Hollande: "Je ne vais pas faire en 4 mois" ce que Sarkozy "n'a pas fait en 5 ans"
Interrogé dès l'entame de l'interview sur les critiques qui commencent à poindre sur son incapacité à agir contre la crise qui provoque sa chute dans les sondages, François Hollande a décidé de balayer les commentaires, déclarant qu'il n'allait pas "faire en quatre mois" ce que ses prédécesseurs, notamment Nicolas Sarkozy, n'avaient "pas fait en cinq ans ou en dix ans". "Mais moi, je considère que je suis en situation de combat et à partir de là, je ne veux pas simplement regarder le passé. Le passé, il compte, il pèse mais je dois engager l'avenir", a lancé le chef de l'Etat.
Un agenda de 2 ans pour redresser la barre
Passée cette mise au point, François Hollande est revenu sur les grands enjeux macro-économiques qui attendent la France. Le Chef de l'Etat l'a reconnu lui-même : la croissance française est en berne. Elle devrait être, selon lui d' "à peine supérieure à zéro" en 2012. Jusqu'ici, le gouvernement tablait jusqu'ici sur une croissance de 0,3% cette année, pour un déficit public de 4,5% du Produit intérieur brut. Mais qu'à cela ne tienne, Le chef de l'Etat se dit en "situation de combat". D'où son annonce de "fixer un agenda du redressement" de la France en deux ans. "Je dois fixer le cap et le rythme", a déclaré le chef de l'Etat. Face à "un chômage élevé, une compétitivité dégradée, des déficits considérables, un endettement historique", "j'ai pour mission de redresser notre pays.
Faute d'accord sur la négociation emploi, "l'Etat prendra ses responsabilités"
François Hollande est ensuite rentré dans le vif du sujet, c'est à dire le combat pour l'emploi. Alors que doivent débuter des négociations entre les partenaires sociaux sur la réforme du marché du travail, il a indiqué que si ces derniers ne parvenaient pas à s'accorder lors de la prochaine négociation sur la sécurisation de l'emploi, "l'Etat prendra ses responsabilités", fixant une limite "à la fin de l'année". "C'est une réforme considérable (...) Mais je fixe une limite. A la fin de l'année, les partenaires sociaux peuvent trouver ce compromis historique: protéger mieux les salariés, permettre aux entreprises d'être d'une certaine façon elles aussi protégées (...) Mais si les partenaires sociaux ne le trouvent pas, alors l'Etat prendra ses responsabilités", a déclaré le président.
"Nous devons inverser la courbe du chômage d'ici un an"
Gros défi pour le quinquennat socialiste : le chômage qui poursuit sa hausse. Sur ce point, François Hollande a déclaré que son gouvernement devait "inverser la courbe du chômage d'ici un an". Le seuil des trois millions de demandeurs d'emploi a été franchi et que l'emploi est une des préoccupations majeures des Français.
Protection sociale: la CSG n'est pas la seule source à l'étude
Une hausse de la CSG pourra "faire partie" de la discussion sur la réforme du financement de la protection sociale, mais d'autres sources de revenus seront étudiées, "y compris les financements écologiques", a annoncé François Hollande sur TF1."Tout sera décidé d'ici la fin de l'année" et "mis en oeuvre" en 2013, a ajouté le président de la République.
Un budget 2013 bâti sur une croissance "réaliste"...
François Hollande a beau être déterminé, il ne cache à personne que le combat sera dur. Notamment pour l'Etat qui va devoir serrer sa ceinture. Le président de la République a déclaré avoir demandé au gouvernement d'établir le projet de loi de finances 2013 en fonction d'une prévision de croissance "réaliste", "sans doute 0,8%". "Je ne veux pas que l'on puisse imaginer que l'Etat prépare son budget avec des hypothèses qui se révéleraient fausses", a dit le chef de l'Etat. Autre annonce qui marque une rentrée de plain-pied dans l'austérité : l'Etat ne dépensera pas un euro de plus en 2013 qu'en 2012, assure François Hollande avant d'ajouter : "il y aura une stabilité des effectifs de la fonction publique. Les emplois qui seront créés dans l'éducation seront forcément compensés ailleurs". En tout, ces restrictions budgétaires doivent atteindre 10 milliards d'euros.
10 milliard de hausses d'impôt des ménages, autant des entreprises
Faute de croissance, le président François Hollande a déclaré dimanche que les impôts augmenteraient l'an prochain de 10 milliards d'euros pour les ménages et de 10 milliards d'euros pour les entreprises, pour boucler le budget de l'Etat. "On va demander 10 milliards d'euros aux ménages, aux plus favorisés notamment", a déclaré M. Hollande qui a décidé notamment d'une hausse d'impôts quasi-généralisée pour les ménages via un gel du barème de l'impôt sur le revenu, d'une taxe exceptionnelle sur la part des revenus dépassant un million d'euros, et de l'alignement de la taxation des revenus du capital sur celle des revenus du travail.
Au final, entre les économies faites sur le budget de l'Etat et la hausse des impôts, François Hollande espère récupérer 30 milliards d'euros. Un effort nécessaire au budget 2013 partagé en trois - 10 milliards d'économies, 10 milliards de prélèvements supplémentaires pour les grandes entreprises et 10 milliards pour les ménages aisés.
"Pas d'exceptions" pour les revenus taxés à 75%, taux pour 2 ans
Le président François Hollande a affirmé dimanche sur TF1 qu'il n'y aurait "pas d'exceptions" pour les rémunérations de plus d'un million d'euros soumises à une taxation à 75%, ajoutant que cette disposition devrait être en vigueur pendant deux ans. Comme on lui demandait s'il y aurait des exceptions pour les artistes ou footballeurs, alors que le taux de 75% a suscité la polémique, le chef de l'Etat a répondu : "Non, pas d'exception". Il a ajouté que la disposition serait exceptionnelle aussi dans le temps, prenant place dans l"'agenda du redressement" en deux ans qu'il a fixé.
"J'assumerai toute la responsabilité" de l'action
François Hollande a promis d'assumer "toute la responsabilité" de l'action menée, ajoutant qu'il entendait "s'expliquer régulièrement devant les Français". "Je sais où je vais. Je le dis aux Français: j'assumerai toute la responsabilité, je m'expliquerai régulièrement devant les Français", a dit le chef de l'Etat. "Mon cap, c'est un quinquennat: c'est pas 4 mois, c'est pas un mois c'est 5 ans", a-t-il ajouté.










