François Hollande et Nicolas Sarkozy sur les panneaux électoraux d'entre-deux-tours à Paris fin avril 2012 © TF1 News/Diane HeurtautPour François Hollande comme pour Nicolas Sarkozy, le débat télévisé de ce soir s'annonce comme un moment clé de la campagne. Même si tous deux abordent la rencontre dans des situations et des états d'esprit très différents. Le candidat socialiste fait la course en tête dans les sondages et doit surtout ne pas laisser s'éroder cet avantage dont le créditent les enquêtes d'opinion, tandis que le président-candidat compte au contraire sur ce rituel de toute campagne présidentielle pour rattraper un peu de son retard. Tout en exposant leur vision de la société française pour les cinq ans qui viennent, les deux hommes se préparent donc à un choc des personnalités.
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| 2 mai 2012 - 21 heures |
La mise en garde de Ségolène Royal
"On aura de la force, de la crédibilité d'un côté et malheureusement, je le crains, toujours de la provocation et des contre-vérités de l'autre", a déclaré la première secrétaire du Parti socialiste sur Canal+. "Il y a toujours un petit risque dans un débat mais je ne crois pas que les Français changeront (d'avis)", a-t-elle ajouté. "Les conditions semblent réunies pour la victoire". Quant à Ségolène Royal, elle suggère à François Hollande de "surtout de rester lui-même, de rester habité par cette campagne". Et elle met une nouvelle fois en garde sur "la suite du débat" entre finalistes de la présidentielle, affirmant qu'en 2007, quand elle avait débattu contre Nicolas Sarkozy, les enquêtes la donnaient gagnante, mais qu'il y avait eu un retournement "dans la nuit".
Longtemps réputé spécialiste de la synthèse lors de ses onze ans à la tête du PS, François Hollande se dit prêt à un débat "rugueux" face à Nicolas Sarkozy, dont l'énergie et la combativité sont des traits de caractère reconnus par tous. Le chef de l'Etat sortant a d'ailleurs prévu de consacrer toute cette journée de mercredi à sa préparation, à la façon d'un athlète avant une rencontre sportive. Il a confié à des journalistes qu'il considérait le débat comme un exercice de sincérité et non comme un pugilat. "Ce n'est pas un match de boxe, ce n'est pas une plaisanterie, ce n'est pas un concours de formules ou de bons mots, c'est simplement un moment de vérité", a-t-il dit. "Donc j'irai à ce débat avec sérénité en disant ce que je pense et ce que je propose pour la France, et les Français choisiront". Une fois pendant la campagne, il s'est déjà livré à l'exercice de la confrontation directe, face à Laurent Fabius le 6 mars, ce qui avait donné lieu à un échange tendu, sans concessions. Ayant besoin des électeurs de Marine Le Pen pour gagner, le président-candidat a égrené des thèmes de campagne qui devraient refaire surface : fermeté sur l'immigration, remise des "frontières" au coeur du discours politique, défense du travail contre les "permanents syndicaux"... Mais lors de précédents débats, François Hollande a montré qu'il pouvait renvoyer sèchement à leurs arguments tour à tour Alain Juppé fin janvier et plus récemment Jean-François Copé. Et dans le cas socialiste, on affiche surtout la sérénité à l'approche du débat.
Politologues et spécialistes des médias soulignent toutefois que le débat télévisé d'entre-deux-tours n'est pas pour autant décisif et a pour principal effet de confirmer des tendances préexistantes, soulignent-ils. "Ce débat sert à mobiliser ses troupes jusqu'au dernier moment, c'est d'abord un grand moment de confirmation où chaque camp, en regardant la télé, se mobilise derrière son candidat", estime ainsi Christian Delporte, spécialiste de l'histoire des médias.














