Donné légèrement derrière Nicolas Sarkozy dans la plupart des sondages récents, François Hollande interrompt une tendance constatée au mois de mars. Il repart de l'avant, tandis que son concurrent se tasse, selon cinq sondages consécutifs publiés depuis jeudi. Le candidat du PS gagne 1 point dans deux sondages, 0,5 dans le troisième et en perd 2 dans le dernier. De son côté, le président sortant et candidat de l'UMP reflue de 0,5 point dans deux d'entre eux, d'un point dans le troisième, dégringole même de 4 points dans le 4e (CSA). Dans le Sofres publié vendredi, il recule aussi de trois points.
Compte tenu des marges d'erreur, l'avance de trois points de François Hollande dans le sondage BVA (30% contre 27%) est insuffisante "pour garantir avec une absolue certitude sa prééminence aujourd'hui, et encore moins pour spéculer sur son avance au soir du 22 avril", nuance Gaël Sliman, directeur de BVA Opinion. De son côté, Nicolas Sarkozy "voit sa dynamique s'essouffler", estime Adelaïde Zulfikarpasic, de LH2. "Le partage du temps de parole, l'impact très limité de la présentation de son programme de candidat, et aussi l'effet Mélenchon qui attire la curiosité loin du candidat soutenu par l'UMP, tout cela nuit à la campagne de Nicolas Sarkozy", renchérit Jérôme Sainte-Marie (CSA). Comme CSA, BVA et LH2 attribuent le redressement de François Hollande à l'annonce des mesures qu'il prendrait pendant la première année de son quinquennat s'il était élu, ce que Adélaïde Zulfikarpasic appelle "les retombées concrètes sur la vie quotidienne des Français". Les instituts notent que François Hollande progresse sur sa gauche, gagnant des soutiens chez ceux qui étaient passés chez Jean-Luc Mélenchon.
Dans les quatre sondages, le candidat socialiste progresse par rapport à Nicolas Sarkozy au second tour. Ces quatre études donnent le candidat socialiste largement vainqueur si la présidentielle avait lieu dimanche, par 54% (institut OpinionWay), 55% (LH2), 56% (BVA) ou même 57% (CSA), soit une progression de un à deux points par rapport à fin mars ou début avril.
Parallèlement, la bataille s'annonce serrée pour la troisième place entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. L'institut CSA voit le candidat du Front de gauche progresser à 17% d'intentions de vote (+2) mais les trois autres enquêtes le font reculer à 13% des suffrages. La présidente du Front national est créditée de 14 à 16%. François Bayrou est, lui, systématiquement relégué à la 5e place de la course au premier tour, entre 10 et 11%.
Match serré entre Mélenchon et Marine Le Pen
La baisse de Nicolas Sarkozy profite à Marine Le Pen, qui avait fait les frais au mois de mars de la lente hausse du président candidat. Entre ces deux candidats toutefois, les mouvements sont moins forts et moins nets. La candidate de l'extrême droite progresse nettement selon BVA et CSA (+2) mais faiblement chez LH2 (+0,5), tandis qu'elle est stable pour OpinionWay. Elle "semble retrouver une certaine dynamique", commente prudemment Gaël Sliman. Mais avec 1 à 3 points de plus (correspondant aux marges d'erreur des sondages) que Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen reste sous la menace de son adversaire irréductible. "Ce match symbolique promet donc d'être très serré", ajoute BVA.
Par ailleurs, le rapport de force droite-gauche reste extrêmement favorable à celle-ci (entre 44% et 46% contre moins de 30% à la droite parlementaire). Cette équation explique la domination de François Hollande dans les sondages d'intention de vote pour le second tour. D'autant, selon Gaël Sliman, que les reports de voix du FN sur Nicolas Sarkozy (un sur deux) sont stables.













