Une première pour François Hollande et Jean-Marc Ayrault : les 5,2 millions de fonctionnaires sont appelés à faire grève jeudi. Cet appel lancé par trois syndicats se cristallise principalement autour des questions de salaires et d'emploi. Sans attendre les chiffres de la participation, cette journée est un premier test social pour la gauche, après neuf mois de pouvoir. Elle est en effet confrontée à la grogne de ses bataillons électoraux, ces millions de fonctionnaires ayant massivement voté contre Nicolas Sarkozy à la présidentielle. C'est la base électorale du gouvernement qui sera dans la rue jeudi et samedi.
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En plein débat sur le mariage gay et l'adoption qui focalise toute l'attention médiatique, les agents de la fonction publique ne veulent pas être les oubliés de ce début de quinquennat. "C'est sur l'amélioration de leur situation économique et sociale que les Français nous jugeront", avertit le maire de Lyon PS Gérard Collomb jeudi matin dans Les Echos. Certains dirigeants socialistes s'inquiètent en privé de la chute dans tous les sondages du couple exécutif chez les catégories populaires et les fonctionnaires.
Montrer ses muscles avant de négocier
D'ailleurs, la ministre de la Fonction publique Marylise Lebranchu a admis mardi "une situation difficile pour les fonctionnaires. La ministre a dit comprendre que les fonctionnaires veuillent "une reconnaissance plus vite" mais a prévenu : "Attention, on est sur le même bateau et si l'action publique était abîmée par des déficits publics trop forts, que nous perdions une part de souveraineté, vous seriez aussi en difficulté."
Elle a d'ores et déjà laissé entendre qu'une revalorisation globale des salaires n'était pas d'actualité. Une hausse de 1% du point d'indice augmente de 800 millions d'euros la masse salariale de l'Etat (80,6 milliards d'euros en 2013). Marylise Lebranchu a néanmoins souligné que de nombreux sujets seraient abordés dans le but d'améliorer les conditions de travail des agents, citant l'égalité homme-femme, la formation professionnelle, ou encore les parcours professionnels. Pour les syndicats, cette annonce est une bonne nouvelle en préambule d'une réunion prévue le 7 février avec la ministre.
En réalité, cette première grève des fonctionnaires pour le gouvernement est un rituel bien français. Descendre dans la rue avant une négociation n'a rien de surprenant même si le climat social est surveillé de près au sommet de l'Etat. A Matignon, on estimait à la veille de cette manifestation que les mauvais sondages et la grogne ne sont « pas dirigés contre le gouvernement en lui-même mais contre l'impuissance du politique à changer les choses ».










