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Sous la menace FN, l'UMP obligé de jouer collectif jusqu'aux législatives

Axel Constantinoff par
le 07 mai 2012 à 14h36 , mis à jour le 07 mai 2012 à 16h22.
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4min
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Dossier Election présidentielleLa défaite digérée, l'UMP doit repartir dans la course aux législatives, en front uni, assurent lundi ses ténors. Mais ensuite, la dure bataille pour représenter le parti lors de la présidentielle de 2017 sera lancée, avec les candidats FN en embuscade.

Sonnés par la défaite de Nicolas Sarkozy, les responsables de l'UMP se retrouvent lundi après-midi lors d'un bureau politique extraordinaire pour tenter d'afficher unité et collégialité, du moins jusqu'au législatives de juin. Ils savent en effet que cette bataille est cruciale, avec un FN très menaçant dans de nombreuses circonscriptions et une obligation de garder beaucoup de députés, sources de revenus pour le financement de leur parti.

Jean-François devait installer une équipe collégiale pour mener la campagne, avec un "comité national" de 15 à 20 personnalités, dont  François Fillon, Premier ministre pour quelques jours encore, Alain Juppé, qui  vient de renoncer à la reconquête de son siège de député de la Gironde, Xavier Bertrand, Jean-Pierre Raffarin, Christian Jacob... Mais sans Nicolas Sarkozy, qui leur a clairement dit dimanche qu'il ne  conduirait pas cette bataille.

Ensuite, les grands manœuvres reprendront pour donner un nouveau souffle au parti. Et déjà, chacun a sa petite idée sur ce que doit être ce futur UMP. Alain Juppé estime qu"il faudra que l'UMP "s'organise et se renforce" à l'issue des législatives. Sa famille politique devra s'ouvrir à des "sensibilités" ou "mouvements pour que chacun y trouve sa place". Fin mars, il avait déclaré qu'en cas de défaite, "les forces centrifuges seront puissantes et tout de suite à l'oeuvre avec la droite populaire d'un côté et  les centristes de l'autre". Pour lui, il faudra donc a tout prix maintenir l'unité de l'UMP. "Ce à quoi je suis très attaché", a-t-il dit, sans se prononcer sur son éventuelle candidature à la présidence du mouvement. Mais il s'est revanche dit favorable à "l'organisation, dans la deuxième moitié de l'année 2016, de primaires pour  désigner le candidat à l'élection présidentielle", comme l'ont fait les  socialistes lors des deux derniers scrutins présidentiels.

Car c'est là l'enjeu pour l'UMP : reprendre la présidence en 2017. Un ténor de l'UMP cité par l'AFP est affirmatif : "La page Sarkozy est clairement tournée. Pour sa succession, les couteaux sont déjà affûtés mais personne ne les sortira avant le lendemain des législatives. Celui qui fait ça est un homme mort, les  militants ne le pardonneraient pas". "Je n'ai pas une vision égocentrique des combats que nous menons. Nous  sommes très nombreux, c'est toute une équipe qui travaille", insiste le patron actuel de l'UMP, Jean-François Copé. Ses opposants ne disent pas autre chose. "Il est indispensable qu'il y ait  un collectif", opine Xavier Bertrand. "A celles et ceux qui parient sur des difficultés", sur "un éclatement de l'UMP, je leur dis clairement ne pariez  pas" là-dessus car "vous en seriez pour vos frais". Tout faire donc pour maîtriser les turbulences.

Un proche de Sarkozy: "Vous le retrouverez en 2017"

L'UMP est dans une situation inédite : depuis sa création en 2002, le parti se retrouve pour la première fois dans l'opposition. Et il doit affronter de sérieuses difficultés, avec des centristes qui pourraient être tentés de prendre la poudre d'escampette face à la dérive "droitière", aux yeux de certains, de la campagne de Nicolas Sarkozy. Sans oublier la menace du Front national, Marine Le Pen attendant en embuscade tout signe d'implosion de l'UMP pour récupérer l'aile droite du parti.

Conscient des risques et soucieux de maintenir son leadership, Jean-François Copé s'est employé à lâcher du lest en annonçant dès la semaine  dernière qu'il appliquerait les statuts - une première là aussi depuis 2002 -  pour permettre à chaque "sensibilité" de s'exprimer en "mouvement", autonomie financière à la clef. Promis juré, la guerre pour la direction de l'UMP ne sera donc pas engagée dans l'immédiat. Mais, en coulisses, tout le monde se prépare. Les statuts du parti prévoient en effet l'organisation d'un congrès à l'automne pour élire son président. Jean-François Copé, tout à son objectif élyséen de 2017, fera tout pour garder la haute main mais il aura fort à faire avec un François Fillon qui, misant sur sa popularité auprès des militants et faisant un "ticket" avec Xavier Bertrand, est déterminé à lui arracher le parti. Et dans cette course à 2017, un concurrent en la personne de... Nicolas Sarkozy pourrait resurgir. Dans Le Monde daté de lundi, un proche du président lâche cette phrase : "Il ne fera pas la bataille des législatives. Mais la vie est longue... Vous le retrouverez en 2017." Victorieuse ou défaite aux législatives, l'UMP entamera quoiqu'il arrive une mutation profonde le 18 juin prochain. 2017 dans le viseur.

Commenter cet article

  • cerrane84 : Cerrane84, Dans le Vaucluse,le report des voix du FN sur Nicolas Sarkozy c'est tres bien faite,il en sera de même pour les législatives,il faut que l'UMP et le FN s'entendent et nous gagnerons les élections législatives avec une large majorité!.

    Le 10/05/2012 à 01h23
  • shooby02470 : Pouvez-vous, qualia, développer les raisons qui vous font penser cela ? Car ce n'est pas la première fois que je pose la question, j'ai jamais eu de réponses.

    Le 09/05/2012 à 09h20
  • shooby02470 : Cela fait quand même 5 ans que la droite a un monopole cela ne vous a pas fait aussi peur que ça ? Et si c'est la droite qui aurait gagné, qu'auriez-vous dit si c'est la gauche aurait demandé une cohabitation ? Quelque chose du genre : "en ces temps troubles (crise économique et tout ça) une cohabitation n'est pas la bonne solution pour la France, cela ralentis toute décision". N'est-ce pas?

    Le 09/05/2012 à 09h16
  • shooby02470 : Mais en quoi la France est perdante ma chère clémentine ?

    Le 08/05/2012 à 10h49
  • shooby02470 : Il a dit qu'il quittait la scène politique donc il y a peu de chance que votre v?u soit exhaussé

    Le 08/05/2012 à 10h42
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