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"Je ne veux pas y croire trop fort, par superstition"

Edité par
le 15 avril 2012 à 21h47 , mis à jour le 16 avril 2012 à 17h16.
Temps de lecture
5min
Au meeting de François Hollande, le 15 avril 2012, à Vincennes.

Au meeting de François Hollande, le 15 avril 2012, à Vincennes. / Crédits : AFP/M.BUREAU

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Dossier Election présidentielleREPORTAGE - Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont bravé le froid et le vent au "meeting festif" de François Hollande dimanche à Vincennes, pour toucher du doigt leur rêve d'alternance à une semaine du premier tour.

Sur sa veste et ses couches de pulls, il a enfilé un tee-shirt "Re case-toi Mr Président". Pascal, 52 ans, n'aurait raté pour rien au monde le dernier "rassemblement festif" de François Hollande devant le château de Vincennes, à J-7 de l'échéance. Comme beaucoup ici, il est venu montrer son désir farouche de voir l'alternance se réaliser. Et prouver que les socialistes, malgré une campagne morose, ne se sont pas endormis. "Viscéralement de gauche", Pascal s'en veut de n'avoir rien fait pour empêcher la victoire de Nicolas Sarkozy en 2007. Pour expier ce mauvais souvenir, il s'engage depuis plusieurs semaines contre le président, qu'il "a détesté au premier coup d'oeil" pour son comportement et sa "hiérarchie des valeurs". L'entourage de cet engagé de date récente ne connaît pas de répit. "J'ai réussi à en convaincre une poignée qui comptaient voter Mélenchon", se réjouit ce parisien en haussant la voix pour couvrir le zouk du groupe Kassav qui chauffe l'ambiance sur la scène. Croit-il en la victoire du candidat PS ? Malgré la foule qui remplit l'esplanade et les sondages favorables, Pascal se méfie de "l'excès d'optimisme". "Je ne veux pas y croire trop fort, par superstition", lance cet enseignant, avant d'ajouter "mais oui, bien sûr, j'espère qu'on va gagner".

 

Geneviève et son mari, tous deux 71 ans, ne veulent pas non plus crier victoire trop vite. Mais ils sentent que quelque chose se joue en cette journée frisquette du mois d'avril. "Si François Hollande gagne le 6 mai, on repensera à 1981 et notre joie sera la même", assure le senior, conseiller général divers gauche des Yvelines et maire. Descendus à la Bastille pour fêter l'événement à l'époque, ils étaient alors "plus portés à l'enthousiasme puéril", rigole l'homme*, barbe blanche taillée avec soin. François Hollande souffre selon lui la comparaison avec le François victorieux d'il y 31 ans : le candidat PS a "fait une campagne intelligente, a montré sa constance". Il a surtout su adopter une attitude "de raison" face à la crise. "On est là pour appuyer sa candidature, celle d'un président avec de la tenue, de la dignité, de l'éducation", ajoute Geneviève, ereintant Nicolas Sarkozy.

 

"Vivement mai avec François", peut-on lire sur les badges des militants PS. Familles, couples, groupe d'amis, jeunes, séniors : la foule, bigarrée, est venue parfois de loin pour manifester son soutien à François Hollande. Mais tous ne sont pas dans cette optique. Benjamin et ses deux copains Marie et Benoît, sont venus, en urgence, "prendre la température" de la France de gauche. Vote blanc, Nicolas Sarkozy, François Hollande ? Ils hésitent. Benjamin, ingénieur de trente ans, est sûr qu'il votera pour le candidat PS au second tour. C'est moins clair pour le premier. "Hollande manque de ferveur. Je suis venu voir si je la sentais émerger aujourd'hui", raconte le timide jeune homme, blouson remonté jusqu'au menton pour se protéger du vent.

"J'avais hâte de voir ce qu'il donne en vrai"

Pour Laura, 23 ans, c'est l'opération de la dernière chance. Son petit ami, Nicolas, ne sait pas non plus pour qui voter par manque de"coup de coeur". En 2007, il a voté François Bayrou au premier tour et Nicolas Sarkozy au second. "Je lui ai dit : 'Tu vas voir'", raconte la jeune fille "100% convaincue" par "la stature de président, la droiture" de François Hollande. Tous les jours, inlassablement, la jeune fille qui votera pour la première fois dans une semaine lui vante le programme du candidat PS. Son petit-ami, ingénieur dans le nucléaire, s'est finalement laissé entraîner de bonne grâce. "J'avais hâte de voir ce qu'il donne en vrai plutôt que derrière ma télé", indique Nicolas. "C'est l'occasion de prendre la mesure des convictions du candidat. Et le public présent renseigne sur la société qui pourrait être mise en avant par la suite". Verdict : "c'est sympa", sourit le jeune homme.

 

Les choses sérieuses commencent. Bertrand Delanoë prend place sur scène et célèbre sous les hourras un candidat "sérieux et crédible". L'ambiance se réchauffe. Eric, 57 ans, militant, est survolté."On va gagner", scande son petit groupe de militants, venus de Nantes pour la journée. Eric connaît par coeur le clip de campagne de François Hollande, diffusé sur les deux écrans géants à côté de la scène. Il dit les phrases de son champion, comme le ferait le fan d'un groupe pendant un karaoké. Puis il se fige : François Hollande prend la parole."J'ai bien aimé le passage sur le 'rien n'est fait'. C'est vrai. Quand on voit tous les gens tentés par l'abstention", estime Eric, des semaines de porte-à-porte au compteur. "2 ou 3 points d'abstention pourraient tout faire basculer", analyse ce retraité de la SNCF, jouant la prudence. L'enthousiasme, concède-t-il, était peut-être plus grand en 2007. "Mais la crise est passée par là. L'heure est à la gravité", se justifie le militant. Ses compagnons le pressent d'abréger l'échange : il faut maintenant monter dans le car qui les ramènera en Loire-Atlantique avant une "séance de porte-à-porte dès demain". L'humour éclipse les paroles sérieuses. Le mauvais temps et la proximité du meeting de Nicolas Sarkozy fournissent une plaisanterie toute trouvée, qui fait s'esclaffer le groupe :"il y a un gros nuage, là, mais il file droit vers la Concorde".

*Cette personne ne veut pas être reconnue.

Commenter cet article

  • borebeu93 : Oui comme le referendum sur le oui ou non a la constitution européenne, j aurais pas du me déplaçais a aller voter vu que sa a servi a rien de mettre non dans l urne....

    Le 16/04/2012 à 20h28
  • froggyb : Vivement Mai avec Francois...Fillon

    Le 16/04/2012 à 18h23
  • paupamora : Et bien vive la Grèce dans 3 mois

    Le 16/04/2012 à 17h55
  • antibabar : Circulez ! Y'a rien à voir ! Hollande est déjà élu, il suffit de l'entendre et de la voir. Pas besoin que le peuple se rende aux urnes dimanche, pas besoin de prendre en compte le choix des français: le "président" Hollande est déjà en exercice.

    Le 16/04/2012 à 15h05
  • perroquet52 : Qu'ils votent Hollande par réalisme ou réparer une éventuelle erreur ( anti sarkozisme ) le résultat est le même. Ils votent pour quelqu'un qui empirera leur situation !

    Le 16/04/2012 à 14h53
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