Jean-Luc Mélenchon. © DR"Un jour Buisson, le lendemain Assad et Guaino..." Pour l'entourage de Jean-Luc Mélenchon, il y a une volonté claire de "manipulation". Dans les commentaires sur la présence en 2007 du candidat du Front de gauche à la remise de la Légion d'honneur à Patrick Buisson, conseiller controversé de Nicolas Sarkozy, tout comme sur son déjeuner avec Henri Guaino en 2010, ou sur la photo où il apparaît au côté de Bachar Al-Assad en 2001, son équipe voit une volonté de le décrédibiliser, voire de le faire chuter. "Il y a des gens qui nous veulent du bien !", ironise Eric Coquerel, conseiller du candidat du Front de gauche à l'Elysée, mais "on n'est pas naïf".
Tout a commencé la semaine dernière, lorsque Le Nouvel Observateur a rappelé que Jean-Luc Mélenchon avait assisté en 2007 à la remise de la Légion d'honneur à Patrick Buisson, ce qu'a confirmé le candidat, tout en précisant qu'il n'était "pas un ami". A l'époque, a dit Jean-Luc Mélenchon mercredi, Patrick Buisson n'était pas encore un conseiller officieux de Nicolas Sarkozy mais un journaliste "avec qui je m'accrochais assez sévèrement" notamment sur LCI. "Fair-play", il a honoré son invitation à sa remise de Légion d'honneur. "Enfin, c'est quand même pas la guerre civile dans ce pays !", a-t-il ajouté. Il a accusé le Nouvel Obs d'avoir déversé sur lui "des torrents de bile, de haine". "J'appelle ça des tireurs dans le dos", c'est la "vieille gauche droitière qui voit revenir avec horreur les rouges, les partageux", c'est "la gauche caviar, la gauche Relais et châteaux", a-t-il lancé.
Une "présence protocolaire" lors d'une visite de Bachar al-Assad
Mais un autre front s'est ouvert mardi pour Jean-Luc Mélenchon lorsqu'est réapparue, sur Twitter, une photo datant de juin 2001. On le voyait, alors ministre de l'Enseignement professionnel du gouvernement de Lionel Jospin, au côté du président syrien Bachar al-Assad sur le tapis rouge de l'aéroport d'Orly. Cela relevait d'une simple "présence protocolaire" lors d'une visite officielle du successeur de son père Hafez al-Assad, décédé un an plus tôt, a expliqué au Parisien Arnauld Champremier-Trigano, directeur de communication du candidat, qui souligne que "Matignon l'a appelé à la dernière minute" pour qu'il se rende à Orly.
Enfin, mercredi, le site internet du Point a parlé d'un déjeuner entre Mélenchon et Guaino en 2010 au restaurant de l'Institut du monde arabe par "l'entremise du journaliste Eric Zemmour". Interrogé à l'émission "Questions d'info" LCP/Le Monde/AFP/France Info, Jean-Luc Mélenchon a expliqué qu'au cours de ce déjeuner, "à la terrasse" de l'IMA et absolument "pas secret", il avait été question du retour de la France dans le commandement intégré de l'Otan. "Je voulais arriver à comprendre comment quelqu'un comme Guaino dont je connais les positions et tout ce secteur de la droite gaullienne pouvaient s'être retrouvés à approuver" cette intégration, "tandis que moi je suis pour la sortie de l'Otan", a-t-il dit. "On peut faire une histoire de tout, par exemple j'ai peut-être rencontré E.T." ou "le Père Noël", a-t-il ensuite ironisé. Tout cela sert "d'abord Mme Le Pen (...) puis aussi tout le camp Hollande", selon lui.
"Si on diffusait la liste de tous les candidats avec les gens avec qui ils ont dîné, on aurait 40 pages !", peste désormais Eric Coquerel. Et revenant sur les indiscrétions de la semaine écoulée, il insiste : "On essaie de donner l'impression de liens avec un dictateur puis de rapports privilégiés de Jean-Luc Mélenchon avec Nicolas Sarkozy, c'est une manipulation". Lui préfère parler de simples "rapports républicains" avec des conseillers du chef de l'Etat.














