François Fillon a affirmé, lundi sur RTL, ne pas aimer "qu'on critique les syndicats en tant que tels" car ils "sont nécessaires au fonctionnement de l'économie et du système social français". © TF1/LCIIl flotte un air de "Je t'aime, moi non plus" entre les syndicats et le gouvernement en ce moment. Depuis la malheureuse expression sur le "vrai travail" du président sortant Nicolas Sarkozy, les centrales des travailleurs fulminent. Sur RTL lundi matin, le Premier ministre François Fillon a cherché à apaiser les tensions en rappelant le travail effectué ces cinq dernières années avec les organisations syndicales : "Pendant tout le quinquennat, nous avons eu un dialogue social de grande qualité". Il a aussi souligné l'importance des syndicats dans l'organisation sociale du pays : "Je n'aime pas qu'on critique les syndicats parce que les syndicats sont nécessaires au fonctionnement de l'économie et du système social français".
Interrogé par Jean-Michel Apathie qui pointait dans cette réponse une contradiction avec Nicolas Sarkozy, François Fillon a expliqué qu'il s'agissait de son "opinion. Je l'ai toujours défendue et personne ne sera surpris que je la défende à nouveau."
Au micro de RMC lundi, Pierre Moscovici, directeur de la campagne de François Hollande, a vu dans ces dissensions les préparatifs de "l'après-Sarkozy. Si ça, ce n'était pas l'affirmation d'une divergence avec le président de la République, qu'est-ce que c'est l'affirmation d'une divergence avec le président de la République !", a-t-il commenté.
François Chérèque : "une schizophrénie dans la majorité"
Lundi matin, dans les colonnes de Libération, François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, a critiqué avec virulence le discours du candidat UMP : "Depuis le début de la campagne, Nicolas Sarkozy a choisi de fustiger les organisations syndicales, qui seraient, selon lui, la cause de tous les maux de la société et un frein à la réforme de notre pays."
Il a également pointé la récupération de la fête du travail par l'UMP qui organise un rassemblement au Trocadéro pour le 1er mai : "Chaque fois qu'il y a eu dans l'histoire une mainmise du politique sur cette fête, c'était dans un contexte de dérive antidémocratique. Le fait qu'un des deux finalistes à la présidentielle entre dans cette logique est une grande source d'inquiétude pour la CFDT."
Les syndicats "otages du débat politique de la présidentielle"
Le secrétaire général de la CFDT a réagi dans la foulée aux propos du Premier ministre : "Il y a une sorte de schizophrénie dans la majorité : le Président de la république tape à bras raccourcis sur les syndicats et le Premier ministre dit ‘évitons de taper sur les syndicats'. François Fillon sait qu'il a su trouver la CFDT pour faire la réforme de 2003. Nous ne sommes pas l'organisation qui bloque les réformes."
| Laurent Wauquiez exprime aussi sa différence |
Le ministre de l'Enseignement supérieur Laurent Wauquiez a évoqué lundi dans le Figaro ses réserves sur la campagne menée par Nicolas Sarkozy pour attirer à lui l'électorat de Marine Le Pen : "L'immigration ne peut pas prendre le pas sur les autres thèmes de la campagne (...) Derrière le vote FN, il y a l'inquiétude d'une société française qui constate des injustices flagrantes et n'accepte pas que le contrat social ne repose plus sur la valeur travail." |














