François Hollande sur le plateau de France 2 le 12 avril 2012 © AFPLes reprises d'usines à crédit dans la ligne de mire de François Hollande. Le candidat socialiste à l'Elysée en déplacement mercredi à Montataire (Oise), s'est engagé à revenir sur la procédure financière dite du Leverage buy out (LBO, rachat d'une entreprise à crédit par endettement), auprès des salariés d'une usine menacée de fermeture. Cette procédure permet d'acheter une entreprise en difficulté en s'endettant auprès d'une banque. Elle permet à l'entreprise mère de diminuer son imposition du montant des intérêts de la dette créée pour l'occasion.
"Le législateur devra revenir sur cette procédure, parce que vous n'êtes pas les seules victimes", a-t-il déclaré lors d'une rencontre avec les représentants des 255 salariés de l'usine Still-Saxby (chariots-élévateurs), dont les licenciements doivent commencer en septembre.
"C'est le même processus: un groupe financier vient, reprend pour une somme modique les capitaux d'une entreprise, et se rémunère en empruntant et en se faisant rembourser ses emprunts par les bénéfices de l'entreprise", a-t-il expliqué.
Réserver le LBO aux salariés et aux cadres
"Le législateur aura à revenir (sur le LBO) de façon à le réserver exclusivement aux salariés et aux cadres d'une entreprise, et pas à des groupes financier qui viennent prendre la substance d'une entreprise et la vendre après", a-t-il conclu.
En cas de victoire, "nous ferons en sorte que le dossier de Still soit prioritaire", "pour avoir le meilleur plan de réindustrialisation", a-t-il promis, dénonçant "une inertie des pouvoirs publics" et glissant au passage sur le ministre de l'Industrie, l'ex-PS Eric Besson: "un destin de traître, ça vous suit toute la vie".
L'usine Still de Montataire appartient au groupe allemand Kion, dont les actionnaires sont la banque Goldman Sachs et un fonds de pension américain KKR. "KKR+Goldman Sachs=tueurs d'emplois", lit-on à l'entrée du site. La production doit être transférée en partie en Italie.
Le candidat du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, qui s'était rendu auprès des salariés de Still le 18 novembre, avait rendu un hommage à la "dignité ouvrière".
Interrogée par l'AFP, l'Association française des investisseurs en capital (Afic) s'est refusée à tout commentaire, rappelant qu'en 2010, les 625 entreprises qui étaient, en France, sous LBO mené par un membre de l'Afic, ont vu leurs effectifs augmenter de 17.200 emplois.














