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Au salon de la fiscalité, des épargnants résignés

par
le 06 avril 2012 à 05h45 , mis à jour le 06 avril 2012 à 10h10.
Temps de lecture
4min
investisseur finances personnelles

Crédits : Photodisc / Thinkstock

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Dossier Election présidentielleREPORTAGE-Si certains épargnants fortunés envisagent l'expatriation, la plupart attendent la prochaine mesure fiscale post-élection présidentielle en haussant les épaules.

"Il n'y a pas grand monde, ils sont tous partis en Suisse". Il n'y a certes pas foule en début d'après-midi, jeudi 5 avril, dans les allées du salon Fiscap, au palais des congrès à Paris. Mais le salon "de l'ingénierie fiscale, patrimoniale et financière" se remplit peu à peu d'hommes en costume trois-pièces, de quelques retraités et de rares femmes aux lourds colliers. "Des gens assujettis à l'ISF", précise Bettina Mannina, une organisatrice. Leur objectif : trouver des informations, pourquoi pas des produits, pour placer son argent en ces temps de plans de rigueur et de propositions fiscales plus ou moins agressives des candidats à l'élection présidentielle.

Et des produits, il y en a pour tous les goûts. Des marchands d'art aux vignobles en passant par des petites et moyennes entreprises (PME), (presque) tout ce qui propose une défiscalisation disposait d'un stand. Derrière le pupitre "France Galop" une hôtesse d'accueil, foulard rouge en soie noué à son cou explique que "l'on peut aussi investir dans des loisirs et des passions". "Avant de penser à investir, il faut penser passion, loisir, poursuit un client présent sur le stand, la différence entre un cheval et un bateau, c'est que le bateau vous coûte de l'argent alors que le cheval vous permet d'équilibrer votre coût et avec un peu de chance, vous pouvez gagner un peu d'argent. Et si vous avez beaucoup de chance..."

"Victime désignée"

Les visiteurs, chevalière en or, teint hâlé et/ou manteau qui fut un jour un animal, viennent avant tout pour poser des questions précises. Jean-Claude, vient se renseigner sur des produits immobiliers inclus dans l'assurance vie, sur lesquels la fiscalité est avantageuse. "Mais ce sera sûrement bouché par Bercy prochainement", explique ce retraité investisseur privé. "J'attends que ça passe. Je suis une victime désignée puisque j'ai un petit capital et que cela ne plaît pas", répond-il en haussant les épaules. "Si la gauche passe, c'est l'ennemi du capital. Et si la droite passe, elle sera obligée d'augmenter les impôts".

"Il faut bien trouver de l'argent" répondent des gestionnaires de fortunes. "Que ce soit la gauche ou la droite, on va perdre de l'argent", ajoute Franck Ramaherison, conseiller en investissement immobilier à l'international. "Il y a beaucoup de fortunes qui vont s'installer à la frontière belge. Ce sont des gens qui veulent vivre là où la fiscalité est encore supportable". Même s'il admet que ces départs sont stables. "En 1981, je suis parti aux Antilles, si Hollande passe, j'y retourne !", s'exclame Patrick, qui se présente comme "marchand de biens".

Et l'"exit tax" ? Et ces propositions de Nicolas Sarkozy comme de François Hollande de plus taxer ceux qui partent s'expatrier pour payer moins d'impôts ? "Il y a de la peur, oui..." répond le conseiller en immobilier. "Dans le contexte actuel, il y a plein de fantasmes, constate, de son côté, un professionnel de la place luxembourgeoise, les gens se demandent si la France est encore le pays où il faut être et se demandent si le Luxembourg peut améliorer les choses". Le Luxembourg était à l'honneur du salon cette année. Mais "si la fiscalité est la seule raison pour envisager une expatriation, alors nous recommandons de ne pas le faire", poursuit le professionnel luxembourgeois qui invoque l'envie de vivre dans ce petit pays.

A la recherche de la stabilité fiscale

Un des attraits du Luxembourg, souligne-t-il, réside dans sa stabilité fiscale. En France, "les gens sont pommés, souffle Franck Brunschwig, conseiller en gestion de patrimoine à Génération finance. Il y a des mesures qui sont prises, puis de nouvelles, des mesures rétroactives, des mesures non rétroactives... et quid de demain ?" "Pour les mesures qui sont déjà passées, c'est trop tard", soupire Eric, qui investit dans les actions "par plaisir mais aussi pour améliorer mon patrimoine", "après, cela dépendra du président qui sera élu, il faut suivre, être vigilant et voir ce que je peux faire derrière".

A 15h45, dans la salle "Neuilly", un parterre d'hommes bruns ou poivre et sel écoute des gestionnaires débattre "actions, obligations monétaires, or et gestion alternative : quelles stratégies gagnantes pour 2012 ?". Depuis trois jours, le CAC 40 est en baisse - il finira finalement en très légère hausse ce jeudi - et les Etats européens empruntent à des taux en hausse. De quoi commencer à inquiéter. "Je pensais que cela commencerait juste après le premier tour. On va voir si le marché a une quelconque confiance dans nos hommes politiques", commente un intervenant, dont le pupitre est floqué d'une énorme banière "gestion de fortune". "Et cela ne s'arrête pas aux élections présidentielles. Nous avons entre trois et six mois difficiles à passer avec une volatilité extrême des marchés".

"Il n'y a pas de visibilité aujourd'hui", ajoute Bettina Mannina à propos des élections. Les petits investisseurs, résignés à devoir payer, attendent que la crise passe.

Commenter cet article

  • inspatatrac : Parce qu ils n ont ete habitue qu a donner 50% c est vrai que l on n est pas solidaire quand on ne paye que 50 ou 55% d impots...c est une plaisanterie votre commentaire? C est une blague du 1er avril un peu en retard? Par pitie....

    Le 07/04/2012 à 06h05
  • inspatatrac : A se tordre de rire une telle meconnaissance a tous les niveaux: humain, economique, politique...inimaginable de lire des choses pareilles....

    Le 07/04/2012 à 06h04
  • inspatatrac : Il faut etre un benet pour avoir un patrimoine important et rester en France...desole mais c est ce que vous avez fait de ce pays...seuls ceux qui ne peuvent pas partir restent....et oui....

    Le 07/04/2012 à 06h00
  • jj.calvi06 : Ne vous inquiétés pas,nous irons tous habités dans des campings car et aucune adresse fixe,les feuilles d'impôts resterons sur place et les politicars pourrons les payées pour nous. Il y a mieux ( le bateau ) le courrier n'arrive plus du tout .Adresse poste restante: Assemblée Nationale pour l'aide aux Français d'en bas.

    Le 06/04/2012 à 17h42
  • rose-marie54 : @supersumo: Quand on est riche la nationalité ne compte plus!!

    Le 06/04/2012 à 13h32
      Nous suivre :
      Il marque 4 paniers en 30 secondes et empoche… 10.000 dollars !

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