Bruno Le Maire, en charge du projet présidentiel de l'UMP pour 2012, s'interroge dans L’Express sur la capacité de la France à "garder un dispositif d'indemnisation chômage parmi les plus généreux au monde, en particulier pour les cadres à hauts salaires ?". © LCIDes "décisions courageuses" s'imposeront pour le redressement des finances publiques de la France, "pouvons-nous garder un dispositif d'indemnisation du chômage parmi les plus généreux du monde, en particulier pour les cadres à hauts salaires ?" Voici la phrase, lancée dans l'Express par celui qui est chargé projet présidentiel de l'UMP pour 2012, le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire, qui fait réagir tout le monde, de gauche à droite (voir la vidéo > Chômage : des indemnisations trop généreuses pour les cadres ?).
Qui sont ces "riches" chômeurs dans le viseur ?
<b>Decryptage -</b> L'UMP n'a pas suivi Bruno Le Maire qui s'interrogeait dans une interview sur le coût du chômage des "cadres à hauts salaires". Combien sont-ils? Quel est leur coût pour l'Etat? La piste de réforme est-elle enterrée?
Publié le 05/09/2011
Chômage : des indemnisations trop généreuses pour les cadres ?
Bruno Le Maire, en charge du projet présidentiel de l'UMP pour 2012, s'interroge dans L'Express sur la capacité de la France à "garder un dispositif d'indemnisation chômage parmi les plus généreux au monde, en particulier pour les cadres à hauts salaires ?".
Publié le 01/09/2011
"Tout le monde serait perdant", a ainsi estimé vendredi sur Canal+ la présidente du Medef Laurence Parisot, jugeant que cette piste n'était pas la plus fondée. "Si jamais on baissait les allocations versées aux cadres en cas de chômage, il faudrait aussi symétriquement baisser leurs cotisations, sinon ce serait tout à fait injuste", a-t-elle dit. "Or les cotisations des cadres font partie des recettes les plus importantes du régime, donc au total tout le monde serait perdant", a conclu la dirigeante du patronat français. Un argument repris par le député UMP Jacques Myard, pour qui une telle mesure serait "une ineptie économique" et "une grosse bévue politique". "S'en prendre aux classes moyennes et supérieures de cette façon est le meilleur moyen de démobiliser notre électorat. Ce projet ne peut prospérer; c'est une faute politique et économique", ajoute-t-il dans un communiqué.
"Absurde"
Au Parti socialiste, plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer dans cette piste de réflexion une proposition choquante alors que le chômage frappe aujourd'hui près de 2,6 millions de personnes en France métropolitaine. La candidate à la primaire PS Martine Aubry accusait ainsi sur RTL le gouvernement de "s'attaquer aux chômeurs plutôt qu'au chômage". "C'est un comble de se tourner vers les chômeurs pour demander de la solidarité", a pour sa part estimé autre candidat à la primaire François Hollande lors d'un déplacement en Ariège jeudi.
"Décidément ce gouvernement préfère s'attaquer aux chômeurs qu'au chômage", a lancé la maire de Lille, rejoignant les propos tenus la veille par l'un de ses soutiens, Laurent Fabius. "Commencer à dire que le problème principal existant en France, c'est qu'il faut s'en prendre aux chômeurs, c'est absurde", a dit l'ex Premier ministre sur France 24. "Je ne dis pas qu'il ne peut pas y avoir, ici ou là, des abus, on le sait bien. Mais en termes de solidarité, ce n'est quand même pas aux chômeurs qu'il faut d'abord demander de donner un certain nombre de sommes supplémentaires", a-t-il dit.
Arnaud Montebourg, également en lice pour la primaire PS, voit dans ce projet de plafonnement "une attaque supplémentaire portée aux citoyens ordinaires qui n'ont que leur travail pour vivre, ou leurs allocations quand ils en sont dépourvus". "L'UMP cherche une nouvelle fois à diviser les Français et à culpabiliser les chômeurs en leur faisant endosser la responsabilité de la crise", dénonce-t-il dans un communiqué.
L'allocation maximale est actuellement de 6.624 euros brut par mois en France, un montant très supérieur à celui de nombreux autres pays européens, mais qui concerne moins de 0,5% des personnes indemnisées par l'assurance chômage. L'allocation touchée par les cadres était de 2.631 euros brut par mois en moyenne fin 2010, et l'allocation moyenne toutes catégories confondues de 1.121 euros. A titre de comparaison, le montant maximal de l'allocation était de 1.350 euros par mois en Belgique en 2010 et d'environ 2.000 euros en Allemagne, selon des comparatifs publiés l'an dernier par l'Unedic, le gestionnaire de l'assurance chômage.
Retour MYTF1
Qui sont ces "riches" chômeurs dans le viseur ?
Chargement en cours...




