François Fillon en janvier 2012/Image d'archives © ABACAComme plusieurs figures de la droite avant lui, François Fillon, dans l'entretien qu'il a accordé au Monde, récuse ce lundi toute "droitisation" de Nicolas Sarkozy et défend ses dernières propositions. Ce qui ne l'empêche pas de marquer ses distances avec Claude Guéant, dont les propos sur les civilisations qui "ne se valent pas" ont fait bondir à gauche, et divisent à droite. Ainsi, lorsqu'on lui demande s'il aurait parlé "d'inégalité entre les civilisations", à l'image du ministre de l'Intérieur, le Premier ministre rétorque : "Sans doute pas". "Mais on peut (...) en débattre sans jeter des anathèmes", poursuit le chef du gouvernement, qui avait quitté l'Assemblée mardi dernier lorsque le député apparenté PS Serge Letchimy avait évoqué le "régime nazi" pour dénoncer ces propos de Claude Guéant.
Réagissant à une polémique "ridicule", Nicolas Sarkozy a déjà estimé que les propos de son ancien secrétaire général à l'Elysée relevaient du "bon sens". François Fillon avance de son côté que la question est celle "de la défense d'un certain nombre de valeurs conquises par nos parents et grands-parents et qui sont menacées de deux façons" : "d'abord par l'encouragement au communautarisme. Ensuite par le relativisme qui conduit à considérer qu'on doit accepter des comportements contraires à des valeurs qui sont les nôtres". Signalant ne pas accepter "la ségrégation entre hommes et femmes", le chef du gouvernement se place sur le terrain religieux. "Nous n'acceptons pas que la religion vienne primer sur les droits des personnes, les règles de fonctionnement de l'Etat. C'est un combat qui a été mené autrefois contre les excès temporels de l'Eglise catholique", fait-il valoir, avant de noter qu'"aujourd'hui, c'est plutôt avec l'islam que la question se pose". "Mais c'est conjoncturel", prend-il soin de relever.
De son côté, Claude Guéant a affirmé, lundi, avoir "le soutien" du Premier ministre dans sa lutte contre le communautarisme. Actuellement en déplacement à Fort-de-France, le ministre de l'Intérieur a affirmé en avoir "parlé avec lui la semaine dernière". "Il m'a assuré soutenir tout à fait la position qui est la mienne", a-t-il assuré.
"Ce sont les électeurs qui décideront"
S'il n'approuve pas pleinement les propos du ministre de l'Intérieur, pas question en revanche pour le Premier ministre de soutenir de manière tiède les propositions de référendums de Nicolas Sarkozy. Sur les chômeurs, malgré les sommes engagées "seuls 10%" sont en formation, ce qui représente "un immense gâchis". Et le système de la formation professionnelle, reste "un maquis", "d'où l'idée d'un changement de méthode", argumente-t-il. Priorité à la négociation entre partenaires sociaux, assure François Fillon, mais "en cas d'échec il faut surmonter le blocage et demander son avis au peuple". Sur le droit applicable aux étrangers, la situation est "ingérable" et Nicolas Sarkozy dit depuis 2007 "qu'il faudrait une juridiction unique". Avec le Sénat à gauche, la modification de la constitution est "quasi-impossible" d'où un recours au référendum, plaide-t-il. S'agissant de la présidentielle, François Fillon n'évoque pas l'officialisation de la candidature de Nicolas Sarkozy. Mais il se dit convaincu que l'élection "se jouera dans les trois dernières semaines" et que le chef de l'Etat "sent très bien le pays".
La réponse de François Fillon reste enfin invariable sur son avenir personnel : "Je suis totalement concentré sur l'élection présidentielle. Je me déciderai après le second tour", avance celui qui a récemment dit sur France 2 garder "toutes les options" ouvertes (mairie de Paris, UMP...). Quid, justement, de la mairie de Paris ? Le Premier ministre, dont la candidature aux législatives dans la capitale a été fortement contestée par Rachida Dati, met au défi l'ancienne ministre de se présenter, quand cette dernière, dénonçant un parachutage, continue d'afficher sa détermination à se présenter "là où elle est élue". Dans cet entretien, si François Fillon affirme, comme de coutume, n'avoir "pas l'intention de répondre à quelque attaque que ce soit", il ajoute : "si Rachida Dati veut être candidate, qu'elle le soit, ce sont les électeurs qui décideront".












