Débat d'entre-deux-tours Hollande-Sarkozy le 2 mai 2012 : montage © TF1/LCI/A. GautierPlus qu'un bilan du débat, c'est une continuation du débat... par d'autres moyens, à laquelle se livrent ce jeudi matin François Hollande et Nicolas Sarkozy. L'échange fut tendu mercredi soir, sans temps morts, sans respiration ; les propos âpres, les arguments fouillés, hésitant entre querelle de chiffres et affrontement de personnalités. Ce jeudi, l'un comme l'autre semblent vouloir encore en découdre. Pour le candidat socialiste, le débat a tout d'abord permis de clarifier les positions des deux finalistes. "Je veux dire aux Français qui nous écoutent: vous avez tous les éléments, il n'y a rien de fait, rien de gagné, c'est le suffrage universel qui doit désormais l'emporter sur toute autre considération", a déclaré François Hollande sur France 2 après avoir appelé tous les électeurs à voter au second tour le 6 mai. Mais aussitôt, prié d'indiquer quels sujets il aurait aimé voir figurer à l'agenda de la discussion si elle avait pu durer plus longtemps, François Hollande a évoqué la santé, le handicap et le logement. "J'avais des choses à dire sur l'accessibilité, la lutte contre la discrimination qui est faite (aux handicapés, NDLR)", a-t-il dit. "Sur le logement, une des questions oubliées, j'aurais précisé mes propositions. J'aurais insisté sur les terrains de l'Etat que j'entends mettre à la disposition des collectivités locales et l'encadrement des loyers", a-t-il ajouté.
Un point dont il se félicite : "C'est sur mes propositions que le débat s'est engagé. On peut les approuver, on peut les contester (...). Sur le contrat de génération (...), sur la fiscalité (...), sur l'immigration (...), c'est sur mes propositions que le débat s'est effectivement tenu", a-t-il dit sur France 2. "Ceux qui avaient pensé que Nicolas Sarkozy, parce que candidat sortant, pouvait avoir je ne sais quel avantage lié à sa fonction et qu'il y aurait de ma part comme une intimidation, rien n'a été de ce point de vue vérifié", a estimé le candidat PS à l'Elysée ensuite sur France Inter. Pense-t-il avoir gagné, avec ce débat ? "Non, je ne dis pas cela, c'est aux Français d'en décider eux-mêmes".
"Le débat a été assez républicain"
François Hollande a également fait valoir qu'un seul grand débat entre les deux tours de l'élection présidentielle avait eu le mérite de dramatiser l'enjeu du scrutin, alors que Nicolas Sarkozy avait réclamé trois débats au soir du premier tour le 22 avril. "Un débat a une part de dramaturgie. Un débat doit être long, intense, autant qu'il est possible, profond. Il n'y aurait pas eu 20 millions de téléspectateurs s'il y avait eu plusieurs débats, je voulais cette solennité, cette gravité", a souligné le candidat socialiste. "Le débat devait être ferme, dur, mais ne devait pas, à mon sens, être celui de l'invective, parce que les Français ne l'aiment pas ce climat-là, je veux rassembler."
Nicolas Sarkozy a estimé pour sa part, au lendemain de son débat avec François Hollande, que "jamais une élection n'aura été aussi indécise", et que le résultat du second tour "se jouera dans un mouchoir de poche". "Le débat a été assez républicain", a-t-il affirmé sur RTL, ajoutant : "je pense qu'il y aura un vote très important pour le second tour" de l'élection présidentielle, dimanche. Se félicitant de "l'audience très importante" pour le débat de mercredi soir, Nicolas Sarkozy a affirmé : "bien fou celui qui peut dire qu'un débat qui se déroule devant peut-être plus de 20 millions de télespectateurs n'a aucune importance".
Mais il a aussitôt embrayé en ironisant sur le recours au référendum évoqué la veille par son rival socialiste à propos du droit de vote des étrangers non communautaires. Le président-candidat a indiqué qu'il voterait "contre" si François Hollande soumettait cette proposition à une consultation populaire, comme il en a exprimé l'intention, avant de lui reprocher d'avoir "encore une fois changé d'avis". Et d'argumenter : "Quand j'ai proposé le référendum au début de la campagne, M. Hollande a dit 'M. Sarkozy est un populiste'. Je vois qu'il termine la campagne sur une proposition de référendum, ça devait pas être une si mauvaise idée".














