François Bayrou en "Une" de plusieurs quotidiens après son annonce qu'il voterait Hollande au second tour de la présidentielle (4 mai 2012) © TF1 / LCI / S. HumblotEcarté du deuxième tour de la présidentielle, François Bayrou réussit pourtant, à deux jours du vote décisif qui doit départager François Hollande et Nicolas Sarkozy, à capter une nouvelle fois l'attention des médias. Avec sa décision, annoncée jeudi soir, de voter pour le candidat socialiste - même s'il n'a pas appelé les électeurs du MoDem à faire de même - le leader centriste chahute la fin de la campagne électorale et a droit aux "Unes" de nombreux quotidiens.
La fin du "ni, ni"
Les éditorialistes avouent leur surprise. Il "franchit le pas qu'il n'avait pas osé faire en 2007", rappelle La Charente libre, sous la plume de Jacques Guyon. "En votant Hollande, le centriste François Bayrou sort de l'isolement dans lequel il s'était enfermé en 2007, quand il avait refusé de choisir entre l'actuel président et Ségolène Royal", explique Patrick Fluckiger dans L'Alsace. Pour Didier Louis, dans Le Courrier picard, "le virage à gauche du leader du MoDem constitue un coup de théâtre à la veille d'un second tour qui pourrait s'annoncer désormais moins indécis, et un coup d'assommoir pour Nicolas Sarkozy". "Finalement, François Bayrou a opté pour le coup de pied de l'âne décoché à Sarkozy à trois jours du scrutin", commente Jacques Camus dans La République du Centre.
Les conséquences politiques iront bien au-delà du scrutin élyséen. "François Bayrou, apôtre du 'ni, ni' mais avec un centre de gravité à droite, a choisi Hollande. C'est un séisme politique", affirme Alain Dusart dans L'Est Républicain. "Jamais dans l'histoire de la Ve République, un centriste, de l'importance de Bayrou, n'avait annoncé qu'il se prononcerait pour un représentant de la gauche", note Patrick Pépin dans Nord Eclair. "Son choix marque une vraie rupture dans l'histoire du centrisme et de la démocratie chrétienne, cette famille politique dont François Mitterrand disait qu'elle n'était 'ni de gauche ni de gauche'", analyse Hervé Favre dans La Voix du Nord.
Dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace, Dominique Jung parle aussi d'un "pied-de-nez à Sarkozy et une tentative (désespérée) de redonner une force spécifique au centrisme". "Ce que prévoit le président du MoDem, en fait, c'est un éclatement des frontières politiques sous l'effet astringent de la crise qui, selon lui, va entraîner des bouleversements sans précédent", suppose Philippe Waucampt du Républicain lorrain. "Désormais, et quelle que soit l'issue du scrutin, le paysage politique risque bien de sensiblement évoluer dans les semaines qui viennent. Implosion(s) en vue", prédit Christophe Bonnefoy dans Le Journal de la Haute-Marne.














