François Hollande en meeting à Lorient le 23 avril 2012 © AFPAu lendemain d'une victoire fêtée à la Bastille par des dizaines de milliers de personnes, le nouveau président François Hollande va devoir se lancer dans la formation d'un gouvernement pour préparer les législatives, et ainsi disposer d'une majorité pour diriger le pays. Première étape du quinquennat Hollande, la passation de pouvoirs le 15 mai.
1. Trouver un Premier ministre consensuel
Le chef de l'Etat doit désigner dans les prochains jours son Premier ministre, qui conduira la bataille des législatives. François Hollande candidat avait annoncé que son choix dépendrait de l'ampleur de sa victoire. Avec 51,67% des voix, celle-ci ne plaide pas pour la nomination d'une personnalité au discours trop radical, susceptible de diviser les Français alors que le discours est au rassemblement. Le nom du député-maire de Nantes Jean-Marc Ayrault, fidèle du chef de l'Etat, tenait la corde ces derniers jours.
2. Former un gouvernement
Parmi ceux qui devraient figurer dans un premier gouvernement, les noms de Manuel Valls, François Rebsamen, Marisol Touraine, Jean-Yves Le Drian, Laurent Fabius, Najat Vallaud-Belkacem, Aurélie Filippetti circulent avec insistance. Europe Ecologie Les Verts, allié écologiste des socialistes, réunit un Conseil fédéral ce lundi pour discuter de sa participation au gouvernement.
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Qui les Français veulent-ils comme Premier ministre ?
3. S'assurer une large majorité lors des législatives
Dimanche soir, François Hollande a demandé à ses partisans de "ne pas se démobiliser". "Il faut donner une majorité au président de la République", a-t-il martelé, dans la perspective des législatives des 10 et 17 juin.
4. Se faire une place sur la scène internationale
Les principaux dirigeants étrangers ont tourné dès dimanche soir la page du sarkozysme. Le président américain Barack Obama l'a invité à la Maison blanche et félicité pour son élection, comme la Brésilienne Dilma Rousseff, le Vénézuélien Hugo Chavez, ou le Premier ministre belge, Elio Di Rupo.
Le président américain a évoqué d'emblée des "dossiers difficiles" à gérer en commun, dans une allusion évidente à l'Afghanistan - François Hollande a annoncé le retrait français anticipé, fin 2012, - et à la crise de la dette européenne.
Le calendrier international va rapidement s'étoffer pour le président Hollande, qui a déjà deux rendez-vous cruciaux à son agenda, avec le sommet du G8, les 18 et 19 mai à Camp David (Etats-Unis) et le sommet de l'Otan de Chicago les 20-21 mai.
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5. Affronter la crise économique
Le socialiste, élu après dix ans de gouvernements de droite, a énuméré dimanche soir les "défis", "nombreux" et "lourds", qui l'attendent en plaçant en tête "le redressement d'abord de de notre production pour sortir notre pays de la crise, la réduction de nos déficits pour maîtriser la dette".Dès sa prise de fonction, il demandera à la Cour des comptes un "audit" sur l'exécution du budget 2012 afin de ne "surtout pas déraper par rapport à nos objectifs", a indiqué son entourage. Il prendra des mesures dès l'été en faisant adopter une loi de programmation des finances publiques.
"Nous ferons 40 milliards de prélèvements supplémentaires et 50 milliards d'économies sur la dépense", avait précisé le candidat socialiste qui veut limiter la progression de cette dernière à 1,1% par an hors inflation, contre une hausse tendancielle de 2%. Quant aux recettes, il compte sur des rentrées induites par un retour de la croissance et sur des augmentations de prélèvements, en particulier sur les ménages aisés et les grandes entreprises.
Hollande avait centré sa campagne sur la renégociation du pacte européen de discipline budgétaire, afin d'y ajouter un volet de croissance. "L'Europe nous regarde et au moment où le résultat a été proclamé, je suis sûr que dans bien des pays européens, cela a été un soulagement, un espoir, l'idée qu'enfin l'austérité pouvait ne plus être une fatalité", a-t-il lancé dimanche soir.
Dans son entourage, on appelle à la mise en place "très rapidement" au niveau européen "d'outils de stimulation de la croissance par l'investissement et par l'emploi" pour se donner les moyens d'atteindre les objectifs budgétaires. La chancelière Angela Merkel et le ministre des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, ont invité François Hollande en Allemagne pour travailler à un pacte de croissance.
Pour celui qui veut être le président de "l'égalité" et de "la justice", les choses sérieuses commencent.














