Nicolas Hulot/Image d'archives © ABACA"Sans amertume". Absent des médias depuis son cuisant échec à la primaire écologiste, en juillet 2011, face à Eva Joly, Nicolas Hulot a réservé son premier entretien au quotidien Le Monde, daté de jeudi. L'écologiste n'envisage pas de se retrouver au côté d'Eva Joly pour faire entendre ses idées. Au passage, il regrette la marginalisation de l'écologie politique.
A la question de savoir si on le verra dans un meeting à côté d'Eva Joly, il répond : "J'ai pris une autre voie ce qui n'empêchera peut-être pas de se retrouver sur le chemin des idées. Je n'ai nulle intention de nuire aux écologistes, ni à leur candidate.". Il dresse un constat sans appel de la campagne politique d'Eva Joly : "au passage, je trouve qu'il n'est pas sain que l'écologie politique soit à ce point marginalisée, surtout en regard de l'indigence des autres formations politiques sur le sujet". Tout en reconnaissant qu'il serait "présomptueux d'imaginer" que sa présence "puisse modifier le cours des choses".
Il avoue avoir vécu un moment difficile après son échec à la primaire écologiste. Il reconnaît être "parti loin pour remettre les choses à leur juste place" et pour "s'extraire du bruit médiatique". Depuis, il a repris en novembre la présidence de sa fondation ce qui "l'empêche de tout soutien politique", alors que les candidats à la primaire EELV s'étaient engagés à soutenir le vainqueur.
Convergence avec Jean-Luc Mélenchon ?
En étant à la présidence de la Fondation Nicolas Hulot, il entend "faire la démonstration intransigeante que l'enjeu écologique conditionne tous les enjeux de solidarité". "On sait ce qu'il faut faire: agir, au niveau européen, pour réformer les excès du capitalisme, mettre fin aux spéculations sur les matières premières", dit-il. "Pour que l'Etat retrouve des marges de manoeuvre et ait d'autres alternatives que l'austérité, ma fondation propose entre autre que la Banque centrale européenne lui prête à taux nul ou très faible pour financer un grand plan d'investissement écologique et social", précise-t-il.
Comme on lui fait remarquer que ce discours n'est pas très éloigné de celui de Jean-Luc Mélenchon, il parle de "convergence évolutive" avec le candidat du Front de Gauche. "Mais faut-il forcément être très à gauche pour avoir cette pertinence de point de vue ?" demande celui qui regrette d'avoir "baissé la tête" au moment de la polémique autour d'un éventuel rapprochement avec Jean-Louis Borloo, le président du Parti radical.
Quant à savoir s'il a discuté avec François Hollande, Nicolas Hulot reconnaît qu'il a très peu discuté avec le candidat PS à la présidentielle 2012 et regrette que les "socialistes occultent comme les autres les enjeux centraux". Une dernière question : pourrait-il "replonger" en politique ? Il ne "va pas le jurer" mais a-priori il est parti pour "un travail au long cours" avec sa fondation.












