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Hollande pris en étau entre les écologistes et Mélenchon ?


le 14 novembre 2011 à 17h23 , mis à jour le 15 novembre 2011 à 10h31.
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Hollande sur l'interview de Sarkozy: "le G20 n'apportera pas de soltuion"

Dans l'opposition, la prestation de Nicolas Sarkozy n'a pas convaincu. François Hollande s'est exprimé ce matin lors à la Foire du Livre de Brive-la-Gaillarde, dans son fief de Corrèze, pendant lequel il s'est livré ce matin à une séance de dédicaces de son ouvrage, "Le rêve français ". / Crédits : TF1/LCI

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Pourquoi François Hollande fait-il autant l'objet d'attaques des écologistes et surtout de Jean-Luc Mélenchon ? Ce mois de novembre éclaire d'une manière particulièrement forte les intérêts parfois divergents entre les candidats à la présidentielle et leur parti. Celui ou celle qui est dans la bataille veut réaliser le meilleur score possible en tapant fort, sans se soucier des législatives et autres élections intermédiaires, alors que les élus de son mouvement politique pensent à leur avenir, et aussi leurs postes avec des alliances avec d'autres partis. C'est pourquoi Eva Joly et Jean-Luc Mélenchon se montrent aussi intraitables avec le candidat PS qu'ils souhaitent faire baisser dans les sondages avant le début de la vraie campagne en février. Et c'est la raison pour laquelle les Verts et le Front de gauche sont plus modérés avec le PS, au moins dans leur expression.
 
Ainsi, ce week-end, la candidate d'Europe Ecologie a de nouveau mis très fortement la pression sur François Hollande. "Nous ne sommes pas prêts à brader nos idées pour quelques dizaines de circonscriptions", a mis en garde l'ancienne magistrate. L'heure ne semblait plus être à l'optimisme dans les deux camps, même si ce type de discussions comporte toujours une part de dramatisation. "On continue à travailler, notamment sur l'introduction d'une dose de proportionnelle à l'Assemblée", a pour sa part confié Christophe Borgel, un des responsables côté PS de la négociation. "S'il n'y a pas d'accord, ce serait collectivement dommageable car on ne donnerait pas le signe de notre volonté de

gouverner le pays ensemble", ajoute-t-il. Mais au PS comme chez Europe Ecologie, on se prépare au pire et donc à faire reporter du mieux possible la faute du désaccord sur l'autre partenaire. Il est très important en politique de réussir médiatiquement l'échec d'une négociation. Pour François Hollande, un succès serait de faire passer cette rupture comme un gage de sérieux et de crédibilité d'un candidat qui n'est prisonnier de personne, et donc pas des revendications des écologistes qu'ils ne partagent pas. « Pendant toute la primaire déjà, François a eu beaucoup de sang-froid sur son refus de sortir du nucléaire mais d'imposer une forte baisse. Ce n'est pas pour céder maintenant », confie un de ses proches.  
 
Des piques de campagne ?
 
Sur un autre front, François Hollande a été sévèrement attaqué ce week-end par Jean-Luc Mélenchon. Jack Lang s'est ainsi indigné de l'utilisation de l'image de Babar, dénonçant une "campagne ordurière" contre François Hollande.  "D'étranges convergences dans l'insulte grossière unissent le cabinet noir de l'Elysée, Jean-Luc Mélenchon et Marine LePen", écrit-il dans un communiqué.  Dans le Journal de dimanche, le candidat du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, a en effet qualifié François Hollande de "capitaine de pédalo" dans la tempête de la crise. Le député européen a refusé lundi de présenter des excuses, estimant sur RMC et BFM-TV que ce qu'il appelle les "piques" faisaient partie du débat.

Le porte-parole du PS, Benoît Hamon, a lui regretté que Jean-Luc Mélenchon s'illustre ainsi "dans un registre de la démolition" et s'inscrive "dans une compétition avec la droite à qui disqualifiera le mieux François Hollande".  "Pour que le rassemblement de la gauche s'opère il faut un débat, et ce n'est pas un débat dans lequel on s'échange des noms d'oiseaux - nous n'y participerons pas - que ce rassemblement pourra se faire sur des bases saines", a-t-il déclaré lors de son point de presse hebdomadaire. "Ça ne sert ni la démocratie ni la clarté du débat politique", a-t-il estimé.
   
Depuis la victoire de François Hollande à la primaire, l'UMP concentre ses attaques sur son inexpérience gouvernementale et sa supposée indécision, qu'elle oppose à ce qu'elle présente comme la capacité de Nicolas Sarkozy à diriger le pays par gros temps. Voyant dans cette stratégie une fenêtre de tir de communication, Jean-Luc Mélenchon veut en tirer partie, refusant de se voir écarter de l'espace médiatique par le PS et l'UMP. « Il met dans l'embarras ses troupes communistes qui négocient leurs circonscriptions avec les socialistes mais il s'en fout », décrypte un dirigeant PS. Lui, il veut prendre 5 points à Hollande et il tape dur ». 

Daniel Cohn-Bendit: Hollande se "ségolinise"

Daniel Cohn-Bendit, cofondateur d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), estime qu'"Hollande est en train de se ségoliniser" et dénonce l'intransigeance du candidat socialiste dans les négociations avec les écologistes, dans Libération. "Il a fait une bonne primaire, et juste après, il est déjà en cellule de crise, alors que rien n'a commencé",  déplore l'eurodéputé dans une interview publiée mardi par le quotidien. "Sur le réacteur EPR de Flamanville, pour l'instant, c'est complètement bloqué", regrette-t-il. "C'est incompréhensible. Une fois que l'on a tiré les leçons de Fukushima, il est indispensable de revoir l'architecture de Flamanville", assure-t-il. "Sur l'EPR, on en est dans une psycho-rigidité symbolique, personnellement je ne comprends pas", a-t-il lancé mardi matin sur Europe 1, décrivant l'EPR comme "un tombeau industriel et financier". "Quand on veut être chef d'Etat, on ne s'arrête pas à une petite phrase incorrecte d'Eva Joly ou de Cécile Duflot. On essaye de formuler l'intérêt général", estime Daniel Cohn-Bendit qui ajoute: "Or l'intérêt général, c'est  nous". L'eurodéputé diagnostique chez le candidat du PS un "virus présidentiel français": "c'est du Sarkozy ou du Mitterrand pur jus. J'ai raison, le chef, c'est moi".


 

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  • ancor : En ne s'attaquant jamais à Sarkozy, Mélénchon a plus que prouvé qu'il n'est que la soubrette de celui-ci, contre Hollande,d'ailleurs il semble totalement impossible que ce gars puisse se définir de gauche,il n'est qu'un félon et un lustreur de pompes Sarkoziennes.Hors de circuit,un point c'est tout...!

    Le 16/11/2011 à 10h33
  • kosotto1 : Matger : vous occultez volontairement son programme dont il a beaucoup parlé durant les primaires. Quant à sa stratégie sur les polémiques, vous n'en savez strictement rien. Vous vous contentez de supputer ! hélas !

    Le 16/11/2011 à 00h13
  • yggdrazil88 : Vous confondez pragmatisme et fébrilité.

    Le 15/11/2011 à 15h33
  • drimup : Dom145 : et moi je préfère un Président qui ne se laisse pas marcher sur les pieds plutôt qu'un mollasson.

    Le 15/11/2011 à 15h23
  • kosotto1 : Et ce n'est pas un polémiste, ce qui nous change beaucoup !

    Le 15/11/2011 à 15h21
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