Laurent Fabius et Nicolas Sarkozy dans des Paroles et des actes mardi 6 février 2012 sur France 2. "J'ai du respect pour vous mais je n'ai pas beaucoup de leçons de style à recevoir de quelqu'un qui militait pour que Dominique Strauss-Kahn soit le prochain président de la République française", a même osé Nicolas Sarkozy sur la fin, visiblement exaspéré par certaines attaques de Laurent Fabius. "Bravo pour votre élégance", a répliqué l'intéressé. "Evidemment, quand on parle de vous et de vos amis, on est inélégant, quand c'est de moi, c'est de la démocratie", lui a rétorqué Nicolas Sarkozy. "Je n'ai jamais été un homme de clans", "je n'ai jamais menti dans l'exercice de mon mandat", et je vous demande de comprendre que "cette période était la plus difficile", a affirmé le président-candidat, gonflé à bloc.
Contre "les donneurs de leçons de vertu", il s'est targué notamment d'avoir fait adopter les "questions prioritaires de constitutionnalité" et d'avoir fait entrer "la Cour des comptes à l'Elysée" pour en contrôler les comptes alors que les socialistes se sont, selon lui, "accommodés d'une présidence opaque". "Une partie des élites n'était pas prête à voir l'élection d'un président comme moi. Je n'ai pas fait l'ENA, je n'appartiens pas à ces clubs", a asséné à son contradicteur énarque celui qui tente d'être le candidat de "la majorité silencieuse, du peuple".
Les deux hommes se sont également livrés à une bataille de chiffres, principalement sur le chômage et le pouvoir d'achat, partie du débat où Laurent Fabius fut plus incisif. Dans ces deux domaines, "je dirai d'une manière résumée : votre politique, votre bilan, c'est votre boulet", a-t-il proclamé, avec une bonne formule mais qui faisait un peu trop préparée face à un Nicolas Sarkozy bondissant sur chaque balle. "Tout le monde sait que la situation de l'emploi en France est dramatique" et qu'"il n'y a pas eu de progression du pouvoir d'achat". Le président a alors défendu son bilan. "Ce qui m'étonne dans tout cela c'est que l'on puisse, en 2012, avec la crise que nous connaissons, faire un projet sans dire aux Français qu'on fera une seule économie, qu'on peut faire comme si tout allait bien. Vous êtes drogué à la dépense publique !", s'est exclamé Nicolas Sarkozy, en critiquant le projet Hollande. Au terme d'un débat tendu, Laurent Fabius, souvent débordé, n'est pas parvenu à mettre vraiment en difficultés le candidat de la droite. Le téléspecteur retiendra ainsi peut-être cet instant curieux où David Pujadas proposa au dirigeant socialiste d'aborder un nouveau thème, et Laurent Fabius de perdre un peu le fil du débat : "je ne sais pas, qu'est-ce qui vous intéresse ?"













