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Sarkozy va porter plainte contre Mediapart, Hollande dément tout lien


le 30 avril 2012 à 06h46 , mis à jour le 30 avril 2012 à 15h45.
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5min
Nicolas Sarkozy sur le plateau des 4 vérités de France 2 et François Hollande sur Europe 1

Nicolas Sarkozy sur le plateau des 4 vérités de France 2 et François Hollande sur Europe 1 /

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Dossier Election présidentielleLe document présenté par Mediapart comme preuve de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007 "est un faux grossier", a déclaré lundi Nicolas Sarkozy. François Hollande dément lui tout lien avec Mediapart.

La justice va être saisie. Nicolas Sarkozy a annoncé lundi qu'il allait porter plainte contre le site d'information Mediapart pour avoir publié une supposée note sur un financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. "Ce document est un faux grossier, les deux personnes en Libye qui étaient censées avoir envoyé ce document et le recevoir l'ont démenti", a déclaré Nicolas Sarkozy sur France 2. Sa plainte sera déposée "avant la fin" de la campagne.

"Tout ne se vaut pas. Il y a une morale; ceux qui mentent, ceux qui font défaut doivent être condamnés par la justice", a-t-il ajouté. "Le canard, on lui a coupé la tête. C'était un document faux. Mediapart est une officine, M. (Edwy) Plenel (directeur du site Mediapart) c'est le bidonnage à chaque fois, ce document est un faux grossier", a répété le président sortant et candidat de l'UMP. "Ce qui n'est pas crédible, c'est Mediapart. Vous croyez vraiment qu'avec ce que j'ai fait à M. Kadhafi, il m'a fait un virement ? Pourquoi pas un chèque endossé ?", a-t-il insisté, "c'est grotesque et j'ai honte pour l'AFP d'avoir fait une alerte sur un document faux". "Vous ne vous souvenez pas qu'il y a trois mois, c'est le journal Libération qui a bidonné un faux document sur la répartition des réserves de pétrole".

Fillon: "Plenel est un récidiviste"

"La campagne électorale ne justifie pas tout", a poursuivi Nicolas Sarkozy. "On ne va pas assimilier la presse à des comportements comme ça" mais "il y a une partie de la presse, une partie des médias, et notamment le site en question dont je me refuse même à citer le nom, qui sont prêts à bidonner des documents pour ça, honte à tous ceux qui l'ont exploité". Mediapart a publié samedi un document signé de Moussa Koussa, ex-chef des services de renseignements extérieurs de la Libye qui vit en exil à Doha, affirmant que le régime du colonel Kadhafi avait accepté en 2006 de financer à hauteur de "50 millions d'euros" la campagne de Nicolas Sarkozy. Moussa Koussa a qualifié de faux ce document.

De son côté, le Premier ministre François Fillon dit "certain" que le document de Mediapart était "faux" et a accusé M. Plenel d'être un "récidiviste" de ce type de pratiques. "Il avait fait la même chose avec le Parti socialiste, il avait publié (à l'époque dans Le Monde) un document qui disait que le PS était financé par Noriega (ancien dictateur de Panama)", a rappelé François Fillon, ajoutant que "Le Monde avait dû s'excuser" car le document était faux. "Si M. Plenel a des documents, qu'il les remette à la justice!", a-t-il enchaîné, dénonçant une "manipulation".

Mediapart "attend avec sérénité un éventuel procès", a dit son directeur Edwy Plenel. "Il ne suffit pas de contester l'authenticité du document révélé par Mediapart pour mettre fin aux suspicions largement documentées depuis plusieurs mois de relations financières entre l'entourage de Nicolas Sarkozy et celui du dictateur Mouammar Kadhafi", a-t-il ajouté. "Nous en ferons la démonstration si le procès annoncé a bien lieu".

Hollande: "Vous croyez que j'ai besoin" de Mediapart ?

François Hollande a réagi lundi sur Europe 1 à la plainte de Nicolas Sarkozy: "C'est à la justice d'être saisie. Si c'est un faux, eh bien le site sera condamné, si ce n'était pas un faux, à ce moment-là il y aurait des explications à fournir". Le candidat socialiste a nié tout lien entre lui et ce site. "Ce site est un site d'investigation, d'informations, c'est arrivé qu'il accable quelque fois des personnalités de gauche", a-t-il fait valoir. "Donc je ne vois pas comment il pourrait être établi qu'il y aurait là comme une relation, une confusion entre les socialistes et ce site d'information, qui, je le rappelle, est composé de journalistes reconnus". "On peut les aimer ou ne pas les aimer mais ce sont des journalistes qui ont sur plusieurs affaires démontré leur compétence", a aussi affirmé le député de Corrèze.

"J'aurais inspiré quoi que ce soit, qui que ce soit, qui peut le penser ?" a-t-il demandé. "Vous croyez que j'ai besoin moi qu'il y ait des journaux qui sortent des affaires, vous pensez que c'est comme ça que je pense gagner l'élection présidentielle ?" François Hollande a souligné que "chaque fois qu'il y a un scandale qui touche le pouvoir, ce n'est jamais bon pour la démocratie et jamais bon pour les partis de gouvernement". Ségolène Royal a elle souligné la nécessité de faire "toute la clarté" sur l'affaire, car si elle "est réelle", cela signifie que le président sortant "a exercé son mandat de façon illégitime".

Bachir Saleh visé par un mandat d'arrêt selon un de ses avocats

L'ex-dignitaire libyen proche du colonel Kadhafi, Bachir Saleh, actuellement en France, fait bien l'objet d'un mandat d'arrêt signalé par Interpol à la demande de Tripoli, a indiqué lundi à l'AFP un de ses avocats, Me Marcel Ceccaldi. Interpol a publié une notice rouge, consultable sur internet, concernant un certain Bashir Al-Shrkawi, de nationalité libyenne, qui est recherché pour fraude par Tripoli. Ancien président d'un fonds d'investissement libyen en Afrique, Bachir Saleh a été accusé par Mediapart d'avoir été le destinataire d'une note portant sur un soutien libyen à la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Me Marcel Ceccaldi a rejeté ces accusations.

François Fillon avait indiqué lundi sur RTL qu'il n'y avait "aucune trace d'un mandat international" visant l'ex-dignitaire libyen proche du colonel Kadhafi Bachir Saleh, qui vit en France et est recherché par Interpol pour fraude. Bachir Saleh, qui a démenti avoir été destinataire de la note citée par Mediapart à propos d'un soutien libyen à la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, est visé par une "notice rouge" d'Interpol en vue de son extradition vers la Libye pour "fraude", mais sous le nom de Bashir Al-Shrkawi. Les photos de Bashir Al-Shrkawi publiées sur le site internet d'Interpol ont été authentifiées par l'AFP à Tripoli comme étant celles de Bachir Saleh.

Commenter cet article

  • zen1494 : Comme vous avez raison !

    Le 01/05/2012 à 10h14
  • kosotto1 : Liquidator : je peux aussi vous trouver rapidement de nombreux ignares qui votent Sarkozy !

    Le 30/04/2012 à 21h11
  • elixxir22 : Un dicton plus ridicule , il n'y a pas

    Le 30/04/2012 à 20h42
  • rose-marie54 : Vous avez oublie que c'est grace au tapis rouge que les infirmières bulgares et le médecin palestinien ont été libérés.Une libération n'a pas de prix.

    Le 30/04/2012 à 20h24
  • dom145 : Moi je pense, qu'avec les gamelles ou les affaires qu'il traine, qu'il mérite plutôt une ou plusieurs mises en examen !!!

    Le 30/04/2012 à 19h55
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