Segolène Royal à Poitiers, le 18 juin 2012. © ALAIN JOCARD / AFPElle était restée plutôt discrète depuis sa défaite de la veille. Seuls bruits autour d'elle? Ceux des journalistes postés devant son domicile de La Rochelle mais aussi ceux sur sa non-venue puis sur sa venue à la session plénière du Conseil régional de Poitou-Charentes, dont elle est la présidente (Lire : Après "l'épreuve" de la veille, Royal cherche "un autre chemin"). Arrivée à Poitiers en milieu d'après-midi, elle n'aura assisté qu'à la fin de cette réunion organisée tous les trois mois et dirigée, exceptionnellement, par trois vice-présidents. Et n'aura même pas croisé Olivier Falorni, son adversaire lors du second tour des élections législatives, venu officialiser sa démission au poste de conseiller général.
"Comme tout général en chef, on doit rester près de ses soldats. C'est un peu ce que j'ai fait à La Rochelle ce matin", a-t-elle déclaré lors d'un point presse pour expliquer son arrivée tardive à la session du Conseil régional. "Je me dois de tenir bon car c'est moi qui ai mené ce combat difficile", a-t-elle ajouté. La candidate malheureuse aux législatives a ensuite évoqué ce second tour qui l'a "privée d'une place à l'Assemblée nationale, que je désirais ardemment". "Je suis aussi privée de la présidence de l'Assemblée nationale, que je désirais ardemment, mais pas par ambition personnelle", a-t-elle précisé.
Réponse à Falorni
Elle a dit avoir "pris acte avec lucidité et courage" de la décision des électeurs. "Je réflechis à la meilleure façon dont, en complément de cette activité [au Conseil régional de Poitou-Charentes], je peux être utile à notre pays". Elle a assuré qu'"aujourd'hui était un autre jour" et que les querelles de la veille étaient derrière elle. "Comme vous le voyez, je reprends mes travaux à la tête de la région, travail passionnant et exigeant", a-t-elle assuré avec le sourire. A-t-elle reçu des messages de soutien de la part de membres du PS après sa défaite face au dissident socialiste? "Beaucoup, beaucoup de messages de soutien", a-t-elle répondu. "Qui?" lui demande un journaliste. Visiblement gênée, Ségolène Royal rigole légèrement avant de simplement redire qu'elle avait eu "beaucoup de messages de soutien".
Lorsqu'on l'interroge sur la personnalité qu'elle verrait bien au perchoir, elle dit que ce sujet "ne répond pas à [ses] compétences". Elisabeth Guigou, qui est une femme comme elle? "Ne me réduisez pas à mon genre, comme disent les féministes", a-t-elle répliqué dans un éclat de rire. Quant à Falorni, qui a été relégué au fond de la salle du Conseil régional par les membres du groupe PS (Lire : Falorni préfère son "siège éjectable" au "parachute de Royal" ), elle a rétorqué que "là aussi, des décisions ont été prises dans le groupe majoritaire. Ce sont ses responsables qui ont à répondre à ces questions". Et de conclure, tout en humour : "Ceux qui sont au fond, ce n'est pas gentil de dire qu'ils sont relégués. Au contraire, ils ont une vue panoramique".









