Marine Le Pen le 18 janvier 2012 à Montbéliard © A.F.P./S.BozonL'Ile était tombée à gauche aux régionales de 2010, elle place la candidate du FN en deuxième position au soir du 1er tour de la présidentielle. La candidate du Front national arrive deuxième dans les deux plus grandes villes corses : à Ajaccio derrière Nicolas Sarkozy, et à Bastia derrière François Hollande. Sa forte poussée lui a même permis d'arriver en tête dans certains villages.
Une nette progression analysée comme un vote de défiance envers le président sortant, qui avait obtenu plus de 60% des voix en 2007 (37% au premier tour) mais qui s'est très peu rendu en Corse durant son mandat. Marine Le Pen a ainsi recueilli les suffrages de certains nationalistes insulaires, alors que son père n'a jamais été le bienvenu dans l'île où il fut même empêché de tenir des réunions publiques lors des campagnes précédentes.
L'inconnue du vote nationaliste
Nicolas Sarkozy, qui avait pu siphonner les voix du FN en 2007 (Jean-Marie Le Pen obtenant en Corse 15,26% des voix au premier tour), a été victime dimanche du processus inverse. Il apparaît toutefois difficile de prévoir comment ce vote protestataire se manifestera au second tour. Le président candidat, en tête au premier tour, devrait voir son avance diminuer au soir du 6 mai. Une inversion de tendance au bénéfice de François Hollande semble toutefois peu probable, même si l'écart entre les deux hommes devrait être restreint.
Le vote des nationalistes (36% aux territoriales) demeure une inconnue du second tour. Si les dirigeants du parti indépendantiste Corsica Libera avaient indiqué ne pas participer à une élection qui à leurs yeux ne concerne pas la Corse, les modérés n'avaient pas donné de consigne de vote et leurs dirigeants devraient se prononcer entre les deux tours.
Autre enseignement du vote de dimanche, le faible score de Jean-Luc Mélenchon, quatrième avec 9,85% des suffrages, alors que l'Assemblée de Corse est présidée par un communiste et que le Front de gauche a mené une campagne très active dans l'île. Le candidat centriste François Bayrou, qui dispose de peu de relais en Corse, s'est effondré, arrivant cinquième avec seulement 5% des voix, contre 12,36% il y a cinq ans. Enfin, Eva Joly qui avait reçu le soutien de certains nationalistes modérés, n'a obtenu que 2,34% de suffrages, en dépit de l'importance des questions d'environnement en Corse. Avec 25,68% d'abstention, la participation a été un peu moins élevée qu'au premier tour de 2007 (24,50% d'abstention).













