"Germanophobie" : Fillon tance Hollande sur les "dérapages"

le 04 décembre 2011 à 13h10 , mis à jour le 04 décembre 2011 à 21h47

Dossiers : Élection présidentielle 2012, Crise financière

Après Alain Juppé, c'est le chef du gouvernement qui s'en est pris dimanche à François Hollande pour les propos "aux relents germanophobes" entendus au sein du PS, en l'appelant à trouver "la fermeté de mettre un terme aux dérapages de ses amis".

 
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Plus d'infos

"Politique à la Bismarck", "ordre allemand" : la politique d'Angela Merkel face à la crise a suscité, ces derniers jours au sein d'une partie de la classe politique française, une kyrielle de commentaires prêtant facilement le flanc aux accusations de germanophobie. En cause, notamment, les propos d'Arnaud Montebourg, troisième homme de la primaire du Parti socialiste, qui a plaidé mercredi en faveur d'une confrontation dure avec la chancelière allemande qui refuse que la Banque centrale européenne rachète massivement leurs dettes. Aussi, à la suite d'Alain Juppé, qui a vertement tancé vendredi les socialistes en les accusant de prendre "les risques de ressusciter en France les vieux démons de la germanophobie", c'est François Fillon qui a estimé dimanche qu'il était "grand temps" pour François Hollande de trouver "la fermeté de mettre un terme aux dérapages de ses amis", un candidat à la présidentielle ne devant pas être "l'otage" d'une "dérive stupide aux relents germanophobes".

"On entend ces jours-ci des responsables politiques qui se mettent à parler de Bismarck et de Munich à propos de nos amis allemands, au moment où nous devons avec eux défendre l'héritage de la construction européenne", avait auparavant relevé le Premier ministre à Asnières-sur-Oise, dans un discours clôturant les Entretiens de Royaumont, des rencontres-débats entre hommes politiques et société civile.

La gauche se défend

Il a qualifié d'"irresponsable" et "même indécent de jouer sur des formes du sentiment national qui appartiennent au passé". A l'opposé, "c'est l'honneur du président de la République que de s'interdire toute attitude qui pourrait créer un fossé entre la France et l'Allemagne, qui pourrait libérer des forces enfouies aux tréfonds de notre histoire et enclencher la mécanique infernale de la division", a proclamé François Fillon, jugeant qu'il était "tout à (l')honneur du chef de l'Etat "de vouloir "à tout prix protéger le pacte noué" depuis la seconde moitié du XXe siècle par les dirigeants franco-allemands.

Sur la même ligne, le ministre du Travail Xavier Bertrand a jugé également dimanche, sur le plateau du "12/13" de France3, "inacceptables et scandaleux" les propos de certains socialistes sur la politique de l'Allemagne et vu en eux "un aveu de faiblesse".

A la veille du week-end, un eurodéputé allemand et trois français, tous conservateurs, avaient déjà dénoncé la "germanophobie indigne et honteuse dont ont récemment fait preuve certains dirigeants" du PS, en regrettant que "François Hollande n'ait pas jugé opportun de désavouer fortement de tels propos". Des accusations auxquelles la gauche a déjà répondu par la voix de Pierre Moscovici : lui aussi a estimé que "la gauche ne (devait), en aucune façon, ranimer des relents et des sentiments anti-allemands" - tout en se défendant de vouloir faire une mise au point par rapport à Arnaud Montebourg.

"Déséquilibre" du couple franco-allemand

Pour sa part, Jean-Marc Ayrault a plaidé : "Toute l'histoire de la construction européenne, dont nous avons été parmi les architectes, montre notre attachement à l'alliance franco-allemande dans la continuité de la main dans la main Mitterrand/Kohl".

Dans une interview parue dans l'édition dominicale du Parisien, Laurent Fabius, sans rentrer dans la polémique, a tenu toutefois à mettre en garde contre un "déséquilibre" dans le couple franco-allemand. "Le couple franco-allemand est fondamental mais il ne peut fonctionner durablement que sur une base d'égalité. Or, à cause de l'affaiblissement français et du raidissement allemand, il est devenu déséquilibré: c'est dangereux", a déclaré le député de Seine-Maritime. Une manière feutrée et sans doute plus subtile d'évoquer les inquiétudes socialistes déjà évoquées...

le 04 décembre 2011 à 13:10
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30 Commentaires

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  • kosotto1, le 05/12/2011 à 15h22

    55rescator : tout à fait exact. RMC a repassé ce matin ce discours sur les ondes !

  • le55rescator230, le 05/12/2011 à 13h11

    @bebert59560 . C'est la gauche par la voix de Sarkosy qui , le 17 avril 2007 s'était livré à une attaque d'une violence inouie envers l'Allemagne . J ' en exhume une phrase issue de ce discours : La France n'a jamais cédé à la tentation totalitaire , elle n'a jamais exterminée un peuple , elle n'a pas inventé la solution finale et n'a pas commis de crimes contre l'humanité ni de génocide . Alors assez d' ' hypocrisie messieurs de la droite et faites le différence entre ce qui est dit d'un côte et ce qui est dit de l'autre .

  • le55rescator230, le 05/12/2011 à 13h09

    Moi ce que j'adore dans ces commentaires c'est les "j'aime " ils sont eux , sans commentaires .

  • bebert59560, le 05/12/2011 à 08h39

    C'est super la gauche A cinq mois de l'échéance,à part les querelles de chiffonniers toujours pas de programme!

  • bebert59560, le 05/12/2011 à 08h36

    Fouchtri fouchtra !

  • robert51, le 05/12/2011 à 07h55

    HUMMM !!! vous avez inversé les roles là ....à part critiquer, que font les socialistes , cette minorités de français ( fonctionnaires) ???

  • robert51, le 05/12/2011 à 07h52

    MDR !!! et que fait la gauche ....?????

  • 1peu2rififi, le 05/12/2011 à 04h55

    Messieurs Fillon et Juppe etaient moins virulents quand il s'agissait des auvergnats de Mr Hortefeux,je trouve.

  • italia57150, le 05/12/2011 à 01h50

    Mr Hollande aurait des leçons à recevoir sur le savoir vivre et la modestie, laissez moi rire. C'est vraiment l'hopital qui se fout de la charité. L'UMP ferait mieux de faire profil bas. En ce qui concerne la magnifique, la superbe, la grandiose Allemagne, il y a des choses à s'inspiré de leur modéle économique. Mais il faut arreter de la prendre comme exemple, gardons notre différence française. Mr Sarkozy ferait bien de regarder deja ce qui ce passe en France parce que tout n'est pas si noir, exemple chez moi en Moselle et en Alsace grâce au droit local (provenant du mélange des lois allemandes et françaises) la sécurité sociale est dans le vert, et nous avons aucun de jours de carence. Et ce n'est qu'un exemple. Mr Sarkozy ferait bien de revoir son histoire de France au mieux de regarder vers l'Allemagne.

  • 421123, le 05/12/2011 à 01h40

    Réveiller la germanophonie est ignoble et IRRESPONSABLE.

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