Nicolas Sarkozy au Raincy le jeudi 26 avril 2012. © AFPOn a retrouvé le Nicolas Sarkozy qui réagit au rythme de l'actualité. En déplacement jeudi au Raincy (Seine-Saint-Denis), le candidat UMP a proposé d'instaurer une loi de présomption de légitime défense à l'attention des policiers. Une réponse à la colère des policiers suite à la mise en examen mercredi d'un de leurs collègues ayant tué un délinquant dans l'exercice de ses fonctions. (Lire notre article coup de colère des policiers après la mise en examen d'un collègue). "Policiers et délinquants ne peuvent être mis au même niveau", a expliqué le président sortant.
Secrétaire général du syndicat UNSA-Police, Philippe Capon réclame, comme le syndicat SNOP (syndicat national des officiers de police), cette loi depuis longtemps : "Cette proposition avait déjà été formulé lors de réunions au ministère de l'Intérieur après la mort d'un de nos collègues à Bourges en 2011. Cela nous permettrait d'uniformiser les choses avec les gendarmes."
Actuellement, les gardiens de la paix sont soumis au droit commun. L'usage de leur arme est assujetti aux règles de la légitime défense, comme n'importe quel citoyen, légiférés par l'article 122-5 du code de procédure pénale.
Les gendarmes, militaires, répondent, eux, du code de la Défense, dont l'article L 2338-3 prend en compte les "menaces" pour "déployer la force armée".
Une loi rejetée par Claude Guéant en janvier
En plein entre-deux tours, cette mise en examen clive davantage les partis car la proposition de loi figure à l'origine dans le programme du Front National. Et quand on sait que pour se faire réélire, Nicolas Sarkozy doit capter une grande partie de cet électorat, la tentative de récupération apparaît clairement. "Je pense que le président a une idée derrière la tête, confie Philippe Capon. Pour que nous puissions faire notre travail convenablement, il ne faut pas qu'à chaque fois, on mette une loi sur une loi en réaction à un fait divers. Il faut effectuer un vrai travail de fond."
Dans un communiqué adressé à l'AFP, Marine Le Pen a immédiatement déclaré que cette initiative constitue "une victoire idéologique" pour le Front National. "Chaque jour, Nicolas Sarkozy puise dans mon projet" s'est-elle félicitée. Un succès d'autant plus retentissant qu'en janvier dernier, le ministre de l'Intérieur Claude Guéant s'est prononcé contre cette loi sur BFMTV, car elle équivalait, selon lui, à donner un "permis de tirer aux policiers". Le score du Front National semble ouvrir des barrières politiques.














