Sécurité : pluie de réactions sur un rapport qui "fait l'effet d'une bombe"

le 07 juillet 2011 à 14h38 , mis à jour le 07 juillet 2011 à 22h05

Le premier président de la Cour des Comptes a sèchement répondu jeudi aux critiques de Claude Guéant, affirmant que le rapport critique sur les forces sécurité est "exact et objectif". Ce n'est "pas un rapport, mais un tract du PS", rétorque l'UMP Bernard Carayon.

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Dans son rapport de 250 pages publié jeudi, la Cour des comptes relève de nombreuses imperfections dans l'organisation et la gestion des forces de sécurité publique, provoquant la colère du ministre de l'Intérieur Claude Guéant. Et une vague de réactions à droite et à gauche. Florilège.
  • Délinquance et sécurité : ce que dit le rapport de la Cour des comptes

    Dans un rapport rendu public jeudi, l'institution épingle la gestion des forces de l'ordre par le ministère de l'Intérieur et doute de la baisse de la délinquance depuis 2002.

    Publié le 07/07/2011 Délinquance et sécurité : ce que dit le rapport de la Cour des comptes
  • Cour des Comptes : la colère de Guéant

    Le ministre de l'Intérieur a adressé une réponse cinglante à un rapport de la Cour des Comptes, avant même sa publication officielle jeudi. Rapport mettant en cause la gestion des forces de sécurité en France entre 2002 et 2010.

    Publié le 07/07/2011 Cour des Comptes : la colère de Guéant
  • Affaire DSK : Guéant scandalisé par les insinuations

    Face aux accusations d'élus socialistes proches de DSK, le ministre de l'Intérieur réagit. Il dénonce des "insinuations" et s'interroge : "Quel rapport y a-t-il entre les accusations" contre DSK "et le fait que le président de la République ait décoré (...) le patron de la police de New York" ?

    Publié le 04/07/2011 Affaire DSK : Guéant scandalisé par les insinuations
  • Guéant "n'a rien contre les motards" mais...

    Le ministre de l'Intérieur a affirmé dimanche soir que "le gouvernement n'a rien contre les motards", mais qu'il entendait améliorer leur visibilité et celle des plaques d'immatriculation des deux-roues pour faciliter les contrôles.

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  • Fillette dans le coma : Guéant s'en prend aux "bandes"

    Le ministre de l'Intérieur s'en est pris lundi aux "bandes" qui tendent des "guet-apens" à la police, estimant que la fillette qui a été grièvement blessée dimanche soir dans l'Essonne en était une victime.

    Publié le 06/06/2011 Fillette dans le coma : Guéant s'en prend aux "bandes"
  • Radars : Guéant reste sourd aux klaxons de l'UMP

    Devant des députés UMP en colère, le ministre de l'Intérieur a affirmé mercredi qu'il n'était pas question de renoncer à supprimer les panneaux prévenant de l'emplacement des radars ni de revenir sur l'interdiction des avertisseurs de radars.

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  • Nîmes : la police municipale sur tous les fronts

    Le rapport de la Cour des comptes publié jeudi souligne le rôle de plus en plus important des policiers municipaux. Contrairement à la police nationale, leurs effectifs ne baissent pas. Illustration à Nîmes, 6e force de police française.

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  • Forces de sécurité : le rapport qui accuse

    Dans un rapport rendu public jeudi, la Cour des comptes épingle la politique de sécurité de l'Intérieur de 2002 à 2010. Le texte, qui pointe du doigt une mauvaise gestion des effectifs et des dispositifs coûteux, a provoqué la colère de Claude Guéant.

    Publié le 07/07/2011 Forces de sécurité : le rapport qui accuse
  • Guéant : "le rapport de la Cour des comptes est contestable et je le conteste"

    Le ministre de l'Intérieur a vivement réagi contre le rapport de Cour des comptes, qui affirme que le bilan en matière de sécurité depuis 2002 est très limité.

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  • Cour des comptes : pour Pécresse, "toute organisation est faillible"

    Lors de son premier point-presse à l'issue du Conseil des ministres, la nouvelle porte-parole du gouvernement a vivement critiqué le rapport de la Cour des comptes sur le mauvais bilan en matière de sécurité entre 2002 et 2010.

    Publié le 07/07/2011 Cour des comptes : pour Pécresse, "toute organisation est faillible"
Plus d'infos

 
Didier Migaud, ex-député socialiste et premier président de la Cour des Comptes : "Je ne polémique pas. On ne peut contester les constats que nous faisons. Le rapport est exact, objectif et fruit de la collégialité et s'appuyant sur la contradiction". "On peut déplaire, ce n'est pas notre problème."
 
Delphine Batho, députée PS des Deux-Sèvres et chargée de la sécurité au PS à l'Assemblée : "Le rapport de la Cour des Comptes (...) fera date. Pour la première fois, une évaluation objective dresse le bilan réel de la politique de sécurité conduite depuis plusieurs années. Ce rapport dément point par point la prétendue réussite de la politique de sécurité de Nicolas Sarkozy. Cette fois, ce n'est pas l'opposition qui le dit, ni les syndicats de police, mais la Cour des Comptes. La Cour des Comptes dresse un état des lieux très préoccupant (...). La politique de sécurité doit désormais être changée de A à Z (...) Je demande que puisse se tenir très rapidement une audition conjointe devant la commission des Finances et de la commission des Lois des rapporteurs de la Cour des Comptes".

Jean-Jacques Urvoas, monsieur sécurité du PS : "Il faut évidemment permettre aux policiers et gendarmes d'avoir les moyens et les déployer là où ils sont attendus : il ne faut pas revoir la police de proximité, il faut la recréer". "C'est ce que le PS fera l'année prochaine quand nous créerons des zones de sécurité prioritaires définies en lien avec les élus", référence aux propositions socialistes pour 2012.

Claude Bartolone, président PS du conseil général de Seine-Saint-Denis : "Hier sésame électoral du président de la République, la sécurité est aujourd'hui le symbole de son échec". Ce rapport "fait l'effet d'une véritable ‘bombe' dans le jardin de M. Sarkozy, tant il remet en cause l'efficacité de la politique de sécurité publique menée depuis 2002". Il "fait la démonstration d'une impasse, d'une injustice et d'un tripatouillage".
  
Jean-François Copé, patron de l'UMP : "ce n'est pas un rapport totalement objectif". "La Cour des Comptes (ndlr, présidée par l'ex-député socialiste Didier Migaud) doit rester dans son rôle et son rôle c'est celui d'évaluer les politiques publiques", et "pas de s'ajouter au débat politique". Désignant "les rapporteurs" et "pas la Cour des comptes", Copé a estimé que les auteurs du rapport avaient "sans doute leur engagement, respectable, mais qui ne saurait engager à lui tout seul la voix" de l'institution. Puis interrogé sur les conclusions du document pointant des déséquilibres  dans les déploiements entre police municipale et police nationale, il a déclaré : "C'est de l'idéologie! Moi, j'invite les rapporteurs qui ont fait ce travail - qu'ils viennent de la Cour des Comptes ou d'ailleurs, d'où qu'ils viennent- à venir un peu sur le terrain".
 
Bernard Carayon, député UMP du Tarn : "La Cour des Comptes est-elle devenue une filiale du Parti socialiste ? La question est légitime lorsqu'on lit son rapport (...) Ce n'est pas un rapport, mais un tract du PS ! Ce n'est guère étonnant si l'on se souvient que le président de la formation de la Cour des Comptes chargée de ce rapport est un ancien sénateur socialiste, que le rapporteur du rapport est un ancien maire socialiste de Draguignan et que 4 des conseillers maîtres de cette formation de la Cour des Comptes sont issus eux-mêmes de cabinets ministériels socialistes. Jamais la Cour ne s'est comportée avec une telle bassesse. Son Premier président, lui-même ancien député socialiste de l'Isère, devrait, s'il a quelque honneur, présenter ses excuses aux ministres de l'Intérieur concernés par ce rapport".
 
François Rebsamen, sénateur-maire PS de Dijon : "Le rapport de la Cour des Comptes sur les forces de sécurité confirme l'échec accablant de la politique de sécurité de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement. (...) C'est une politique de la poudre aux yeux (...) La pseudo culture du résultat basée sur une politique du chiffre et les effets dévastateurs de la mise en oeuvre aveugle de la RGPP (Révision générale des politiques publiques, ndlr) ont instrumentalisé, démoralisé les forces de police, cassé leur rapport de confiance avec la population et paralysé leur efficacité. Il est temps de tourner la page. L'alternance et la victoire de la gauche à l'élection présidentielle permettront de proposer aux Français une nouvelle politique de sécurité publique".

Europe Ecologie-Les Verts : "Depuis 2002, la droite a basé sa communication sur son bilan en matière de sécurité. La Cour des comptes vient de démonter le mythe et montrer la faillite de sa politique : statistiques absurdes, efficacité discutable, baisse des effectifs constante depuis 2007, appauvrissement de la police et de la gendarmerie, développement sans cadre adapté des polices municipales et promotion aveugle de la vidéosurveillance sans évaluation sérieuse. Ce n'est pas la lutte contre la délinquance qui s'est améliorée, c'est avant tout la communication du ministère de l'Intérieur". Pour EELV, "il faut mettre fin à une politique de sécurité idéologique et inefficace, où la prévention, la dissuasion et la réinsertion ont été délaissées au profit d'une politique basée uniquement sur la répression".
  
Ian Brossat, responsable des questions de sécurité au PCF : "Manque de policiers sur le terrain, hausses des violences faites aux personnes, efficacité contestable de la vidéosurveillance, ou encore baisse drastique des moyens des forces de sécurité: la Cour des Comptes n'épargne pas le gouvernement. Pour toute réponse, le ministre de l'Intérieur accuse ce rapport d'inexactitudes, d'erreurs voire de sous-entendus partisans. Pourtant, les faits relevés par la Cour des Comptes n'ont rien de fantaisiste. Ils sont accablants. Syndicats, personnels, experts, tous les pointent du doigt, depuis plusieurs années. Mais Claude Guéant n'aime pas la mauvaise publicité. On dirait un mauvais élève qui accuse son bonnet d'âne".
 
Marine Le Pen, présidente du Front national :  ce rapport "rétablit la vérité et démolit la stratégie de communication de Nicolas Sarkozy, qui tente depuis des années qu'il s'occupe de sécurité de masquer ses terribles échecs par des mots et des discours". "Le rapport confirme les analyses inquiètes du FN et des syndicats de policiers: forte réduction des effectifs des forces de l'ordre depuis 2005, mauvaise répartition de ces forces sur les territoires, désengagement de l'Etat au profit des polices municipales et au mépris de l'égalité entre les Français."
 
Unité police SGP-FO (premier syndicat de gardiens de la paix) : "Face à cette situation décrite par la Cour des comptes et dénoncée mille fois" par le syndicat, celui-ci écrit dans un communiqué, par la voix de son secrétaire général Nicolas Comte, qu'"il ne restera pas l'arme au pied".

le 07 juillet 2011 à 14:38
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19 Commentaires

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  • nestorplus, le 08/07/2011 à 19h16

    A' PROPOS de "l'organisation et la gestion des forces de sécurité publique": La Mafia ,une menace pas comme les autres ... [...]La France a pour l'instant mis en place peu de structures pouvant inquiéter les Mafias (spécialement Cosa Nostra et N'drangheta) dans leur projet d'enracinement de leurs organisations sur le territoire français. En effet ,depuis peu (2009),il existe une structure inter-forces (police,gendarmerie,services) du nom de SIRASCO qui a pour mission la lutte aux Mafias présentes sur le territoire français. Mais la France nécessiterait aussi d'un Parquet Antimafia composé de magistrats qui pourraient être formés par leurs collègues italiens qui ont une grande expérience à transmettre dans le domaine de la lutte aux mafias .Le Ministre de l'Intérieur français devrait créer une Direction Antimafia (à ne pas confondre avec la "simple" criminalité organisée ) équivalente à celle existante en Italie depuis 1991 sous le nom de DIA ( Direzione Investigativa Antimafia)et une Direction Nationale Antimafia ( en Italie depuis 1992,DNA) auprès du Ministére de la Justice, ainsi qu'un Bureau présent avec une antenne dans toutes les Préfectures de France qui puisse organiser une protection rapprochée pour les personnes s'occupant de lutte aux mafias et vivant donc sous la menace mafieuse. En effet,si seulement un nombre exigu de spécialistes (magistrats,responsables politiques,universitaires) se bousculent devant le portillon du Ministère de l'Intérieur, cela est dû en partie à la crainte pour leur intégrité physique car si on est menacé par la Mafia,comme cela est en train de se passer dans mon cas,le système de la gendarmerie et de la police est quasiment dépourvu de moyens dans l'organisation de la protection de la personne exposée à la menace mafieuse .La volonté qui anime les citoyens comme moi de continuer à mettre à disposition leur savoir sur les Mafias afin de les combattre est due à notre vécu dans un pays comme l'Italie,un pays où Cosa Nostra (Sicile)et N'drangheta (Calabre) ont mis à mal nos structures démocratiques, Les italiens luttent avec acharnement pour la survie de la Démocratie depuis plus de vingt ans laissant en cours de route des humanistes tels que les juges Falcone,Borsellino et Levatino ainsi que des prêtres, des entrepreneurs, des carabinieri et des policiers ,sauvagement assassinés par Cosa Nostra en particulier. C'est pour cela que,même étant menacé,je continue à participer à l'organisation en France et à niveau de l'Europe d'une opposition à la Mafia(s) structurée et pondérée afin de ne pas devoir me résigner un jour à voir les français subir ce que j'ai vécu avec consternation et effroi avec mes compatriotes dans une Italie étouffée par le système mafieux . CLAUDIO JM d'ALELIO Superviseur de l'Intergroupe européen "Observatoire Antimafia" (en for.)

  • loava, le 08/07/2011 à 11h04

    De toute façon que ce soit la droite ou la gauche , aucun n'a jamais réussi dans ce domaine. Et en plus il devrait y avoir un consensus national sur ce sujet !

  • bebert59650, le 08/07/2011 à 07h30

    La droite gouverne ce pays depuis des années et des années mais c'est certainement la faute des autres, cette gouvernance n'assume rien mis a part son populisme...

  • 566456, le 08/07/2011 à 05h43

    Je m'interroge sur la cours de compte, car à par un nom ronflant qui donne un semblant de sérieux, elle sert à quoi ? Et en quoi est-elle qualifiée pour parler de sécuritée et de police ?

  • cocoti509, le 08/07/2011 à 00h46

    Sans compter les policiers jugés parce qu'ils ont fait leur travaille de neutraliser des délinquants que la justice défend trop bien, comment pouvez-vous faire votre travail correctement dans un tel contexte. Et ça fait le jeu de l'extrème droite, c'est pathétique.

  • roro03000, le 07/07/2011 à 21h38

    C'est la vérité Mr Guéant moins de fonctionnaires =moins de policiers comment voulez vous assurer la sécurité des français en employant moins de fonctionnaires . Toujours plus avec moins.

  • ours 44, le 07/07/2011 à 21h29

    Je ne citerai que la premiere phrase d une chanson de mickey 3d : la france a peur, tous les soirs a 20 heures....

  • zipasics, le 07/07/2011 à 21h23

    Je suis flic depuis 15 ans et de droite. Mais je dois avouer que ce rapport dit la stricte verité. Baisse des moyens, moins de voitures, moins d'enquete de fond et plus de "flag" pour faire monter les chiffres. Manque de recrutement, service débordé car manque de personnel.... Les policiers veulent travailler mais l'Etat ne leur en donne pas les moyens. C'est sur il vaut mieux depenser des millions d"euros pour l'OTAN que depenser la même somme pour des flics qui veulent bosser.

  • thiti01, le 07/07/2011 à 18h05

    Pendant ce temps la moitier des francais ne pensent plus a cotiser un trimestre de plus .. l'autre moitier est en vacance. Bien joué messieurs.

  • pipcho, le 07/07/2011 à 17h50

    Et les policiers et gendarmes sont entre le marteau et l'enclume.

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