Manuel Valls, Martine Aubry et Jean-Marc Ayrault sont les trois favoris pour le poste de Premier ministre de François Hollande. © (Photo AFP/ François Guillot, Philippe Huguen, Fred Dufour).Jean-Marc Ayrault, député-maire de Nantes
ATOUTS : "Un choix de confort, qui ne pose pas problème", résume un proche de François Hollande. Ami du président, il "a (sa) confiance" et est un germanophone et un germanophile. C'est un homme pondéré, fidèle. Sa connaissance des mécanismes parlementaires et de l'Assemblée Nationale, où il siège depuis 1977, est une force pour un Premier ministre que François Hollande désire voir comme "le chef de file de la majorité".
FAIBLESSES : Il n'a pas d'expérience gouvernementale et manque de notoriété et de charisme. Certains de ses opposants rappellent qu'il a été condamné en décembre 1997 à six mois de prison avec sursis et 30.000 francs (4.600 euros) d'amende pour favoritisme dans l'attribution d'un marché public. Une affaire dans laquelle sa "probité personnelle" n'a "jamais été mise en cause", rétorque l'intéressé. En outre, cette condamnation est "anéantie par une réhabilitation intervenue en 2007" et "l'invoquer" revient à se mettre "en infraction avec la loi pénale", selon son avocat. Seul hic, dans le JDD du 15 avril, le candidat PS déclarait : "Je n'aurai pas autour de moi à l'Elysée des personnes jugées et condamnées."
Martine Aubry, Première secrétaire du PS, maire de Lille
ATOUTS : Elle a l'expérience gouvernementale et la connaissance des rouages de l'Etat. Elle est ministre du Travail de mai 1991 à mars 1993, puis numéro deux du gouvernement Jospin, en tant que ministre de l'Emploi et de la solidarité. Ces postes lui ont permis d'acquérir une grande connaissance du monde de l'entreprise et une habitude dans la pratique du dialogue social.
À partir de novembre 2008, elle est la patronne du PS et est parvenue à rassembler des socialistes divisés. Elle fait adopter le projet présidentiel à l'unanimité et a réussi à fédérer toutes les forces socialistes derrière François Hollande après la primaire socialiste. Ses supporteurs soulignent aussi ses solides convictions de gauche.
FAIBLESSES : Avec François Hollande, leurs deux caractères s'opposent. Leurs relations n'étaient pas forcément bonnes, même si elles se sont singulièrement apaisées. "Une question de caractère. Cela se terminerait par une cohabitation du type Mitterrand-Rocard", redoute un dirigeant socialiste.
Manuel Valls, député-maire d'Evry, ex-directeur de la communication de campagne de Hollande
ATOUTS : Il est relativement jeune (49 ans) et incarne un renouvellement nécessaire. Son poste de maire d'Evry lui apporte une expérience indispensable sur les sujets relatifs à la banlieue, dossier prioritaire de François Hollande. Il s'est révèlé au grand public durant la primaire où il a été candidat, puis pendant la campagne présidentielle où il s'est très bien entendu avec le nouveau président : "Avec le candidat, ça a collé. François Hollande avait besoin de lui. Il a tenu un discours fort. Il n'avait pas besoin de gros mous qui passent leur temps à se bastonner", commente un proche. Son sens de l'organisation et de la communication a été salué durant la campagne et pourrait s'avérer utile au poste de Premier ministre.
FAIBLESSES : Son positionnement à la droite du PS ("déverrouiller" les 35 heures, scepticisme sur les emplois d'avenir, quotas migratoires, TVA sociale...) risque de choquer des électeurs de gauche. Son caractère tranchant passe mal auprès de certains socialistes et son manque d'expérience ministériel joue en sa défaveur, malgré son poste de conseiller de Lionel Jospin à Matignon














