (nord).
Dans cette circonscription déshéritée du bassin minier du nord de la France, Marine Le Pen, 43 ans, a gagné son pari en arrivant en tête avec 42,4% des suffrages et en éliminant le chef de la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon. Arrivé troisième avec 21,5%, le phénomène de la campagne présidentielle pour ses meetings géants, s'est immédiatement désisté au profit du socialiste local Philippe Kemel, arrivé second (23,5%). Ce duel entre deux ex-candidats à la présidentielle a été la seule bataille de poids lourds d'un scrutin plutôt terne.
Des alliances UMP-FN localement ?
Loin des friches industrielles du Nord, les bastions sudistes du Front national ont aussi porté leurs fruits : la nièce de Marine Le Pen, Marion Maréchal-Le Pen, est arrivée en tête dans la 3e circonscription du Vaucluse avec 34,6% des voix et doit affronter dans une triangulaire un socialiste et un UMP. L'avocat marseillais Gilbert Collard est en bonne voie pour être élu dans le Gard, avec 34,6%, devant une candidate du PS (32,9%) et surtout un candidat UMP, Etienne Mourrut (23,9%) qui "hésite" à se maintenir face au candidat du FN. Cette hésitation sonne déjà comme un succès pour l'héritière de l'extrême droite française, qui n'a eu de cesse de dédiaboliser le parti de son père, tout en espérant peser dans la recomposition de la droite, encore sous le choc de la défaite de Nicolas Sarkozy à la présidentielle. Le patron de l'UMP Jean-François Copé a pourtant rappelé dimanche soir qu'il n'y aurait "pas d'alliance avec le Front national du point de vue électoral, ça c'est clair".
"C'est le retour du Front national sur un certain nombre de territoires où il avait eu quelques difficultés, et ce n'est qu'un début", s'est félicité le vice-président du FN et compagnon de Marine Le Pen, Louis Aliot, entérinant une incontestable "victoire". Car si l'abstention de ce dimanche cache un certain nombre de réalités politiques, les dirigeants du FN, eux, engrangent chaque scrutin comme un enracinement supplémentaire dans l'est et le sud de la France. Avec en ligne de mire les municipales de 2014.










