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Marine Le Pen accuse Mélenchon d'être un "immigrationniste fou"


le 02 juin 2012 à 12h21 , mis à jour le 02 juin 2012 à 14h24.
Temps de lecture
5min
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Dossier élections législativesLes deux candidats aux législatives dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais se sont livrés à une passe d'arme sans concessions samedi matin sur France 3 Nord, notamment au sujet du faux tract diffusé par le FN.

La guerre ouverte entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen a eu lieu en direct, samedi matin lors d'un débat sur France 3 Nord/Pas-de-Calais. Les deux candidats aux législatives dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais se sont notamment livrés à une vive passe d'armes au sujet du "faux tract" du candidat du Front de gauche diffusé par le FN. Ce tract, sur fond vert, la couleur de l'islam, comporte la photo de M.  Mélenchon et l'une de ses phrases prononcées lors d'un discours à Marseille, le  14 avril: "Il n'y a pas d'avenir pour la France sans les Arabes et les Berbères du Maghreb".

Marine Le Pen a accusé Mélenchon d'être un "immigrationniste fou", lui lançant "faut assumer dans la vie". "C'est pas une fausse phrase, c'est un phrase qui a été prononcée", a-t-elle poursuivi. Elle a jugé "quand-même assez pathétique" ce qu'elle a qualifié de "pleurnicheries de chochotte" : "n'ayez pas honte de vos positions, M.  Mélenchon, vous avez envie d'ouvrir la circonscription aux Roms, aux clandestins". "Aux martiens, madame", lui a répondu sur le ton de l'ironie le candidat du Front de gauche. "On a le droit d'avoir un débat sur l'immigration", a-t-il poursuivi, dénonçant la "phobie" de Mme Le Pen, qui "ne pense qu'à ça".

Mélenchon ne sera pas "cumulard"

Il a affirmé qu'il y a dans la circonscription "moitié moins d'immigrés que dans le reste du pays et il y a deux fois plus de chômage". "Il y a déjà un rapport que vous ne pouvez pas établir", a-t-il poursuivi, accusant Marine Le Pen de passer son temps à "dresser les gens les uns contre les autres". "Vous avez sorti un petit tract, et vous vous êtes fait serrer, vous et vos gorilles qui les diffusez, oui oui, nous vous avons attrapés !", a-t-il poursuivi, rappelant qu'une plainte a été déposée. "Si je n'avais pas fait ça, vous ne l'auriez pas reconnu", a-t-il ajouté. "Si j'avais voulu faire ça en secret, je n'aurais pas envoyé mes 100 militants en plein jour", a répondu Marine Le Pen, qui avait promis d'autres tracts.

Jean-Luc Mélenchon a par ailleurs promis qu'il cumulera pas les mandats, en cas de victoire. "Je m'engage à n'être que député", enjoignant les quatre autres candidats avec qui il débattait - outre Marine le Pen (FN), Philippe Kemel (PS), Jean Urbaniak (MoDem soutenu par l'UMP) et Marine Tondelier (EELV) - à faire de même.  "On ne peut pas faire son travail correctement, j'en parle en connaissance de cause, j'ai été cumulard dans le passé. On ne peut pas faire correctement le travail si on cumule les mandats", a dit Jean-Luc Mélenchon, qui est élu au parlement européen. "Je veux être député pour être député. Le député s'occupe de la Nation. Que l'on sillonne ou pas la circonscription est une toute autre question. Nous nous occupons de la France et de tous les Français", a-t-il déclaré. "Ce n'est pas une super-élection municipale, un super conseiller général qu'on va élire", a-t-il ajouté. "Je n'ai rien à voir avec les embrouilles qu'il y a aujourd'hui entre mes camarades socialistes", "je serai le représentant de tout le monde je ne représenterai aucune commune en particulier", a-t-il ajouté.

"La classe politique doit balayer devant sa porte"

Marine Le Pen a elle appelé à n'avoir "aucune complaisance" pour les "élus voyous", citant implicitement le député Jean-Pierre Kucheida, visé par des soupçons de malversations. "Il faut aussi que la classe politique commence à balayer devant sa porte", a poursuivi la candidate du FN. Brandissant un article évoquant Jean-Pierre Kucheida, le député sortant de la circonscription voisine de Liévin, Mme Le Pen a estimé que "celui-là, personne ne s'en est désolidarisé pendant des années et des années alors que tout le monde savait ce qui se passait". "Que vous le condamniez, on le comprend, mais ne dites pas que tout le monde savait parce que c'est pas vrai", a rétorqué le candidat du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon.

"Tous les élus PS siégeaient à tous ces conseils d'administration de la Soginorpa, etc. Ne me dites pas qu'ils n'étaient pas au courant", a conclu Marine Le Pen, s'adressant notamment au candidat PS Philippe Kemel, également présent lors de ce débat, auquel participaient la candidate d'EELV Marine Tondelier et le candidat Modem soutenu par l'UMP, Jean Urbaniak. Jean-Pierre Kucheida est visé par des enquêtes préliminaires à propos d'accusations d'irrégularités dans le fonctionnement de plusieurs sociétés d'économie mixte qu'il dirige, dont la Soginorpa, qui gère 63.000 anciens logements miniers. Jean-Pierre Kucheida a été exclu mardi soir du PS pour avoir déposé une candidature dissidente aux législatives, dans sa circonscription.

Mélenchon et Le Pen ont fait de la circonscription un "cirque médiatique"

Lors du débat, les autres candidats ont tenté d'exister, tant bien que mal. "Le combat Front contre Front, je ne suis pas sûre que ce soit ça qui sortira la circonscription de sa situation. Moi, j'ai envie de travailler main dans la main, dans le respect et dans la concentration et là, franchement, on s'en éloigne. On a besoin de calme pour travailler", a déclaré Marine Tondelier, évoquant "les rumeurs incessantes de corruption et le cirque médiatique". "Il y a des gens qui ont beaucoup de temps beaucoup d'argent, et beaucoup d'énergie militante à perdre dans des faux tracts, dans des guerres d'affiches, à sept équipes à temps plein, sous les ponts, dans les affichages publics, on dirait une ville sous occupation, c'est insupportable", a-t-elle poursuivi. "Le bassin minier, il est fatigué, il est fâché et il devient furieux", a affirmé la candidate écologiste. "Cette élection, c'est bien une élection législative. A vouloir rejouer l'énième tour des élections présidentielles, on arrive à cette situation où on vole véritablement l'élection aux habitantes et aux habitants de cette circonscription", a estimé le candidat socialiste Philippe Kemel. "Ce qui est important, c'est de continuer à discuter sur les sujets de fond. Le contexte de la campagne, c'est l'écume des jours, et je n'ai rien à faire de l'écume des jours", a-t-il ajouté. "Ce débat n'est pas digne de notre population. Ici nous sommes une population digne, qui reste debout, qui travaille, et elle mérite véritablement des propositions fortes", a encore dit M. Kemel. "Le carré de l'hypothénuse parlementaire est égale à la somme de l'imbécilité construite sur ces deux bords extrêmes, voilà où nous en sommes", s'est exprimé pour sa part le candidat MoDem-UMP Jean Urbaniak.

Commenter cet article

  • franky37 : Ababord : si bien éveillés pour confondre parlement européen et parlement français, et pour dire qu'à deux contre je ne sais plus combien, les Le Pen ne peuvent rien faire dans cette assemblée ! Vous proposez donc d'appauvrir un pays pour favoriser les ressortissants d'autres nations ! Faire baisser artificiellement les salaires pour favoriser l'étranger est donc votre meilleur solution ! "l'humain d'abord" qui deviendra une bête sauvage quand il ne pourra même plus s'acheter une demie baguette chaque jour, l'autre moitié ayant été donnée à vos amis de l'étranger ! Etrange conception du partage : donne moi ta montre, je te donnerai l'heure !

    Le 04/06/2012 à 07h23
  • ababord : Chti au baptiste Nous sommes des centaines de milliers bien réveillés au Front de Gauche!

    Le 03/06/2012 à 10h39
  • barouch75 : Mélenchon contre Le Pen : triste spectacle. La politique, c'est pas ça !

    Le 03/06/2012 à 10h36
  • bobotte71 : Ababord : les deux ,il faut s'en prendre au deux.

    Le 03/06/2012 à 10h23
  • libertecherie65 : Mais ils ont montebourg et moi je.....de quoi se plaignent -ils encore....

    Le 03/06/2012 à 09h51
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