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Présidentielle 2012 : les couacs du 1er tour

Laurent Deschamps par
le 26 avril 2012 à 16h32 , mis à jour le 26 avril 2012 à 22h38.
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5min
Un bureau de vote dans le 13e arrondissement de Paris/Image d'archives

Un bureau de vote dans le 13e arrondissement de Paris/Image d'archives / Crédits : A.Ga.

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Dossier Election présidentielleSi le Conseil constitutionnel a confirmé mercredi les résultats du premier tour de la présidentielle, relevant que le scrutin s'était "déroulé sans incident majeur", le vote n'a pas été exempt de couacs. Florilège.

Dimanche, plus de 45 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes pour le 1er tour de la présidentielle 2012. Au total, ce sont près de 35 millions de personnes qui ont qualifié François Hollande (28,63%) et Nicolas Sarkozy (27,18%) pour le 6 mai. Mais si le Conseil constitutionnel a confirmé mercredi les résultats, relevant que ce premier tour s'était "déroulé sans incident majeur", le scrutin n'a pas été exempt de couacs. Florilège.
  
Des votes annulés pour vice de forme
L'organisation d'élections, c'est avant tout une affaire de détails. En témoignent les différentes annulations qui ont sanctionné divers vices de forme sur tout le territoire :
-   A Pont-sur-Seine (Aube), où 535 suffrages ont été exprimés, les résultats ont été annulés parce que le président du bureau de vote s'opposait à ce que le magistrat délégué du Conseil constitutionnel chargé de suivre les opérations électorales accomplisse sa mission.
-  A Bourg-d'Oueil (Haute-Garonne), les 19 suffrages exprimés ont été annulés en raison de l'absence d'isoloir.
 - A Lissac (Haute-Loire), c'est l'absence de liste d'émargement qui a conduit à l'annulation des 204 suffrages exprimés.
-  Le dépouillement des votes du bureau de vote n°18 d'Anglet (Pyrénées-Atlantiques) a été procédé à huis clos, entraînant l'annulation de l'ensemble des 833 suffrages émis.
-  Dans le bureau n° 67 de Limoges (Haute-Vienne), les bulletins de vote au nom d'un candidat n'ont été mis à la disposition des électeurs que tardivement. Les 920 suffrages exprimés ont été annulés.
-  Dans le bureau n° 56 de Bouéni (Mayotte), l'incohérence entre les chiffres communiqués et l'impossibilité de contrôler les bulletins déclarés blancs ou nuls a conduit à annuler l'ensemble des suffrages émis.
 
Pas assez de bulletins ? Faites-le vous-même
C'est le Parisien qui a révélé l'information jeudi : à court de bulletins de vote pour certains candidats dimanche, lors du premier tour, le maire d'Etréchy (Essonne) a fabriqué des bulletins manuscrits. Une information confirmée par la mairie de la commune de 6000 habitants. Elle fait état de "beaucoup" de bulletins manquants, sans en préciser le nombre, et indique que tous les bureaux de vote de la commune ont été concernés. Le maire (DVD) d'Etréchy, Julien Bourgeois, évoque la fabrication d'"une cinquantaine de (bulletins au nom de) Sarkozy (...) et d'une poignée de (bulletins au nom de) Mélenchon". La préfecture de l'Essonne a indiqué n'avoir pas été saisie de ce problème, et affirmé avoir "fourni suffisamment de bulletins pour pouvoir alimenter les bureaux de vote. En cas de problème, (la mairie) aurait pu contacter la préfecture, qui avait des bulletins en stock". Rien n'a été inscrit au procès-verbal délivré à l'issue du vote, a encore souligné la préfecture. Le procès-verbal, obligatoirement délivré pour chaque bureau de vote, retrace le déroulement des opérations, et, selon le code électoral, "toutes les réclamations et décisions (y) sont inscrites". Contacté, le Conseil constitutionnel n'était pas en mesure jeudi midi de commenter ces faits.
 
Selon l'article R66-2 du code électoral,"sont nuls et n'entrent pas en compte dans le résultat du dépouillement (...) les bulletins imprimés d'un modèle différent de ceux qui ont été produits par les candidats ou qui comportent une mention manuscrite", excepté pour les élections municipales dans les communes de moins de 3500 habitants. Affaire à suivre, donc...
 
Vote de l'étranger, vote compliqué
Le Conseil constitutionnel a par ailleurs relevé une difficulté avec le vote des Français inscrits sur des listes électorales à l'étranger et qui avaient demandé, avant la fin 2011, leur radiation pour être inscrits en France. "Leur vote ne s'est pas toujours déroulé dans des conditions satisfaisantes", a-t-il constaté, demandant au gouvernement de renforcer au second tour le dispositif mis en place par le ministère des affaires étrangères.
  
A voté... 2 fois !
La préfecture de Meurthe-et-Moselle a annoncé mercredi avoir signalé au Conseil constitutionnel qu'un électeur avait voté deux fois dimanche, à son nouveau domicile de Biscarosse (Landes) et à Villers-lès-Nancy, où il n'avait pas été radié. "Cet électeur habitait auparavant à Villers-lès-Nancy et il a déménagé à Biscarosse, où il s'est inscrit sur les listes électorales", a expliqué la préfecture, qui a également saisi la Commission départementale de recensement des votes. Pour le premier tour de l'élection présidentielle, l'administré a donné procuration à une personne de confiance pour aller voter à Biscarosse. "Dimanche, il se trouvait chez son fils, en Meurthe-et-Moselle. Or, quand son fils est allé voter, on lui a remis la carte électorale de son père. Ce dernier a alors décidé d'aller voter à Villers-lès-Nancy", ont indiqué les services de l'Etat.
 
Selon eux, la mairie de Villers n'a pas été alertée par la mairie de Biscarosse du changement d'adresse. Mais l'administré soutient qu'il avait coché la case "Déjà inscrit dans une autre commune" lorsqu'il s'est inscrit sur les listes électorales à Biscarosse, en 2011. "Nous avons fait un signalement à la Commission de recensement des votes. Si la case n'a pas été cochée, alors l'électeur s'expose à des sanctions pénales", précise la préfecture.
 
L'article L 93 du Code électoral dispose en effet que l'"inscription multiple pour aller voter plus d'une fois" est punie de deux ans d'emprisonnement et 15.000 euros d'amende.
 
Objections rejetées...
Enfin, outre ces quelques bugs dans la machine électorale, le Conseil constitutionnel a rejeté des réclamations en nullité parce que des candidats se sont présentés sous un nom qui n'est pas celui de leur état civil (par exemple Nicolas Sarkozy est né Sarkozy de Nagy-Bocsa). "Cette circonstance ne saurait, en l'abence de toute confusion possible sur leur identité, être regardée comme ayant pu induire en erreur le corps électoral", a-t-il jugé.

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  • claudcouledouce : Votre vrai pseudo, c'est Jadza ou Candide ?

    Le 27/04/2012 à 02h34
  • jazda : Premier tour faussé, il faut recommencer. Manque de sérieux, de responsabilité

    Le 26/04/2012 à 20h21
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